Société
Aïd El Fitr : La passion du rituel est toujours là
30/03/2025 - 11:38
Matar Bensalmia | Ayoub MouhyiddineÀ l’approche de l’Aïd, les souks du Maroc s’illuminent et s’animent d’une ferveur particulière.
Comme chaque année, les familles s’y pressent pour perpétuer une tradition ancrée depuis des générations: revêtir de nouveaux habits pour célébrer cette fête sacrée. Mais cette année, une ombre plane sur l’effervescence des marchés: la flambée des prix.
À Casablanca, le quartier Habous, connu pour son artisanat raffiné et ses boutiques traditionnelles, reflète cette agitation. Dès l’entrée, le spectacle est captivant: des jellabas aux étoffes délicatement brodées côtoient des gandouras éclatantes, tandis que les caftans exposent leur élégance intemporelle. Les marchands, fidèles à leur savoir-faire, vantent la qualité de leurs tissus et l’authenticité de leurs créations.
Dans cette atmosphère vibrante, les négociations vont bon train. Les acheteurs tentent d’obtenir le meilleur prix, conscients que cette année, chaque dirham compte. "Tout a augmenté, mais comment passer l’Aïd sans une belle tenue?", nous confie une grand-mère, venue avec son mari et leur petit fils pour finaliser les préparatifs.
Un rituel incontournable, malgré un budget en souffrance
Si l’envie de célébrer dans la dignité demeure intacte, les réalités économiques se font sentir. L’inflation se fait ressentir, et les prix des vêtements traditionnels ont connu une hausse significative. Certains commerçants expliquent cette situation par la montée du coût des matières premières et du travail artisanal.
Malgré ces contraintes, renoncer à ce rituel n’est pas une option pour la plupart des Marocains. L’Aïd est bien plus qu’une simple fête, c’est un moment de partage, de rassemblement et de transmission. Et cela passe inévitablement par la tenue que l’on porte, reflet d’un héritage culturel et familial.
Les familles redoublent donc d’astuces pour concilier tradition et budget serré. Certains optent pour des tissus plus abordables, d’autres réutilisent les tenues des années précédentes en y apportant quelques retouches. Les artisans, de leur côté, s’adaptent en proposant des modèles plus accessibles, tout en veillant à préserver la qualité de leur travail.
Dans les ruelles de Habous, entre rires d’enfants et discussions animées, un constat s’impose: malgré les difficultés, l’Aïd reste un moment de joie et d’émotion. Les souks continuent de vibrer au rythme des préparatifs, témoins d’une tradition qui, année après année, résiste aux épreuves du temps, parce qu’au Maroc, l’Aïd ne se vit pas à moitié.
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