Société
TDAH: les médicaments sont-ils indispensables pour tous les enfants?
20/07/2026 - 22:19
Malak Zougagh
Le traitement du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ne repose pas systématiquement sur les médicaments. Toutefois, lorsque les symptômes sont sévères et que les approches non médicamenteuses ne suffisent plus, certains traitements peuvent améliorer considérablement le quotidien des enfants concernés.
Interrogée par SNRTnews, la pédopsychiatre Imane Boulaajine explique que le méthylphénidate constitue aujourd'hui le traitement médicamenteux de première intention contre le TDAH chez l'enfant et l'adolescent. Ce psychostimulant non amphétaminique est généralement prescrit à partir de l'âge de six ans, même si, dans certaines situations complexes, il peut être envisagé plus tôt.
La spécialiste précise que le méthylphénidate existe sous plusieurs formes à libération immédiate, prolongée ou modifiée. Sa prescription dépend de plusieurs critères, notamment “l'âge de l'enfant, l'intensité des symptômes et leur retentissement sur la vie quotidienne.” Elle souligne toutefois que le traitement médicamenteux doit toujours être associé à une prise en charge non médicamenteuse.
Selon Imane Boulaajine, “tous les enfants diagnostiqués avec un TDAH n'ont pas besoin d'un traitement pharmacologique.” La décision de prescrire un médicament intervient uniquement lorsque les interventions non médicamenteuses ne permettent pas d'obtenir une amélioration suffisante.
La pédopsychiatre explique à SNRTnews que la prise en charge repose d'abord sur plusieurs approches complémentaires, notamment la psychoéducation, qui consiste à expliquer le trouble à l'enfant et à ses parents afin de mieux comprendre son fonctionnement et d'adapter les stratégies d'accompagnement.
Elle cite également les programmes d'entraînement aux habiletés parentales, fondés sur des méthodes scientifiquement validées, qui permettent aux parents d'acquérir des outils pour mieux accompagner leur enfant au quotidien. À cela s'ajoutent des aménagements pédagogiques destinés à faciliter les apprentissages à l'école ainsi que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), une approche psychothérapeutique visant à améliorer la régulation des émotions, l'organisation et les capacités d'adaptation. Ces différentes interventions peuvent être combinées selon la sévérité du trouble et son impact sur la vie de l'enfant.
Concernant les traitements disponibles, Imane Boulaajine indique que plusieurs familles de médicaments existent. Les psychostimulants comprennent notamment le méthylphénidate et le dimésylate de lisdexamfétamine. Les psychostimulants sont des médicaments qui stimulent certaines zones du cerveau impliquées dans l'attention, la concentration et le contrôle des impulsions.
D'autres traitements, dits non psychostimulants, comme l'atomoxétine, la clonidine, la guanfacine, le bupropion ou encore le modafinil, peuvent également être utilisés. Ces derniers sont généralement considérés comme des traitements de deuxième intention, leur efficacité étant globalement moins importante que celle des psychostimulants. Ils sont prescrits lorsque ces derniers sont contre-indiqués, inefficaces ou mal tolérés.
La spécialiste rappelle également que le TDAH ne se limite pas à des difficultés d'attention. En l'absence d'une prise en charge adaptée, il peut avoir des répercussions importantes sur les apprentissages scolaires, la régulation émotionnelle, l'estime de soi, l'exposition aux conduites addictives ainsi que la réussite professionnelle à l'âge adulte.
Au Maroc, la principale difficulté demeure l'absence du méthylphénidate, pourtant considéré comme le traitement de référence dans de nombreux pays. Imane Boulaajine précise à SNRTnews que cette molécule “n'est actuellement pas commercialisée dans le Royaume”, même si son arrivée est attendue. Elle estime que sa disponibilité constituera une avancée importante pour améliorer la prise en charge des patients.
La pédopsychiatre souligne également qu'”aucun générique du méthylphénidate n'est disponible au Maroc”, puisque la molécule elle-même n'y est pas encore commercialisée.
Face à cette indisponibilité, certaines familles marocaines choisissent de se procurer le traitement à l'étranger, notamment dans des pays où le méthylphénidate est autorisé et commercialisé. Une solution qui reste toutefois contraignante, tant sur le plan administratif que financier, et qui ne garantit pas un accès régulier au traitement pour tous les enfants qui en auraient besoin.
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