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Finale CAN 2025: Depuis Casablanca, la création en soutien aux Lions de l’Atlas
18/01/2026 - 14:02
MAP
À quelques heures de la finale, la ville blanche se peint en rouge et vert. Porte d'entrée, les couleurs nationales marquent les préparatifs des Casablancais pour le grand jour. Créatif, le tableau bidaoui déploie toute la richesse de la culture marocaine. Légendes, valeurs, motifs, saveurs…s’y entremêlent pour créer une célébration unique. Portraits croisés de deux créations sensorielles pour soutenir les lions de l’Atlas.
Elle a des airs de manifeste. Le dos brodé d’histoire, la skyline de la métropole surplombe les imprimés, le live est lancé… Le Sweat est chargé de mémoire, de ferveur et d’énergie.
1976 domine le terrain. Deux épopées s'y entrelacent fièrement: Le passage historique des légendes Nass Elghiwan à l’Olympia de Paris et la coupe d’Afrique remportée par le Maroc à Addis Abeba. Best-seller des hoodies proposés par les créateurs casablancais, Sinia dépasse le simple statut de souvenir de match.
Porter cette masterpiece au style streetwear, c’est affirmer que 2026 fera renaître l’apogée de Baba et de Larbi Batma. Dans l’espoir de renouveler cet exploit, la CAN 2025 a offert un large rayonnement au football marocain, mais aussi à l’ensemble des composantes de la culture du Royaume, qui brillent dans le monde depuis longtemps.
"Nous revivrons 1976, tel est le message de cette pièce", confie à la MAP Mehdi, fondateur de la marque, pour qui la CAN représente bien plus qu’un événement sportif.
C’est une opportunité de célébrer la culture marocaine, avec un hommage particulier à Casablanca, explique-t il, revenant sur les aspects mis en avant, notamment les proverbes populaires et les valeurs ancestrales comme le respect envers les parents (Rdat Lwalidin), dont le modèle a affiché sold out après la demi finale.
Il se félicite, ainsi, de l’engouement suscité par ses créations, aussi bien en ligne que dans les salles d’exposition, jusqu’aux dernières heures précédant la “grande finale”, arrivée si vite à ses yeux.
“Chacun, dans son domaine, a donné le meilleur de lui-même pour transmettre une image fidèle de l’excellence marocaine”, a-t il poursuivi.
Sinia s’inscrit d’ailleurs dans cette démarche. Elle illustre le développement du secteur textile où le savoir-faire artisanal rencontre les exigences contemporaines.
“C’est avec cet esprit que cette collection a été créée”, souligne Mehdi, pour qui chaque détail mérite d’être passé au peigne fin.
“Tout commence par le choix du tissu, sélectionné avec soin pour garantir confort et qualité, explique Mehdi, lui-même vêtu de ses créations, à l’image de son équipe jeune et dynamique.
“Vient ensuite la phase de coupe, puis le travail du designer, qui compose chaque visuel en pensant à l’histoire qu’il doit raconter”, poursuit il.
Destinées à vivre au-delà de la CAN, les motifs sont finalement floqués et imprimés par DTF, une technique qui permet d’obtenir des couleurs intenses, une grande précision dans les détails et surtout une durabilité adaptée à l’usage urbain quotidien.
Labellisés, les hoodies rendent également hommage au produit national à travers une "Limited Edition", arborant des code-barres assumés, une signature forte qui a marqué l’expérience footballistique des supporters, marocains comme étrangers.
"Après le football, le Fabriqué au Maroc a lui aussi brillé de mille feux lors de cette CAN, elle-même Made in Morocco", se félicite-t-il avec fierté, faisant référence à l'imprimé de son sweat "Maghrib fdem", une haute déclaration d’amour exprimée depuis son showroom à Maarif. Derrière lui, les cris s’élèvent plus forts encore, portés par les capuches : "siir", "diir nya", "Dima Sbouaa".
Sous des slogans pareils, la cheffe pâtissière Jihane Bouzide continue de livrer. Chez elle, la création dédiée à la compétition est tout un concept.
Loin des grands gâteaux spectaculaires, elle a choisi la simplicité et a cartonné.
Au lieu des seaux de pop-corn et des sachets géants de chips, la jeune cheffe propose des petits pots de grignoterie à la marocaine. Alliant prestige et praticité, son concept décline des sablés minutieusement scénographiés.
Le temps d’une bouchée, cette passionnée raconte une histoire. Comme Mehdi, elle veille à ce que chaque détail reflète la finesse et la richesse marocaine, avant même que le goût n’intervienne.
J’ai conçu ce spécial CAN pour proposer des alternatives authentiques aux accompagnement commerciaux, explique-t-elle, faisant savoir qu’elle s’est basée sur son meilleur produit en termes de vente pour décliner l’univers du Royaume.
Petit de taille, le pot apparaît timidement sur le présentoir. Et pourtant, sur la toile, il trouve sa place et circule largement, tout comme les sweats stylisées. Il accompagne les grandes tables de réception les soirs de match, se glisse dans une voiture ou s’invite sur un bureau, pour vivre la rencontre en solitaire, en raison de contraintes professionnelles. “Le concept a rencontré un vif succès”, se réjouit-t-elle.
À l’amande et au chocolat premium, Jihane veille autant aux formes qu’à la qualité. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a fait le choix de se concentrer sur un produit phare. "C’est la philosophie de ma cuisine", affirme-t-elle, expliquant qu’elle préfère faire peu, mais le faire mieux.
Loin de tout emballement festif, l’écrin des pâtisseries de cette jeune cheffe formée à Lille se révèle volontairement sélectif. D’une élégance discrète, l’univers marocain s’y exprime par le biais de saveurs millénaires.
Menthe, thé, orange confite… Les notes du Royaume ponctuent un menu pensé, dès l’origine, comme un dialogue entre la pâtisserie française et les goûts marocains.
Dans une démarche de pâtisserie responsable, Jihane profite, par ailleurs, de la saison des fruits rouges pour mettre en avant le rouge du Maroc naturellement. De couleurs vives, ils donnent parfaitement du timbre aux gâteaux et au fameux cocktail vert-rouge, Matcha Latte à la fraise. Ainsi, Gauthier, tout comme Maarif, continue d'embraser créativement l’ambiance de la CAN jusqu’au dernier souffle.
En bordure de ce quartier chic, cette même fraise locale s’invite à la finale autrement. Devant le Parc de la Ligue Arabe, haut lieu des célébrations de la fête africaine, un étal modeste rassemble. Fraises à la sauce pistache mêlées à des pommes caramélisées et “Jaban” en rouge et vert séduisent et éveillent les souvenirs.
Des étoiles de Sidi Moumen aux étoiles de Derb Kabir, passant par les cafés et clubs réaménagés et habillés pour la circonstance ainsi que l'immense village culturel africain vibrant au coeur de la métropole, les Casablancais et les Marocains n'ont pas manqué de créativité pour soutenir leurs Lions. Entre-temps, des expositions photographiques, des ateliers artistiques, des concepts originaux et des chansons désormais emblématiques ont puisé de la culture séculaire du Royaume pour contribuer à la réussite de la fête africaine. Imagination et mémoire collective, c'est ainsi que Casablanca a accompagné et clôt en beauté cette édition historique de la plus prestigieuse des compétitions continentales.
Par Hajar Erraji
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