Politique
Omar Hejira, invité de la Radio Nationale et de SNRTnews
19/06/2026 - 12:19
Youness Oubaali | Zakaria Ait AllaLe Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Industrie et du Commerce, chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a affirmé que la politique du Maroc est clairement définie sous la Conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Elle repose essentiellement sur le développement industriel et l’accélération de l’industrialisation. Cette orientation a permis au Royaume de se distinguer des autres pays africains et d’être récemment consacré première puissance industrielle du continent.
Invité de l’émission "Likaa Maa Assahafa" (Rencontre avec la presse), animée par le confrère Amine Lamrani et diffusée sur les ondes de la Radio nationale ainsi que sur SNRTnews, le responsable gouvernemental a souligné que l’offre exportable marocaine a connu une évolution qualitative notable au cours des dernières années.
Alors que les exportations marocaines reposaient auparavant principalement sur les phosphates, le Maroc est aujourd’hui capable d’exporter un million de véhicules par an, avec un taux d’intégration locale dans l’industrie automobile avoisinant les 70 %. La base des exportations s’est également élargie pour inclure l’industrie des pièces aéronautiques, le textile, le cuir, les industries agroalimentaires ainsi que d’autres secteurs à forte valeur ajoutée.
Les raisons du déficit commercial
Concernant le déficit commercial enregistré, Omar Hejira a souligné qu’il s’explique par plusieurs facteurs, notamment les grands chantiers structurants nécessitant des investissements importants. Il a également souligné que la hausse des importations ne concerne pas uniquement la consommation, mais aussi les équipements et les intrants destinés à la production.
Une partie de ce déficit est également attribuée aux fluctuations des marchés internationaux et aux variations des prix du pétrole, soumis aux lois du marché mondial, ainsi qu’aux conséquences des années de sécheresse qui ont contraint le Royaume à importer plusieurs produits.
S’agissant des destinations des exportations, le secrétaire d’État a relevé les défis liés à la forte concentration des exportations marocaines sur le marché européen. En effet, 70 % des exportations du Royaume sont destinées à l’Europe, la France et l’Espagne représentant à elles seules la plus grande part de ces échanges.
Le pari de nouveaux marchés
Face à cette situation, Omar Hejira a insisté sur la nécessité de diversifier les partenaires commerciaux. Il a indiqué que le Maroc s’est ouvert, au cours des deux dernières années, à de nouveaux marchés en Amérique latine et en Asie.
Selon lui, le prochain défi consiste à conquérir davantage de marchés et à élargir la base productive nationale. Les exportations marocaines restent aujourd’hui concentrées dans six secteurs principaux : l’industrie automobile, les phosphates et l’agriculture, le textile et l’habillement, l’aéronautique, ainsi que l’électronique et l’électricité. Cette situation appelle, selon lui, à l’émergence de nouvelles industries capables de générer davantage de valeur ajoutée.
Le responsable a également évoqué une autre contrainte liée à la concentration géographique des exportations. Il a précisé que 80 % des exportations du Royaume proviennent de régions situées entre Tanger et El Jadida, tandis que les autres régions enregistrent encore des performances modestes.
Il a ajouté que cette activité est longtemps restée l’apanage des grandes entreprises. Des enquêtes de terrain menées par le ministère ont toutefois révélé que les petites et très petites entreprises ainsi que les coopératives ne bénéficient pas pleinement des opportunités offertes par l’exportation en raison de plusieurs obstacles.
Dans ce cadre, Omar Hajira a rappelé que ces dernières années ont été marquées par la création de zones industrielles dans presque toutes les provinces du Royaume, dans le but de permettre à l’ensemble des acteurs économiques d’accéder aux marchés extérieurs et de profiter des opportunités d’exportation.
Il a également souligné que la compétitivité internationale est désormais étroitement liée à la transformation numérique. C’est dans cette optique qu’a été lancée la plateforme marocaine des procédures du commerce extérieur, parallèlement à un accompagnement du secteur privé et à son orientation vers de nouveaux marchés et secteurs industriels.
Le secrétaire d’État a par ailleurs révélé que le Maroc s’oriente davantage vers plusieurs pays africains, avec la mise en place d’un mécanisme supplémentaire d’assurance à l’exportation couvrant 15 pays du continent. Cette initiative vise à encourager les entreprises marocaines à investir ces marchés et à réduire les risques liés aux opérations d’exportation.
Un potentiel encore sous-exploité
Omar Hajira a indiqué qu’une étude réalisée en 2021 a montré que le Maroc dispose d’un potentiel industriel inexploité estimé à 120 milliards de dirhams sur les marchés internationaux. Selon lui, le Royaume possède des produits à forte valeur ajoutée susceptibles d’être exportés, mais le principal défi réside dans leur commercialisation.
Et d'ajouter que près de 12 milliards de dirhams de ce potentiel exportateur pourraient être orientés vers le continent africain.
Enfin, concernant les relations commerciales bilatérales, le secrétaire d’État a expliqué que le Maroc s’est tourné vers plusieurs pays avec lesquels il enregistre un déficit commercial, notamment l’Égypte et la Turquie. Des solutions concrètes ont été proposées pour réduire ce déficit, reposant principalement sur l’encouragement des investissements au Maroc, considérés comme un levier de création de richesse et d’emplois.
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