Société
"Health Tech", le défi de l'avenir pour renforcer le système de santé
01/06/2021 - 13:19
Siham Khallouf (stagiaire) | Morad Karakhi
L'utilisation de la technologie dans le domaine de la santé, ou ce qu'on appelle la "Health Tech", permettra au Maroc, entre autres, de renforcer son système sanitaire et faire face au grand déficit en ressources humaines -médicales et infirmières- en plein période de généralisation de la couverture médicale. Explications.
L'important déficit en ressources humaines, le faible taux d'encadrement médical et la répartition géographique inéquitable des soignants … font partie des défis majeurs que doivent relever les autorités sanitaires pour s’assurer de la réussite du grand chantier de généralisation de la couverture médicale de base. Selon les données disponibles, le nombre de médecins et d'infirmiers au Maroc ne couvre que 53% des besoins des Marocains.
Dans cette optique, Najib Guedira, expert international spécialisé des questions sociales et ancien directeur de l'Agence de développement social, a révélé que la généralisation de la couverture médicale universelle pose de nombreux défis liés notamment à la disponibilité des ressources humaines qualifiées et à leur répartition géographique. Il explique dans ce sens que l’utilisation des nouvelles technologies du secteur de la santé, "Health tech", peut contribuer à faciliter l'accès aux services de santé et réduire la pression sur le système sanitaire national.
"Le Maroc a pris des mesures importantes à cet égard, notamment dans le cadre de l'échange d'expériences et de l'importation des technologies de France et de Belgique", annonce Najib Guedira, lors d’une intervention à l’émission "Les mardis du PCNS" du Policy Center for the New South (PCNS).
Même son de cloche chez Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé. Pour lui, les technologies modernes ont montré des résultats positifs au niveau mondial, car "elles aident au gain du temps et d'argent et à accroître la qualité de traitement et des soins prodigués aux patients".
Cette technologie permet au patient de consulter son médecin traitant sans avoir à se déplacer à un milieu hospitalier. Aussi, les médecins peuvent consulter des médecins étrangers et profiter de leurs expériences sur des cas compliqués, explique davantage Tayeb Hamdi, contacté par SNRTnews. Selon lui, "des études scientifiques ont prouvé que ces technologies permettent au médecin de gagner 15 heures de travail par semaine".
Au niveau national, notre interlocuteur a révélé que l’utilisation des nouvelles technologies dans le secteur de la santé peut contribuer grandement au succès du projet de généralisation de la couverture médicale universelle et plus globalement à la réforme du système national de santé. Par conséquent, les citoyens, en particulier les résidents des zones reculées, ne seront pas obligés de se déplacer et peuvent effectuer des contrôles à distance.
Pour Hamdi, le Maroc est appelé à accélérer l’intégration des nouvelles technologies dans le secteur sanitaire. "Contrairement à la croyance dominante selon laquelle les technologies modernes sont élitistes et coûteuses, l'expérience a montré que la technologie peut s’implanter rapidement même dans les zones les plus reculées à l’instar des technologies de télécommunication ou d’Internet ", argue le médecin. Et d’ajouter : "La technologie moderne reste l'une des solutions pour démocratiser l’accès de tous les citoyens aux soins de santé".
Pour mettre en place cette nouvelle technologie, il importe de former les soignants de manière à leur permettre de se familiariser avec cette technologie, et doter les structures sanitaires, particulièrement les centres de santé sis dans les zones reculées, des supports technologiques permettant de profiter de ces nouveaux outils, explique Tayeb Hamdi.
Qui plus est, des campagnes de sensibilisation doivent être lancées pour impliquer activement les citoyens dans ce grand chantier. Sans oublier la mise à la disposition des médecins des outils de communication nécessaires pour mener à bien ce projet. Ces outils doivent répondre aux exigences scientifiques, éthiques et légales, afin de maintenir le secret professionnel, et d'assurer la qualité du service fourni.
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