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Amine El Karma, l’homme qui a mis fin à 104 ans de disette à l’OCS
30/06/2025 - 17:08
Amine Oubaha
À 39 ans, Amine El Karma entre dans l’histoire du football marocain. En offrant à l’Olympique de Safi son tout premier titre, le technicien safiote confirme qu’il n’est pas un entraîneur ordinaire. Deux trophées de la Coupe du Trône avec deux clubs différents, un style affirmé et une ambition débordante: un avenir prometteur s’ouvre à lui.
Après 104 années d’existence, l’Olympique de Safi a enfin écrit l’une des plus belles pages de son histoire en remportant son tout premier titre, après avoir battu la Renaissance de Berkane en finale de la Coupe du Trône, à l’issue de la séance des tirs au but (6-5).
Un trophée historique qui entre dans le palmarès de l’OCS, une équipe toujours ambitieuse d’intégrer la cour des grands et de rivaliser avec les cadors de la Botola Pro.
Le destin a voulu que le club safiot, fondé en 1921, remporte cette Coupe du Trône face au champion du Maroc et de la Coupe de la CAF, et ce, sous la conduite d’Amine El Karma, un entraîneur 100% safiote.
Natif de la ville, ce technicien de 39 ans a occupé plusieurs fonctions au sein du club: joueur dans les catégories de jeunes, responsable de la formation, directeur technique, puis entraîneur adjoint.
En 2025, El Karma récolte le fruit de ce long parcours et entre dans l’histoire comme le premier entraîneur d’origine safiote à conduire l’OCS vers son premier titre.
On peut dire qu’Amine El Karma a confirmé, ce dimanche 29 juin 2025, qu’il est un véritable spécialiste de la Coupe du Trône. Ironie du sort: deux ans plus tôt, ce jeune technicien avait déjà remporté ce trophée avec la RS Berkane, adversaire qu’il a battu cette fois-ci en finale avec son club formateur. Un sacre à la saveur toute particulière, façonné par une touche 100% locale.
Ce doublé dans deux clubs différents n’est pas anodin. Il témoigne du flair tactique, d'un bon leadership et de la force mentale d’Amine El Karma.
À seulement 39 ans, il se distingue déjà par une rare précocité sur les bancs marocains. Ce parcours réussi laisse entrevoir un avenir brillant pour ce technicien prometteur, qui pourrait bien marquer durablement le paysage du football national.
"Ce succès est le résultat de l’état d’esprit avec lequel nous avons joué tout au long de la saison. Quand je suis revenu à Safi, j’ai présenté mon projet aux dirigeants en leur promettant que j’allais tenter de décrocher un titre, peu importe si le projet allait se concrétiser ou non", a-t-il confié en conférence de presse d’après-match.
Mais parvenir à ce sacre n’a pas été un long fleuve tranquille. En pleine saison, Amine El Karma était tout proche de quitter le banc safiote. En désaccord avec le président Mohamed El Hidaoui, il avait présenté sa démission, finalement rejetée par le dirigeant, qui a sans doute eu la clairvoyance de maintenir en poste un entraîneur encore animé par une forte envie de gagner, surtout avec son club de cœur.
Juste après la séance fatidique des tirs au but et la "panenka" manquée d’Abdelhak Assal, El Karma a explosé de joie, libérant toute la tension accumulée durant les 120 minutes de jeu. Une scène révélatrice de la rage de vaincre d’un jeune entraîneur ambitieux, qui rêve de suivre les pas de Lhoussain Ammouta, Jamal Sellami, Walid Regragui, Amine Benhachem, Badou Zaki ou encore Rachid Taoussi.
Un entraîneur, ce n’est pas seulement un tacticien ou un faiseur de choix techniques. C’est aussi un meneur d’hommes, un bon communicant, capable de s’exprimer avec honnêteté et franchise en conférence de presse.
À cœur ouvert, El Karma a affirmé, d’un ton chargé d’émotion: "Aujourd’hui, j’ai réalisé un rêve que je portais en moi depuis 20 ans. Certains diront que ce n’est 'qu’un titre', un trophée que j’ai déjà gagné auparavant… Mais en réalité, ce titre est unique à mes yeux, car je l’ai remporté avec le club de ma ville".
Mais ce sacre historique n’est que le début d’un nouveau chapitre pour Amine El Karma et l’Olympique de Safi. Loin de se reposer sur ses lauriers, le technicien safiote devra désormais relever d’autres défis de taille: bien gérer l’euphorie du titre, renforcer son effectif durant un mercato crucial et surtout préparer l’OCS à sa toute première participation à une compétition continentale, la Coupe de la CAF.
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