Société
Hausse des frais de scolarité: que pensent les fédérations des parents d’élèves?
11/01/2023 - 16:54
Khaoula Benhaddou
Les frais des écoles privées sèment à nouveau la panique dans les rangs des parents d’élèves. Ces frais risquent de connaitre une nouvelle fois une augmentation dès le 1er septembre 2023. Cette décision serait justifiée par l’augmentation de l’impôt sur le revenu pour les enseignants vacataires.
Le torchon risque de bruler à nouveau entre les parents d’élèves et les écoles privées. Ces derniers menacent d’augmenter les frais de scolarité dès la prochaine rentrée à cause de la nouvelle loi de Finances 2023.
Cette nouvelle loi a institué une hausse de l’IR des enseignants vacataires pour passer de 17% à 30% conformément à l’article 58 du code général des impôts. Cette revalorisation de l’IR des enseignants, conduira automatiquement à une augmentation des frais de scolarité comme l’explique un directeur d’un groupe scolaire privé: "Nous sommes dans l’obligation d’augmenter les frais de scolarité dès la rentrée prochaine pour faire face à cette revalorisation de l’IR qui a augmenté de 13 points. C’est la seule solution qui nous reste pour faire face à cette situation pour éviter une dégradation de la qualité de l’éducation dans nos écoles privées".
La décision d’augmenter les frais de scolarité dès la rentrée prochaine aurait également était annoncée par la Fédération de l’enseignement privé relevant de la CGEM.
Entre rejet et appel à protéger les familles
Cette décision est catégoriquement rejetée par Ali Fanach, président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves du Maroc (FNAPEM). "En réalité cette augmentation n’est qu'un prélude à sa mise en place par des institutions privées, ou pour dire explicitement il n'y a pas de fumée sans feu". Et d’ajouter "Il y a une augmentation des impôts de 17% à 30% sur les salaires dans les établissements privés, et il peut être considéré comme logique que les salaires soient soumis à l'impôt sur une base égale, mais pas au détriment du simple consommateur. Cela aura certainement un effet négatif sur les familles en raison des conditions économiques que traverse le pays".
Le responsable confirme que "la Fédération nationale des associations de pères et mères d'élèves du Maroc appelle le gouvernement qui a brandi le mot d'ordre de l'Etat social à intervenir à travers le Conseil de la concurrence pour protéger les familles. Surtout quand on sait que le ministère n'a pas suffisamment d'autorité sur l'enseignement privé pour lui imposer sa tutelle". Avant d’ajouter: «Certes, nous interviendrons pour contrer cette augmentation, et le bureau national de la Fédération en est conscient et suit avec intérêt ce qui se passe, nous espérons que cette décision ne sera pas appliquée."
Le démenti de l'association des parents
Pa ailleurs, le président de l'Association des parents d’élèves dans le secteur privé, Mohamed Nhili, a démenti catégoriquement cette décision: "Pour le moment aucun communiqué n’a été publié concernant cette augmentation. Il s’agit seulement des rumeurs publiées souvent à cette période de l’année pour semer la panique dans les cœurs des parents", et d’ajouter :"Certes il y a eu des articles de presse sur le sujet, mais pour le moment aucune annonce officielle n’a été faite. Avant de débattre le sujet, nous devons avoir un communiqué officiel ou une réaction du ministère" ,conclut notre interlocuteur
A l'écriture de ces mots, aucun communiqué officiel n'a été publié à ce sujet. Affaire à suivre.
Articles en relations
Société
Politique
Vrai ou Fake
Société