Art & Culture
Dikra ramadanesque: Mohamed Benbrahim, le visage de l'authenticité marocaine
26/02/2026 - 21:22
Halima AamirLe public de feu Mohamed Benbrahim garde le souvenir d'une présence artistique singulière, marquée par des rôles incarnant la simplicité de la personnalité marocaine dans l'espace populaire.
Il s'est distingué par sa capacité à transmettre les traits de la vie quotidienne dans la campagne marocaine avec une spontanéité et une sincérité désarmantes, s'appuyant sur un charisme qui a fait de lui l'un des acteurs les plus aptes à interpréter ce modèle humain sans affectation ni artifice.
Dans cet épisode, la capsule "Dikra ramadanesque" revient sur une partie des œuvres auxquelles le nom de Mohamed Benbrahim est resté attaché. Il a ancré sa présence à travers la série "Zayed Naqes" dans le personnage d'El Mekki, ainsi que par sa participation au feuilleton "Al Moustadaafoun" (Les Misérables), diffusé sur la chaîne Al Aoula en 2006, sans oublier son empreinte cinématographique dans les films "Fiha el melh ou soukkar" et "Casanegra".
Une école de l'interprétation
Mohamed Benbrahim, ou Mohamed Habraman comme l'appelaient ses proches, était un artiste doté d'une signature de jeu particulière. Il a réussi à collaborer avec différentes générations de réalisateurs, tels que Nasser Lahouir et Hakim Noury, s'adaptant à la diversité des rôles qui lui étaient confiés sans jamais renoncer à son identité artistique. Il demeure l'un des visages ayant laissé une trace indélébile dans le parcours de l'acting marocain, grâce à une présence authentique qui lui a valu l'estime des Marocains.
Né en 1949 au sein d'une famille originaire des environs de Safi, Mohamed Benbrahim s'est ensuite installé dans le quartier de Derb Sultan à Casablanca. C'est dans cet environnement social précoce que son attachement à l'art a commencé à prendre forme.
L'année 1965 a marqué un tournant décisif dans sa carrière. Il a fait ses premiers pas dans le monde de la comédie par le théâtre, en rejoignant plusieurs troupes, dont celle d'Abdeladim Chennaoui. Il a ensuite poursuivi sa formation artistique au sein d'autres formations comme la troupe Al Badaoui et celle de Mohamed Tsouli, une expérience qui a jeté les bases de la phase professionnelle ultérieure de son parcours.
Performance populaire et duo comique
Sur les planches comme sur le petit écran, le nom de Mohamed Benbrahim est resté lié à l'incarnation de l'homme rural, un rôle qu'il a interprété avec une spontanéité et un naturel remarquables. Son charisme en a fait l'un des acteurs les plus éminents capables de restituer les traits de la vie populaire avec une simplicité touchante.
Il a également formé un duo comique à succès avec l'artiste Mustapha Hnini, avant de s'orienter progressivement vers le cinéma. Il y a démontré une réelle aptitude à interpréter des personnages complexes, dépassant le caractère stéréotypé de certains rôles qui ont marqué les étapes de sa carrière.
Un répertoire artistique diversifié
Mohamed Benbrahim a laissé derrière lui un héritage artistique varié comprenant des œuvres télévisuelles, cinématographiques et théâtrales. Parmi ses participations les plus notables figurent "Nihayat al Louaba", "Al Madawoun", "Oulad Ennas", "Zayed Naqes", ainsi que "Bidaoua", "Qissat Warda", "Qissat Hob", "Enniya Teghleb", "Al Jassous", "Bezdaz", "lKhwatat", "Al Moustadaafoun", "Fin Machi Ya Moshi", "Trikat al Battache", "Hdidan", "Road to Kabul", "Hamra ou Khadra" et "Latifa Baada al Wazifa".
Cependant, le rôle de "Salam" dans le film "Chaouch" reste l'une des étapes les plus marquantes de son parcours. Cette œuvre est restée présente sur les chaînes de télévision pendant de longues années. Il y a incarné ce personnage aux côtés de Mustapha Dassoukine et Mohamed El Khiari, une performance qui a contribué à consolider la place du film dans la mémoire dramatique marocaine.
Le mercredi 8 mai 2013 au matin, le rideau est tombé sur le parcours de cet artiste après un long combat contre la maladie. Il s'est éteint à l'hôpital Cheikh Zayed de Rabat à l'âge de 64 ans, avant d'être inhumé dans la ville de Bir Jdid où il résidait.
Articles en relations
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture