Sport
De quoi la folie du mercato est-elle le symptôme?
06/08/2022 - 13:53
Mohamed Berrada | Saleh El Goumri
Durant ce mercato estival, les clubs de première division de football mettent les mains et les pieds pour s’arracher les meilleurs joueurs, au Maroc et à l’étranger. Un constat qui alerte tristement sur la faiblesse des structures de formation des jeunes, même au sein des plus grandes équipes.
Le mercato estival bat son plein au Maroc. Chaque jour, les rumeurs s’enchainent sur différents intérêts exprimés par les présidents des clubs envers un tel ou un tel joueur. Certaines d’entre-elles ne répondent d’ailleurs à aucune logique sportive, et servent notamment à calmer les supporteurs ou à répondre aux campagnes menées sur les réseaux sociaux, au point que quelques noms font même la une de la presse sportive durant plusieurs semaines. Dans les coulisses, les agents de joueurs s’activent durant cette période de l’année pour espérer tirer un maximum de profit financier durant ces deux mois.
Alors que le mercato touche à sa fin le dernier jour de ce mois d’août, les officialisations tombent l’une après l’autre. Le Raja, malgré sa très populaire école de football du Maroc, a annoncé le recrutement de pas moins de 13 joueurs, dont trois algériens. Même son de cloche du côté de Fès, où le Moghreb local a recruté 6 joueurs. L’Ittihad de Tanger, à sa tête Badou Zaki, s’est adjugé les services de dix nouveaux noms, alors que son voisin Tétouanais, de retour parmi l’élite, a renforcé son effectif avec six joueurs également. Le Wydad, champion du Maroc et d’Afrique, a commencé timidement son mercato, mais son président Said Naciri a déclaré bien vouloir renforcer son armada, alors qu’il peine toujours à remplacer le coach Walid Regragui.
La folie du mercato se reflète également dans les combats menés par les plus grands clubs du Royaume, le Wydad et le Raja, pour attirer les meilleurs profils. Le nom de Yassine Lebhiri, milieu de terrain du Mouloudia de Oujda fait couler beaucoup d’encres, et incite les deux présidents Said Naciri et Aziz Badraoui à augmenter les enchères pour surtout et avant tout, s’adjuger ce combat d’égos vis-à-vis des supporteurs. Cela fût également le cas pour Mehdi Moubarik, le désormais ex-FUSiste qui a finalement choisi de poursuivre sa carrière du côté des… Emirats.
De quoi cette folie du mercato est-elle le symptôme ? Le cadre national Hassan Benabicha, joint par SNRTNews, explique que les clubs n’ont d’autres choix que de recruter massivement pour masquer leur très faible capacité à former en interne. Il explique: "En 2014, un projet de valorisation des centres de formation a été initié par Feu Jean-Pierre Morlans. Plusieurs clubs y ont adhéré, mais aucun suivi n’a été assuré". Et d’ajouter: "même si plusieurs clubs forment de bons joueurs, ils finissent tous par partir à un moment ou un autre, pour améliorer leurs conditions financières. D’autres recrutent que pour recruter, et mettent en péril la cohésion du groupe. Je veux citer l’exemple du Wydad, qui malgré l’interdiction de recruter en janvier dernier, a réussi à décrocher les titres de champion du Maroc et champion d’Afrique grâce à la force de son effectif".
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