Economie
Comment le NMD a repensé le secteur du tourisme?
26/05/2021 - 22:02
Imane Benichou
Diversifier les offres, favoriser la digitalisation, améliorer la qualité de l'emploi... Voici comment le Nouveau modèle de développement (NMD) trace le chemin pour le secteur touristique.
Fortement impacté par la crise de la Covid-19, le secteur du tourisme, qui représente 7% du PIB et plus de 550.000 emplois directs en 2019, a été massivement impacté en termes d’emplois et de dynamique économique dans les territoires à forte activité touristique.
Pour repenser ce secteur, "au-delà des mesures de relance", et lui redonner un nouveau souffle sur le long terme, la Commission spéciale sur le modèle du développement (CSMD) a établi six recommandations.
Une offre diversifiée
Premièrement, il faut compléter l’offre d’hébergement du secteur touristique par une offre d’animation et d’expériences diversifiée et de qualité, dans une approche d’écosystème. "Il est nécessaire à présent de mettre davantage l’accent sur la diversité et la qualité de l’offre, afin de capter des recettes touristiques plus élevées, ainsi que des séjours plus longs ou répétitifs", précise-t-on dans le rapport général élaboré par la CSMD.
La commission appelle aussi à exploiter l’ensemble des potentiels, notamment le tourisme culturel, sportif ou médical, à réorienter une partie des incitations vers l’appui au développement des services et animations touristiques et à renforcer la valorisation du patrimoine culturel, musical, historique et naturel dans tous les territoires.
Dynamiser le tourisme interne
"Des mesures d’appui à la demande interne pourraient être mises en place afin de renforcer l’accès des citoyens Marocains à une offre adaptée à leurs attentes et leur pouvoir d’achat", prévoient les auteurs du rapport.
Elle recommande également d’envisager la régionalisation des vacances scolaires comme levier pour maintenir un niveau régulier de demande et de renforcer les campagnes promotionnelles pour inciter les touristes nationaux à découvrir de nouvelles destinations locales.
Accompagner les TPME
Pour favoriser le développement des TPME dans les services touristiques, la commission propose un accompagnement technique et financier adapté à ces acteurs, de les mettre en relation pour faire émerger des offres intégrées et d’élaborer un plan de formation spécifique aux nouveaux métiers du tourisme et en faveur de leur professionnalisation.
Transformation digitale
La CSMD appelle les différents acteurs du secteur à s’adapter aux nouveaux modes de commercialisation de l’offre touristique en soutenant la transformation digitale du secteur. "Des mesures pour favoriser l’innovation et la digitalisation seront nécessaires afin d’appuyer la conception de nouvelles offres et leur intégration dans les circuits de commercialisation pour capter la part grandissante de la demande présente sur internet", précise-t-on.
En outre, la Commission prévoit qu’il sera important de donner plus de visibilité à la destination Maroc et de renforcer la promotion sur les grandes plateformes. Elle appelle aussi à mettre en place des plateformes de veille et de diffusion de l’information aux acteurs pour adapter leurs offres aux tendances.
Durabilité du secteur
La CSMD appelle à renforcer la résilience et la durabilité du secteur. "La priorité est d’améliorer la qualité de l’emploi dans ce secteur, notamment en élargissant la protection sociale à tous les travailleurs touristiques notamment saisonniers", détaille-t-on.
La commission propose aussi de promouvoir la création d’emploi en zones rurales, à travers l’écotourisme. "La diversification des destinations touristiques et la valorisation des territoires permettront de réduire les risques inhérents à une concentration massive", note le rapport.
Elle propose par ailleurs le développement d’un label pour le tourisme durable et responsable pour donner accès à des incitations publiques avantageuses et encourager les projets de ce type.
Approche transverse
L’équipe de Benmoussa appelle à adopter une approche transverse et une coordination renforcée.
L’attractivité du secteur dépend, selon la commission, en grande partie de facteurs multiples "en lien par exemple avec le transport aérien et la fluidité des passages aux frontières, les conditions de sécurité locale, de propreté des villes, de comportement envers les touristes".
Dans cette perspective, le rapport considère qu’il sera crucial de renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes et d’agir de manière systémique sur tous les facteurs qui entrent en jeu dans le développement du secteur.
"Pour assurer un pilotage efficace du secteur au niveau national, il est proposé de mettre en place une taskforce au niveau de l’Exécutif avec un mandat fort de modernisation et de développement du secteur. En parallèle, la coordination territoriale devra être renforcée pour favoriser l’émergence de nouveaux écosystèmes", lit-on dans le rapport sur le nouveau modèle de développement.
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