Economie
Cosmétiques au Maroc: un marché en pleine croissance porté par le digital, les produits naturels et le tourisme
07/06/2026 - 17:41
Malak Zougagh
Le marché des cosmétiques au Maroc connaît depuis plusieurs années une évolution rapide, portée par les nouvelles habitudes de consommation, la croissance de la population urbaine, le développement du numérique et l’intérêt croissant pour les produits naturels et locaux. Ali Rhanbouri en éclaire les contours dans une déclaration accordée à SNRTnews.
Economiste et président du centre de la prospection économique et sociale, Ali Rhanbouri explique que le secteur traverse aujourd’hui une véritable phase de transformation, stimulée à la fois par la demande locale, l’essor du commerce en ligne et les opportunités d’exportation.
Selon plusieurs études sectorielles citées par l’économiste, le marché marocain des cosmétiques et des soins personnels est actuellement estimé à environ 600 millions d’euros en 2024, avec une croissance annuelle oscillant entre 7 % et 9 %.
Cette dynamique devrait se poursuivre durant les prochaines années. Des projections internationales relayées par la même source estiment ainsi que le marché pourrait atteindre près de 3,59 milliards de dollars à l’horizon 2032, contre environ 1,8 à 2,1 milliards de dollars actuellement.
Au-delà de la consommation locale, cette progression attire également de nouveaux investissements industriels et commerciaux. Plusieurs laboratoires et fabricants marocains développent désormais des gammes destinées aussi bien au marché national qu’à l’exportation, notamment vers l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
Pour l’économiste, plusieurs facteurs expliquent cette attractivité. “La proximité logistique avec l’Europe, les accords commerciaux et l’image du Maroc dans les produits naturels constituent des avantages compétitifs importants”, souligne-t-il.
Parallèlement à cette évolution industrielle, la digitalisation transforme profondément le fonctionnement du marché cosmétique marocain.
Le développement de l’e-commerce et des réseaux sociaux a en effet modifié les habitudes d’achat des consommateurs, en particulier chez les jeunes générations.
Ali Rhanbouri explique qu’aujourd’hui, “les réseaux sociaux jouent un rôle central dans les décisions d’achat, particulièrement chez les jeunes consommateurs”.
Les plateformes comme Instagram et TikTok, les tutoriels vidéo, les avis clients ainsi que les campagnes d’influence permettent désormais aux marques de communiquer directement avec leur public, sans dépendre exclusivement des circuits traditionnels de distribution.
Dans ce contexte, l’économiste cite également une étude académique consacrée au commerce social au Maroc, qui montre que “le marketing d’influence renforce fortement l’intention d’achat des consommateurs dans le secteur cosmétique”.
Cette transformation numérique accompagne la forte croissance du commerce électronique au Maroc. Selon les chiffres relayés par Ali Rhanbouri, le chiffre d’affaires de l’e-commerce marocain a dépassé 1,8 milliard de dollars en 2023, avec une croissance annuelle prévue de plus de 13 % jusqu’en 2027.
Les produits cosmétiques figurent aujourd’hui parmi les segments les plus dynamiques du commerce en ligne au Maroc. Cette évolution a favorisé l’apparition de nouvelles marques digitales, de boutiques spécialisées et de modèles de vente directe au consommateur.
Au-delà du digital, le tourisme apparaît également comme un moteur stratégique pour le développement des cosmétiques marocains.
En 2025, le Maroc a accueilli près de 19,8 millions de touristes, un record historique qui contribue à renforcer la visibilité internationale des produits marocains liés au bien-être et aux soins traditionnels.
Huile d’argan, savon noir, ghassoul ou encore soins inspirés des rituels du hammam marocain profitent directement de cette exposition touristique.
Pour Ali Rhanbouri, “l’image du Maroc comme destination authentique, naturelle et artisanale constitue un atout marketing puissant”.
L’économiste explique que de nombreux visiteurs découvrent les produits cosmétiques marocains dans les riads, spas, hammams et hôtels avant de continuer à les acheter une fois rentrés dans leur pays grâce au commerce électronique.
Selon lui, “cette connexion entre tourisme, artisanat, bien-être et exportation peut transformer les cosmétiques marocains en véritable secteur d’influence économique et culturelle”.
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