Art & Culture
Hajar Azell, une écrivaine qui a de l’art plein les yeux
18/05/2025 - 23:17
Khaoula Benhaddou
A l’âge de 33 ans, Hajar Azell fait son entrée dans la cour des grands. Cette écrivaine qui a déjà à son actif deux romans et plusieurs écrits, fait partie des six finalistes du prix littéraire du Quai d’Orsay. Portrait
Avec son intelligence implacable et son esprit déterminé, Hajar Azell a une foi inébranlable dans son destin.
Née à Rabat en 1992, Hajar Azell a affuté très jeune son intérêt pour le beau. Fascinée par l’art et la littérature, la jeune décide de s’envoler à Paris en 2010 pour plonger dans l’univers artistique et faire ses études en philosophie et en management.
En 2013, alors qu’elle est encore étudiante, elle rejoint le webmagazine Onorient, un média indépendant qui détecte, diffuse et transporte l’élan créatif du Maghreb et du Moyen-Orient et des diasporas.
Son don précoce pour l’écriture l’introduit dans les cercles littéraires et lui ouvre les portes des journaux. Petit à petit, la jeune passionnée travaille comme consultante indépendante et enseigne parallèlement à l’université.
Celle qui se décrit comme auteure et entrepreneure culturelle prend vite un ascendant sur les jeunes de son âge en publiant en 2021 "L’Envers de l’été".
Publié aux Edition Gallimard, ce roman est un voyage aux confins d’une terre familière et d’une mémoire familiale sous l’ardent soleil méditerranéen. Ce livre poignant a été en lice pour le prix Senghor du premier roman.
En février 2025, la jeune lève le voile sur son 2e roman "Le sens de la fuite" paru également aux Editions Gallimard. Cette œuvre raconte l’histoire d’Alice, une jeune reporter à la soif de liberté et de vérité. De Beyrouth à Paris en passant par Le Caire et la Syrie, elle se frotte aux révolutions arabes, aux bouleversements politiques et aux relations humaines.
Finaliste du prix littéraire du Quai d’Orsay
Avec son deuxième roman "Le sens de la fuite", Hajar Azell figure parmi la prestigieuse liste des finalistes du prix littéraire du Quai d’Orsay.
Ce nouveau prix francophone, présidé par le journaliste Pierre Haski (également président de Reporters sans frontières), s’inscrit dans une volonté de rapprocher diplomatie et création littéraire.
Hajar Azell fait ainsi parti d’une liste de six finalistes qui ont été sélectionné après un processus rigoureux d’examen mené par un comité de 140 grands lecteurs volontaires issus du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, ainsi que de l’Institut français et d’institutions partenaires.
Contactée par SNRTnews, Hajar Azell ne cache pas sa joie; "c’est très réjouissant d’être reconnue pour ce texte sur lequel je me suis beaucoup documentée. C’est aussi une occasion qui va donner une belle visibilité pour ce texte sur lequel j'ai beaucoup travaillé".
Et d’ajouter: "Ce qui me touche particulièrement, c'est que ce soit un prix dont le jury est présidé par Pierre Haski qui un homme exceptionnel et qui est également composé d’auteurs que j'admire énormément comme Marie Ndiaye, Barabara Cassin et Alexis Jenni".
Une écrivaine engagée
Engagée, la jeune écrivaine se dévoile grâce à ses écrits; "dans mon livre, j’essaye de lier la construction de soi avec les grands événements de l'histoire collective. C'est quelque chose qui me passionne et que je vais continuer d’explorer dans la suite de mes textes".
Et d’ajouter: "en ce qui concerne l’inspiration, Il y a des choses qui sont mystérieuses, qui nous échappent, qui viennent un peu du cœur, donc qui ne sont pas forcément maîtrisées. Mais je dirais qu’il y a deux choses qui m’inspirent. Il y a le mouvement, puisque mon écriture est assez reliée à la question du voyage, du déplacement, j'aime toujours trouver une façon de recréer du voyage et du mouvement dans mes textes. Et la deuxième chose, c'est vraiment la question de l'histoire collective. De quoi on hérite? Quels sont nos héritages?, qu'ils soient culturels, politiques ou familiaux? Et en quoi ces héritages raisonnent?", explique l’écrivaine qui se trouve actuellement en résidence d’écriture pour préparer son 3e roman.
Une œuvre qui se déroulera cette fois-ci au Maroc et qui jettera la lumière sur un écrivain tangérois; "mon prochain roman va tourner autour d’Abdelkader Chatt. C’est un écrivain tangérois qui a été effacé de l'histoire littéraire. Il s’agit du premier à avoir écrit en français. Son histoire me passionne", conclut la jeune écrivaine.
Pour rappel, le lauréat du prix Quai d’Orsay se verra récompensé d’une dotation de 10.000 euros, mais les six finalistes auront la possibilité de suivre un ambassadeur dans le monde pendant une semaine suite à laquelle ils devront rendre une production écrite (court texte, début de roman ou autre création).
Les villes envisagées pour l’instant sont Athènes, Bangkok, Belgrade, Bogota, Bucarest, Dakar, Istanbul, Le Caire, Ho Chi Minh, Nairobi, Ottawa, Prague, Rabat, Séoul, Tunis et Varsovie.
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