Société
Cannabis : parlons composition !
25/02/2021 - 14:43
Imane Benichou
L’article 17 du chapitre VI du projet de loi portant sur «l’usage légal du cannabis» examiné partiellement au Conseil de gouvernement de ce jeudi 25 février, stipule qu’à l'exception des produits pharmaceutiques, il est interdit de produire des substances contenant du THC dépassant le pourcentage spécifié par un texte réglementaire. Il a donc semblé important pour SNRTnews d’exposer brièvement la composition du Cannabis qui définit son caractère psychoactif. Détails.
Des centaines de composés différents ont été identifiés dans les plants de cannabis. Le cannabis, une appellation scientifique du chanvre, est une plante à fleurs et à grandes feuilles vertes très caractéristiques, qui appartient à la famille des Cannabaceae. Des huiles essentielles à composés terpéniques, des flavonoïdes, des sucres, des acides gras, ont été identifiés dans la plante, à bords dentés, de couleur verte plus ou moins foncée et de longueur inégale.
Les constituants les plus intéressants au plan pharmacologique sont les cannabinoïdes. Il s’agit de dérivés phénoliques non azotés du benzopyrane. Plus d’une soixantaine ont été retrouvés dans le cannabis. Ces dérivés terpéniques sont concentrés dans la sécrétion résineuse de la plante, produite par des glandes présentes principalement au niveau des sommités florales, ainsi que dans les feuilles dans une moindre mesure. Les cannabinoïdes sont présents en beaucoup plus faible quantité dans les tiges et les graines, détaille l’ouvrage scientifique "Regards croisés sur le cannabis", élaboré en 2010 sous la direction d’Étienne Quertemont, Jacqueline Scuvée-Moreau et Vincent Seutin.
THC et effet drogue
Les principaux représentants des cannabinoïdes sont le ∆9-tétrahydrocannabinol (THC), le cannabinol (CBN) et le cannabidiol (CBD). Le THC et le CBD sont présents dans la plante fraîche et dans les échantillons récemment préparés, au contraire du CBN, qui n’est pas un cannabinoïde naturel, mais un produit de dégradation du THC, formé par oxydation.
En plus de ces trois composés, il existe plus de soixante cannabinoïdes connus d’origine végétale qui sont produits en quantité variable par les différentes variétés de cannabis, d’après la même source scientifique.
Des teneurs différentes en THC et en cannabidiol totaux, formes neutres et acides additionnées, permettent de distinguer trois phénotypes chimiques de cannabis : «drogue», «fibre» et «intermédiaire».
Le type «drogue» est caractérisé par une forte teneur en THC (> 0,3 %) et une très faible teneur en CBD (< 0,5 %). Le type «fibre» est défini par une très faible teneur en THC (< 0,2 %) et une teneur élevée en CBD (> 0,5 %). Le type dit «intermédiaire», est à teneurs élevées en THC ainsi qu’en CBD, explique la revue.
En fonction des doses, de la fréquence de consommation du cannabis et de son mode d’administration, certains effets bénéfiques et néfastes sont susceptibles d’être engendrés. Pour ce, l’industrie pharmaceutique a développé, ces dernières décennies, un arsenal de molécules qui agissent sur le système cannabinoïde endogène et dont certaines sont des analogues synthétiques des principales substances actives que l’on trouve dans le cannabis. Objectif : éviter certains des effets néfastes du cannabis, tout en exploitant les propriétés thérapeutiques liées à certaines de ses actions pharmacologiques, rapporte la même source.
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