Société
Arrêter de nourrir les moutons la veille de l’Aïd: les explications des vétérinaires
18/07/2021 - 15:08
Imane Benichou
Priver les ovins, bovins et caprins de nourriture à quelques heures du sacrifice est une habitude empirique et scientifique qui incite à adopter une bonne hygiène. Explications.
La fête musulmane du sacrifice, Aïd Al Adha, se distinguent par un nombre de rituels religieux et culturels. Cesser de nourrir le mouton à quelques heures avant l'abattage est une de ces habitudes empiriques qui semble progressivement disparaître.
C’est dans ce sens que l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a appelé les citoyens à arrêter de nourrir leur animal de sacrifice 12 heures avant l’abattage, notant que seule l’eau peut être donnée à l’animal la veille de l’aïd. Les explications données brièvement à l’appui soulignent que l’estomac et les intestins moins chargés à l’abattage évitent le passage des germes à la viande.
Pour en savoir plus, SNRTnews a contacté des vétérinaires. Badr Tnachri Wazzani, président du Conseil nation de l’ordre des vétérinaires a affirmé qu’"il s’agit d’une diète qui est normale pour avoir un estomac vide, et éviter le passage des bactéries à la viande et au sang. 12h à l’avance, seul l’eau doit être servie. Cela facilite également le processus de dépouillement, qui se fait rapidement".
"La digestion des bovins et ovins se fait par fermentation. Ils sont des ruminants (des mammifères herbivores qui remastiquant les aliments après leurs ingestions, ndlr). Cette fermentation se fait par quelques bactéries qui existent de façon normale dans la flore intestinale", a-t-il encore détaillé.
Réda Triqui, professeur à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (IAV) a, en outre, précisé à SNRTnews qu’"à la faveur de la digestion, quand les réservoirs gastriques du mouton sont pleins, il y a un risque de passage de germe vers la viande. Ce risque est minimisé par cette diète, qui permet d’avoir une meilleure hygiène à l’abattage et évite le phénomène de bactérie digestive, pour avoir une viande beaucoup plus saine".
Et de poursuivre que "ce sont des pratiques qui se faisaient de manière empirique par les parents et les grands-parents. Aujourd’hui, les jeunes générations sont moins habituées à cela".
Même son de cloche chez le président de l’ordre des vétérinaires Tnachri Wazzani: "cette mesure préventive est une indication qui se faisait depuis des siècles". Il a, par ailleurs, appelé les citoyens à ne pas donner à l’animal "tout ce qui est concentré, comme le maïs, les haricots, l’orge" et a recommandé "le fourrage grossier, à savoir le foin et la paille".
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