Société
Benabdelkader suspend le réaménagement du tribunal administratif d'Agadir
18/02/2021 - 21:50
Ghita Ismaili
Le ministre de la Justice a annoncé dans la soirée de mercredi 17 février la suspension des travaux d’aménagement du tribunal administratif d’Agadir, accusés de « défigurer » ce bâtiment historique dessiné par Elie Azagury après tremblement de terre de 1960.
Mohamed Benabdelkader réagit à la polémique. Le ministre de la Justice a annoncé, mercredi 17 février, la suspension des travaux d’aménagement du tribunal administratif d’Agadir, vivement critiqués par la société civile. Dans un communiqué diffusé dans la soirée, Mohamed Benabdelkader indique avoir "donné ses instructions à la sous-direction provinciale du ministère à Agadir pour suspendre provisoirement les travaux d'aménagement en cours du tribunal administratif de la ville" et ce "jusqu'à la tenue d'une réunion pour examiner le dossier relatif à ces travaux".
Le ministre a aussi demandé au secrétaire général du ministère et au directeur de l'Équipement et du patrimoine de "se rendre immédiatement sur place afin d'encadrer la réunion, en étroite coordination avec les parties concernées par le projet".
Un bâtiment historique
Bien qu’aucune explication officielle n’ait été donnée pour l’instant, cette décision fait suite à une polémique sur la nature des travaux entrepris dans ce bâtiment historique. L’édifice est en effet l’œuvre d’Elie Azagury (1918-2009), architecte marocain qui a amplement contribué à la reconstruction d’Agadir après le tremblement de terre de 1960. Après le début des travaux d’aménagement, plusieurs voix s’étaient élevées dans la ville pour demander des explications sur leur nature exacte. Certains y voyant une pure défiguration de ce qu’ils estiment être un "joyau du patrimoine architectural d’Agadir".
C’est l’association Forum Izorane d’Agadir qui a tiré la sonnette d’alarme en premier. "Notre association a interpellé d'urgence les autorités concernées, à savoir la commune urbaine d'Agadir, le service d’urbanisme de la Wilaya et l'Agence urbaine, pour briser et lever leur silence face aux travaux "clandestins" de ce chantier », écrit l’association dans un post publié le 2 février dernier sur les réseaux sociaux. Cette dernière déplore notamment l’absence de l’autorisation d’aménagement, qui devrait selon elle être affichée, mais aussi le manque d’informations sur la « nature des travaux » et sur « l'ingénieur, l'entrepreneur et le bureau d'études de ce chantier ».
La question a même atterri au Parlement la semaine dernière. Dans une question écrite adressée le 12 février dernier au ministre de la Justice, le député PJD Smail Chaouki craignait de voir ces réformes « porter atteinte à la dimension historique de ce monument ».
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