Economie
Coup d'envoi de la Semaine nationale de l’économie sociale et solidaire : des partenariats pour soutenir la digitalisation et l’emploi
28/04/2026 - 23:20
Ouiam Faraj | Mohammed ChafiLe Secrétariat d’État chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire a donné, ce mardi 28 avril 2026 à Rabat, le coup d’envoi officiel de la Semaine nationale de l’économie sociale et solidaire, organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Cet événement national, placé sous le thème : "L’économie sociale et solidaire au Maroc : de nouvelles perspectives pour une gouvernance globale et un développement territorial durable", intervient dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Orientations Royales visant à renforcer le rôle de l’économie sociale et solidaire comme levier de développement durable et d’inclusion économique et sociale, notamment à travers l’autonomisation des femmes, des jeunes et des catégories vulnérables.
Structuration juridique
Selon le secrétaire d’État chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Lahcen Saadi, cet événement reflète la dynamique que connaît le secteur, à travers son passage à une nouvelle phase de politiques publiques intégrées, le renforcement de l’investissement dans le capital humain ainsi que l’avancement du chantier de structuration juridique et institutionnelle, afin de contribuer davantage à la création de valeur et d’emplois.
Il a précisé que cette première Semaine nationale vise principalement à présenter le bilan des réalisations du secteur, ainsi que les grandes orientations du futur cadre légal, en particulier le projet de loi-cadre n°17.26 relatif à l’économie sociale et solidaire, ainsi que ses textes d’application, dans la perspective d’institutionnaliser et d’organiser le secteur selon des règles claires, tout en intégrant les activités informelles dans l’économie nationale.
L’événement constitue également une occasion de renforcer la concertation entre les différents acteurs : départements ministériels, établissements publics, collectivités territoriales, chambres professionnelles, organisations de l’économie sociale et solidaire, ONG et partenaires internationaux, dans le cadre d’une approche participative fondée sur la convergence et la complémentarité.
Défis du secteur
Lahcen Saadi a également évoqué plusieurs défis persistants, notamment le manque de reconnaissance institutionnelle complète des composantes du secteur, la multiplicité des intervenants, la faible convergence entre les programmes et l’insuffisance des financements destinés aux projets à impact.
Il a affirmé que le Secrétariat d’État ambitionne de transformer ces contraintes en un agenda de réformes concret, à travers l’adoption d’un cadre juridique global, le renforcement de la gouvernance nationale et territoriale, la mise en place de mécanismes de suivi, ainsi que l’intégration de l’économie sociale et solidaire dans les politiques régionales et locales.
Formation et accompagnement
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la signature de plusieurs conventions de partenariat destinées à soutenir la dynamique du secteur et à élargir ses domaines d’intervention.
Dans ce cadre, un accord a été signé avec Agence de Développement du Digital pour accompagner la transformation numérique des organisations de l’économie sociale et solidaire, à travers la formation, l’accompagnement et la création d’une plateforme d’apprentissage à distance.
Une autre convention a été conclue avec l'Organisation migration & développement pour financer et accompagner des projets, soutenir l’emploi des jeunes et des femmes, et favoriser l’intégration des migrants ainsi que des Marocains résidant à l’étranger dans le tissu économique, notamment via la création de coopératives et d’entreprises collectives.
Dans le domaine social, un partenariat a également été signé avec l'Agence Nationale de Lutte contre l’Analphabétisme afin de renforcer les capacités des structures du secteur et développer leurs compétences entrepreneuriales, à travers des programmes intégrés d’alphabétisation entrepreneuriale ciblant prioritairement les jeunes, les femmes et les populations vulnérables, particulièrement dans les zones rurales, montagneuses et oasiennes.
Son directeur, Abdelouadoud Kharbouch, a expliqué que cette convention-cadre vise à lutter contre l’analphabétisme parmi les acteurs de l’artisanat, tout en mettant en place des programmes plus efficaces et qualitatifs, à fort impact pour les citoyennes et citoyens.
Il a ajouté que l’action de l’agence ne se limitera pas à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, mais inclura également un programme "post-alphabétisation", axé sur la formation professionnelle, l’apprentissage d’un métier et l’aide à la création de projets générateurs de revenus.
Encouragement des projets innovants
Par ailleurs, l'Office du Développement de la Coopération a signé une convention avec l'Université Al Akhawayn pour lancer, dans la province d’Ifrane, un programme expérimental "Tawyenun", destiné à accompagner les coopératives dans l’accès aux marchés, la digitalisation, et l’amélioration de la gouvernance, avec la participation d’étudiants issus de différentes filières.
Une autre convention entre l’Office du Développement de la Coopération et l’Agence de Développement du Digital vise à soutenir la transformation numérique du secteur coopératif, à travers le diagnostic de la maturité digitale des coopératives, la mise en œuvre de parcours de mise à niveau numérique et l’amélioration des services digitaux de l’Office.
Ces accords s’inscrivent dans la volonté de structurer davantage le secteur, valoriser et commercialiser ses produits et services, renforcer les capacités des acteurs et cadres régionaux, encourager les projets innovants et accélérer la transformation numérique, avec une attention particulière portée aux initiatives féminines et à l’inclusion des jeunes, notamment en milieu rural et dans les zones montagneuses.
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