Economie
Le FMI table sur une croissance de 4,9 % au Maroc en 2026
12/02/2026 - 12:44
SNRTnews
En mission à Rabat du 29 janvier au 11 février dans le cadre des consultations au titre de l’article IV pour l’année 2026, une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Mme Laura Jaramillo, a dressé un tableau globalement favorable des perspectives économiques du Maroc, tout en appelant à la poursuite des réformes structurelles et à une gestion prudente des risques.
Selon le FMI, la croissance économique a atteint 4,9 % en 2025, portée par la vigueur des secteurs agricole, de la construction et des services. Cette dynamique devrait se maintenir en 2026, avec une croissance également projetée à 4,9 %, soutenue par l’investissement public et privé ainsi qu’une production agricole robuste, favorisée par une pluviométrie exceptionnelle.
L’inflation moyenne s’est établie à 0,8 % en 2025, reflétant une faible inflation alimentaire. Elle devrait progressivement augmenter pour atteindre environ 2 % d’ici mi-2027, sous l’effet des précédentes baisses du taux directeur et du renforcement de la croissance.
Le déficit du compte courant devrait se creuser de manière modérée, en raison de la forte composante importée des investissements publics accrus. Cette évolution interviendrait malgré une hausse des recettes touristiques et serait partiellement financée par une augmentation des investissements directs étrangers. Le niveau des réserves internationales demeure jugé adéquat. Les risques pesant sur les perspectives sont considérés comme globalement équilibrés, incluant notamment un éventuel ralentissement de la zone euro et une volatilité des prix des matières premières, indique un communiqué du FMI.
Des marges budgétaires à consolider
Les recettes fiscales ont atteint 24,6 % du PIB en 2025, enregistrant une progression notable au cours des deux dernières années grâce aux réformes fiscales et à l’amélioration de la gestion des recettes. Le déficit du gouvernement central a été ramené à 3,5 % du PIB, contre une prévision budgétaire de 3,8 %.
Une partie de la surperformance des recettes a été affectée à des investissements supplémentaires et à des transferts aux établissements et entreprises publics. Le FMI recommande toutefois de mettre en réserve au moins une fraction de ces recettes excédentaires afin de renforcer les marges budgétaires. Associée à une reconfiguration des dépenses, cette approche permettrait également d’accroître l’investissement dans le capital humain.
La mission note une amélioration continue de l’accès à l’éducation, aux services de santé et à la protection sociale pour les plus vulnérables, et encourage l’accélération des réformes en cours dans ces domaines. Elle souligne que l’accélération de l’investissement public doit s’accompagner d’une gestion prudente des risques budgétaires et économiques, ainsi que d’un renforcement des investissements dans la santé et l’éducation.
Renforcement du cadre budgétaire et vigilance financière
Le FMI salue les progrès réalisés dans le renforcement du cadre budgétaire à moyen terme et dans la gestion de l’investissement public, notamment les démarches visant l’adoption d’une nouvelle règle budgétaire. Il appelle à poursuivre les efforts pour identifier, quantifier et surveiller systématiquement les risques budgétaires, en particulier ceux liés aux établissements et entreprises publics, avec une meilleure communication dans le cadre du budget à moyen terme.
Sur le plan monétaire, l’institution estime que l’orientation globalement neutre de la politique monétaire demeure adaptée dans un contexte d’inflation maîtrisée. Elle encourage Bank Al-Maghrib à poursuivre la transition vers une plus grande flexibilité du taux de change, en lien avec l’objectif de ciblage de l’inflation, tout en communiquant clairement sur le calendrier et la hiérarchisation des objectifs.
La mission se félicite également des réformes visant les créances en souffrance et préconise la poursuite des efforts pour renforcer la résilience du système financier face aux risques émergents.
L’emploi au cœur des priorités
La création d’emplois durables reste un défi majeur, selon le FMI. L’institution appelle à des réformes favorisant un secteur privé plus dynamique et un marché du travail plus réactif. L’accélération des réformes des établissements et entreprises publics, en vue d’améliorer leur performance et leur gouvernance, est jugée essentielle pour renforcer la concurrence et assurer la neutralité du marché entre entreprises publiques et privées.
Le FMI salue le ciblage plus précis du soutien financier et technique aux TPME, à travers la Charte d’Investissement, les Centres régionaux d’investissement, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et la nouvelle Charte TPME. Il encourage un suivi étroit des résultats en matière d’emploi.
La mission se félicite également de la mise en œuvre continue de la « Feuille de route pour l’emploi 2030 », destinée à réduire le chômage grâce à la modernisation des politiques actives du marché du travail et à un soutien accru aux jeunes non diplômés. Des mesures complémentaires sont toutefois jugées nécessaires pour remédier à l’inadéquation des compétences.
L’équipe du FMI a indiqué avoir échangé avec des hauts responsables du gouvernement marocain, de Bank Al-Maghrib ainsi qu’avec des représentants des secteurs public et privé, et a remercié les autorités pour la qualité des discussions.
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