Société
Covid-19: voici les vraies raisons de suspension du vaccin Pfizer
23/10/2021 - 13:33
Khaoula Benhaddou
Depuis quelques jours, la suspension de la vaccination avec Pfizer anime la toile. Si les citoyens remettent en doute l’efficacité dudit vaccin, surtout après le décès d’une étudiante à Rabat, la tutelle explique qu’il ne s’agit que d’une rupture de stock. Qu’en est-il vraiment?
La suspension du vaccin Pfizer a suscité les réactions des citoyens surtout après le décès d’une étudiante à Rabat juste après sa vaccination. Vendredi soir, le Centre hospitalier universitaire Avicenne de Rabat réagit à la vague de rumeurs pour les démentir. "Suite à la circulation d'informations et de données erronées au sujet du décès d'une étudiante (T.F) à l'hôpital des spécialités de Rabat, après qu'une dose du vaccin anti-Covid lui a été administrée, la direction du CHU Avicenne dément catégoriquement ces allégations tendancieuses et affirme, sur la base d'examens et d'analyses médicaux approfondis inclus au rapport médical, que la cause de la mort n'a aucun rapport avec le vaccin".
La tutelle a également précisé que la vaccination par Pfizer se poursuivra une fois que le Maroc recevra de nouveaux lots du sésame américain. D'ailleurs, une nouvelle livraison est attendue la semaine prochaine et devra permettre aux centres de vaccination utilisant Pfizer de poursuivre normalement leurs activités. S'agit-il alors d'une suspension ou d'une simple rupture de stock du vaccin ?
Les raisons de la suspension
Une source bien informée explique à SNRTnews qu’il s’agit "d’une suspension provisoire pour vérifier le dernier lot utilisé et tester son efficacité en analysant les données des dernières personnes qui l'ont reçu". Autrement dit, la vérification ne porte en aucun cas sur l'efficacité du vaccin Pfizer, mais uniquement sur celle du dernier lot reçu par le Maroc. L'objectif ? Tester la capacité des dernières doses administrées à stimuler la réaction du système immunitaire des vaccinés et pour parvenir au niveau de protection escompté.
Une vérification qui s'impose après le décès de la jeune étudiante? Que nenni, répond notre source. À en croire les rumeurs, en plus de la jeune étudiante, quatre autres personnes ont perdu la vie après avoir reçu des doses du vaccin Pfizer. "La rumeur risque de s’amplifier alors que le Centre de pharmacovigilance n’a pas été informé de quelconque effet secondaire du vaccin. On ne sait même pas s'il y a eu réellement d'autres décès (en parlant des quatre autres cas, NDLR.)", explique notre interlocuteur. Il précise, dans le même sens, qu'une investigation des services de la médecine légale est en cours et pourrait aller "jusqu'à l'autopsie pour considérer si le décès a été causé par l'inoculation du vaccin ou est survenu dans une situation de comorbidité existante".
S'agissant de la suspension, notre source avance une autre raison : "Plusieurs personnes ayant reçu la troisième dose de Pfizer ont découvert, après un test de recherche d'anticorps, qu'ils ne disposent pas d'une couverture immunitaire contre la Covid-19", confie-t-elle. Cette démarche a donc pour objectif de "vérifier la véracité de ces constats".
Des hypothèses pour commencer
Le 31 décembre 2020, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a accordé une autorisation pour une utilisation d’urgence au titre du protocole EUL pour le vaccin Pfizer BioNTech. L’OMS a minutieusement évalué la qualité, l’innocuité et l’efficacité du vaccin et a recommandé son utilisation pour les personnes âgées de plus de 16 ans.
Le Comité consultatif mondial pour la sécurité des vaccins, un groupe d’experts qui fournit à l’OMS un avis indépendant et faisant autorité concernant l’utilisation sans danger des vaccins, reçoit et évalue les rapports sur les événements de sécurité suspectés ayant potentiellement un impact international.
L'organisme onusien a ensuite attesté de l'efficacité du vaccin contre la covid-19. Pour l'OMS cette efficacité est chiffrée à 95% contre l’infection symptomatique par le SARS-CoV-2.
Hormis la nécessité de vérifier l'efficacité du sésame américain, notre source précise qu'il est indispensable de vérifier plusieurs hypothèses remettant ainsi en question les résultats des tests précités sur le fond et sur la forme.
"Nous ne savons pas quels tests avaient utilisés ces personnes vaccinées par le vaccin Pfizer et qui ont par la suite mentionné l'absence d'anticorps anti-covid. On doit aussi vérifier si ces personnes ont été vraiment vaccinées", explique notre source qui préfère garder l'anonymat.
Le temps écoulé entre la réception de la dernière dose du vaccin et la réalisation du test est aussi déterminant, d'après notre source. "Il convient d'attendre au moins 14 jours pour vérifier l'existence de ces éléments d'autant plus qu'il est connu que chez une minorité de personnes ces anticorps ne sont pas présents dans la circulation - et du coup ne sont pas détectables dans le sang-, mais ces personnes sont protégées contre le nouveau virus".
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