Economie
FMI: Les infrastructures ont porté un cinquième de la croissance au Maroc
08/04/2026 - 17:30
Malak Zougagh
Les infrastructures occupent une place centrale dans la stratégie de développement du Maroc selon le FMI. Depuis le milieu des années 2000, les investissements publics ont permis d’étendre les réseaux de transport, d’énergie et les infrastructures numériques, contribuant à la diversification économique et à l’amélioration de la productivité.
Selon le rapport de l’“International Monetary Fund” qui présente les impacts macroéconomiques de l'accélération des investissements en infrastructures au Maroc, la quantité et la qualité des infrastructures ont été des facteurs déterminants de la croissance et de la productivité au Maroc par le passé.
Notant que le Nouveau Modèle de Développement de 2021 a mis l’accent sur des infrastructures de haute qualité afin de renforcer la compétitivité et l’intégration régionale. D’autant plus que la pression liée à l’urbanisation rapide, à la croissance démographique et à l’augmentation de la demande en services souligne la nécessité de poursuivre les investissements pour renforcer les capacités et réduire les écarts d’accès.
Une base énergétique prometteuse
D’un point de vue énergétique, le rapport souligne une progression marquée des capacités de production au Maroc au cours des dernières années. Cette augmentation s’appuie notamment sur une part croissante du charbon et du gaz dans le mix énergétique, permettant de répondre à une demande en hausse.
Malgré cette montée en puissance, le pays reste dépendant des importations de combustibles et d’énergie pour couvrir ses besoins. Cette dépendance s’explique par l’insuffisance de la production nationale face à la demande croissante, ce qui limite l’autonomie énergétique.
Enfin, le rapport indique que la qualité du réseau électrique, mesurée notamment par la part de l’électricité effectivement transmise et distribuée sans pertes, n’a pas progressé au même rythme que l’augmentation des capacités de production et de l’accès à l’électricité. Cette évolution traduit un décalage entre l’expansion des infrastructures et leur performance opérationnelle.
Dans “importations” il y a port…
Toujours selon le rapport du FMI, et dans un contexte logistique, les infrastructures portuaires au Maroc ont connu des progrès significatifs au cours des dernières années. La mise en service du terminal Tanger Med 1 en 2007, suivie de Tanger Med 2 en 2019, a permis une augmentation importante des capacités portuaires. Cette expansion a contribué au développement de l’activité industrielle, en particulier dans le secteur automobile.
Malgré cette progression, le volume de conteneurs traités rapporté au nombre de travailleurs reste inférieur aux moyennes régionales.
Parallèlement, le port de Tanger Med s’impose comme le premier port en Méditerranée et en Afrique en termes de capacité de traitement des conteneurs. Cette évolution s’accompagne d’une amélioration de la qualité des infrastructures portuaires, mesurée notamment par l’indice de connectivité du transport maritime. Elle reflète une intégration renforcée du Maroc dans les réseaux logistiques mondiaux, avec une diversification des lignes maritimes, des opérateurs et des types de navires.
Un impact significatif sur la productivité
Les analyses du rapport montrent que la quantité et la qualité des infrastructures ont été des moteurs clés de la croissance au Maroc. Depuis 2005, les améliorations dans ces deux dimensions ont contribué à environ un cinquième de la croissance de la productivité.
Cette contribution est supérieure à celle observée en moyenne dans les pays de la région MENA et dans les pays à revenu intermédiaire. Les télécommunications apparaissent comme le principal facteur de contribution, suivies des infrastructures portuaires.
Des reflets sur la croissance
Les simulations menées par le FMI sur l’augmentation des investissements indiquent qu’ils devraient entraîner une hausse de la productivité et du PIB réel à long terme, estimée entre 2 % et 3 %.
Ces effets sont toutefois atténués par la dépendance à des importations en matière d'investissements.
Ainsi, il est judicieux de relayer que l’impact des investissements ne dépend pas uniquement de leur volume, mais aussi de leur efficacité. Une gestion efficace des projets et une maîtrise des risques budgétaires apparaissent comme des facteurs déterminants pour maximiser les retombées économiques.
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