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Coupe du Trône: un tirage attendu et une histoire qui ne reconnaît pas les écarts
25/04/2026 - 13:28
Reda Zarrouk
À l’approche du tirage au sort, prévu mardi 28 avril 2026, la Coupe du Trône s’annonce une nouvelle fois imprévisible. Entre l’entrée en lice des clubs de l’élite et la présence remarquée des formations amateurs et de deuxième division, la compétition promet des affiches ouvertes et, fidèle à sa tradition, son lot de surprises.
Ce moment, qui peut sembler n’être qu’une simple formalité organisationnelle, marque en réalité le début d’affiches déséquilibrées sur le papier, mais souvent très disputées sur le terrain. La Coupe du Trône est une compétition qui a pris l’habitude de rebattre les cartes et de bousculer la hiérarchie.
Présence constante des clubs amateurs
Avant même l’entrée en lice des clubs de l’élite, cinq formations issues du championnat amateur ont validé leur billet pour ce tour. Il s’agit de Moustakbal Marsa, tombeur du Rapide Oued Zem, du Chabab Fath Casablanca, du Fath Nador, du Rachad Bernoussi, qui a éliminé le Widad Témara, leader de la deuxième division, ainsi que du Widad Kelaât Sraghna.
Une présence certes limitée en nombre, mais hautement symbolique de l’esprit de la Coupe du Trône, où les écarts de division s’effacent souvent au profit des détails qui font la différence sur le terrain.
Deuxième division : des ambitions au-delà des premiers tours
La deuxième division est également fortement représentée avec onze clubs, dont des équipes récemment reléguées de l’élite, comme Chabab Soualem, le Moghreb Tétouan et Chabab Mohammedia. D’autres formations historiques de la compétition sont aussi présentes, à l’image du KAC Kénitra et du Raja Béni Mellal.
À cela s’ajoute US Amal Tiznit, qui a disputé les tours précédents en tant que club amateur avant d’accéder cette saison à la D2. Une trajectoire dynamique qui en fait un potentiel outsider, d’autant plus qu’il lutte pour la montée en première division. D’autres clubs comme le Stade Marocain, Chabab Atlas Khénifra, Widad Fès, Chabab Benguerir ou Chabab Al Massira complètent ce tableau.
Cette forte présence des clubs de D2 leur offre une réelle opportunité de créer la surprise, dans un contexte où les écarts de niveau se réduisent.
Entrée des grands : le début des choses sérieuses
Avec le tirage au sort des seizièmes de finale prévu le mardi 28 avril, les clubs de la première division professionnelle feront leur entrée en lice. Parmi eux, certaines équipes promues ont dû passer par le dernier tour préliminaire, comme le Kawkab Marrakech, l’Union Yacoub El Mansour et l’Olympique Dcheira, qui ont dû batailler pour se qualifier.
Le KACM s’est imposé difficilement aux tirs au but face à l’Union Fkih Ben Salah, tout comme l’Union Yacoub El Mansour face au Racing Casablanca. De son côté, l’Olympique Dcheira a pris le dessus sur l’Entente Marrakech (3-1).
L’arrivée de ces clubs rehausse le niveau de la compétition, mais les place aussi face à un défi particulier : ici, aucune erreur n’est permise dans un format à élimination directe.
Coupe du Trône : une histoire riche en exploits
Si le présent laisse place à toutes les hypothèses, le passé rappelle que cette compétition n’a jamais été la chasse gardée des grandes équipes.
Le sacre de l’Olympique de Casablanca face au Raja en 1983, alors qu’elle évoluait en deuxième division, reste l’un des exemples les plus marquants. Mais l’exploit le plus emblématique demeure celui du Majd Al Madina en 2000, sacré alors qu’il appartenait au championnat amateur, après sa victoire en finale contre la Renaissance de Settat.
Plus récemment, en 2019, le TAS Casablanca a réédité cet exploit en remportant le trophée face au Hassania d’Agadir, après avoir éliminé plusieurs grandes équipes.
Le Rachad Bernoussi avait lui aussi atteint la finale lors de la saison 2006-2007, ne s’inclinant qu’aux tirs au but face à l’AS FAR, avant de représenter le Maroc sur la scène africaine.
Le Moghreb Fès a également remporté le titre lors de la saison 2015-2016 alors qu’il évoluait en deuxième division, en battant l’Olympique Safi en finale disputée à Laâyoune. D’autres clubs de D2, comme l’Union Sidi Kacem, ont également atteint la finale.
Pourquoi autant de surprises ?
Plusieurs facteurs expliquent cette spécificité de la Coupe du Trône. D’abord, le format à élimination directe, qui ne laisse aucune place à l’erreur et rend chaque match imprévisible.
Ensuite, l’absence de pression sur les clubs amateurs et de D2, contrairement aux équipes de l’élite qui évoluent sous le poids des attentes. Cette liberté permet souvent aux « petits » de jouer sans complexe.
L’aspect psychologique joue aussi un rôle clé : ces rencontres représentent une vitrine exceptionnelle pour les joueurs, souvent face à un large public et sous forte médiatisation.
Certains en ont profité pour se révéler, comme Hicham Jouia, héros de la finale 2000, qui a ensuite rejoint l’Olympique Safi puis le Wydad Casablanca. D’autres joueurs, comme Samir Zakroumi ou Ismaïl Koucham, se sont illustrés lors de finales marquantes avant d’intégrer l’élite.
Plus récemment, le sacre du TAS Casablanca a contribué à révéler des talents comme le défenseur Mohamed Rahim ou l’attaquant Oussama Lemlioui.
Un tirage ouvert et une question récurrente
À l’approche du tirage, tous les scénarios restent envisageables: des chocs entre grandes équipes ou des confrontations déséquilibrées sur le papier, mais souvent riches en surprises sur le terrain.
En attendant le verdict des boules, une question revient à chaque édition : la logique sera-t-elle respectée, ou les outsiders écriront-ils un nouveau chapitre de l’histoire ?
Car la Coupe du Trône ne se résume pas à un palmarès. Elle vit à travers les récits qu’elle crée, souvent portés par des équipes que personne n’attend, mais qui osent rêver.
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