Société
Comment les jeunes de trois villes marocaines perçoivent-ils les migrants?
20/09/2021 - 07:00
SNRTnews
Aujourd’hui pays de départ, de transit et d’accueil de migrants, le Maroc est devenu, grâce à son emplacement stratégique, un carrefour migratoire caractérisé par une forte dynamique. Tout de même, dans certaines régions du pays, les migrants continuent à faire l’objet d’idées reçues et de stéréotypes qui entravent souvent leur intégration au sein de ces communautés. Une étude s’est focalisée sur trois villes du Royaume, afin de cerner la manière dont les migrants sont perçus et d’attirer l’attention sur les préjugés et les stéréotypes sur la migration au Maroc.
Dans le cadre de la campagne "Migrations sans clichés", la Fédération des collectivités locales du Nord du Maroc et de l’Andalousie (ANMAR) et le Fonds andalous des municipalités pour la solidarité internationale (FAMSI) ont mené une étude sur la "Perception de la migration dans les villes d’Oujda, Fnideq et Al Hoceima".
L’ enquête sociologique réalisée auprès de 2.737 jeunes de trois villes âgées de 18 à 26 ans en ligne visait à donner une idée juste et réaliste de la perception de la migration et des migrants, à lutter contre les préjugés et stéréotypes à l’égard des migrants et à proposer des solutions pour la construction d’une perception positive sur la migration afin de renforcer les capacités des trois communes dans la prise en charge de la question migratoire.
Les migrants peu instruits et insociables ?
L’enquête visant à comprendre les relations et rapports qui se nouent au quotidien entre les populations locales et les migrants résidant dans les trois villes en question a permis de relever deux stéréotypes partagés par la majorité des jeunes interrogés.
Selon ces jeunes, les migrants n’auraient pas un niveau d’instruction suffisant. Cet avis est partagé par la grande majorité des jeunes ayant participé à l’enquête (96,5% à Al Hoceima, plus de 83,8% à Oujda et près de 71, 6% à Fnideq).
En outre, selon 98,4% des jeunes interrogés à Al Hoceima, les migrants seraient insociables. Cet avis est partagé par 88,8% des jeunes sondés à Oujda et 73,1% de ceux interrogés à Fnideq.
Selon eux, la langue constitue le premier obstacle empêchant les migrants d’interagir avec leurs voisins et de s’intégrer. Les deux autres facteurs de l’ "insociabilité" des migrants sont la religion et la pauvreté.
Pour l’amitié … contre le mariage
Interrogés sur la possibilité d’épouser un migrant ou une migrante, la majorité des jeunes (94,9 % à Al Hoceima, 66,8% à Oujda et 29, 4% à Fnideq) ont déclaré qu’ils n’envisagent pas de se marier avec un migrant ou une migrante en évoquant les mêmes raisons (différence de religions, de langues et de cultures), en outre du refus des familles et la condition sociale et financière de la personne migrante.
En ce qui concerne les relations d’amitié et de voisinage, les jeunes à El Hoceima se sont montrés très favorables. Près de 97% ont déclaré avoir un ami migrant ou une amie migrante. Ce taux est plus faible à Oujda et à Fnideq où respectivement 79,3% et 58,1% des jeunes affirment ne pas avoir d’amis migrants.
L’enquête conclut ainsi que les jeunes dans ces trois villes ont une méconnaissance des migrants, et que la désinformation, notamment à travers les réseaux sociaux, serait la première raison qui fait que les stéréotypes autour des migrants persistent.
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