Politique
"Awrach": les craintes de l'Observatoire de l’action gouvernementale
25/01/2022 - 00:27
SNRTnews
Initié par le gouvernement dans le but de promouvoir la création d’emplois, le programme "Awrach" a été officiellement lancé le 12 janvier 2022. Dans le cadre de sa lecture préliminaire dudit programme, l'Observatoire de l’action gouvernementale (OAG) a présenté un ensemble d’observations et de recommandations. Détails.
Le programme "Awrach" a pour objectif de créer 250.000 emplois directs sur la période 2022-2023, moyennant un budget de 2,25 milliards de dirhams. À travers des partenariats avec la société civile, les coopératives et les entreprises, ce programme ciblera en premier lieu les personnes ayant perdu leur emploi à cause de la crise de Covid-19, et puis celles à la recherche d’emplois temporaires.
Ainsi, le programme Awrach s’axe autour de deux volets. Le premier concerne les chantiers généraux temporaires qui seront mis en place durant l’année 2022. Quant au deuxième volet, il concerne l'appui à l'inclusion durable à l’échelle nationale. Il permettra l'intégration des bénéficiaires pour une durée d'au moins 24 mois.
Ce programme reflète donc l'orientation du gouvernement vers l'accélération de la mise en œuvre de ses engagements en matière d'emploi, en fixant le cadre général du programme AWRACH et en assurant son lancement dans un délai n'excédant pas 3 mois à compter de l'investiture du gouvernement, une orientation bien appréciée par l'Observatoire de l’action gouvernementale (OAG).
En effet, selon le rapport préliminaire de l’organisation, le programme est classé dans le cadre d'un nouveau type de politique générale de l'emploi, dont notre pays vient d'opter pour la première fois. Le gouvernement a eu recours à l'adoption de politiques "passives" en matière de l'emploi, visant principalement à soulager la pression sur le marché du travail, et à protéger la compétitivité de la valeur du travail, en retardant l'accès d'une partie importante des demandeurs d'emploi au marché du travail.
L'orientation économique positive du programme, le dynamisme sociétal positif qu’il va créer, l’approche participative positive adoptée, la positivité d'assurer la préservation du cadre juridique de la relation d'emploi du programme, et enfin l'imposition de la couverture sociale sont parmi les points mis en exergue par l’OAG.
En revanche, l’Observatoire a attiré, dans son rapport, l’attention à certains aspects qui pourraient entraver l’implémentation réussie du programme. Il s’agit notamment de la crainte d'imposer une gestion bureaucratique, et de compliquer les procédures pour bénéficier du programme, que ce soit pour les opérateurs ou les bénéficiaires, à travers les comités régionaux et provinciaux.
Une autre source d’inquiétude serait la fragilité et la précarité des opportunités d'emploi résultant du programme, ainsi que leur limitation dans le temps, ce qui peut entraîner des tensions sociales, en cas de difficultés des bénéficiaires d'accéder au marché d'emploi.
Par ailleurs, l’Observatoire souligne la passivité du rôle secondaire accordé aux institutions publiques chargées de l'emploi, l’inadéquation de certaines opportunités proposées dans le cadre des chantiers temporaires généraux et durables avec les objectifs du programme ainsi que la crainte de la faiblesse des capacités logistiques et humaines pour accompagner la mise en œuvre du programme.
L’OAG s'inquiète en outre de la possibilité d'une exploitation partisane et politique du programme, qui pourrait menacer l'inclusion dans le programme de divers groupes et zones territoriales, ainsi que la possibilité de la prédominance d'une logique de rente au profit des organismes de la société civile ciblés, et des demandeurs d'emploi, et de l'ampleur de leur proximité avec les tutelles des affaires publiques locales et régionales.
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