Art & Culture
“Homebound” au FIFM: Le réalisateur Neeraj Ghaywan et ses acteurs conquis par la chaleur marocaine
06/12/2025 - 21:24
Mohammed Fizazi | Hamza BAMMOUPrésenté lors de la 22e édition du Festival International du Film de Marrakech (FIFM), « Homebound », le nouveau long-métrage du cinéaste indien Neeraj Ghaywan, a profondément ému le public marrakchi. Le réalisateur et ses acteurs principaux, Ishaan Khatter et Vishal Jethwa, ont salué, dans un entretien avec SNRTnews l’accueil exceptionnel du Maroc et affirmant leur foi en un cinéma profondément humain et universel.
Neeraj Ghaywan souligne d’emblée la chaleur de Marrakech : s’il n’a pas encore rencontré beaucoup d’habitants, chaque interaction lui a paru "joyeuse, accueillante, aidante". Un souvenir l’a particulièrement marqué : le trajet depuis l’aéroport, où l’équipe a spontanément dansé avec leur chauffeur, signe d’une atmosphère "tellement fun". Pour lui, le FIFM est "probablement le festival le plus chaleureux" auquel il ait participé, un lieu où l’on ressent un véritable esprit de communauté autour du cinéma.
La projection de "Homebound" a réuni 1.400 spectateurs. Pour Vishal Jethwa, une telle affluence est "une validation" forte : celle d’un public venu par amour du cinéma. Ishaan Khatter dit avoir ressenti un immense soutien, rappelant l’accueil chaleureux réservé la veille à une conversation avec le cinéaste indien Karan Johar, preuve d’un véritable échange culturel entre le Maroc et l’Inde.
Interrogés sur l’unicité de "Homebound", les acteurs insistent sur sa sincérité. Pour Ishaan Khatter, l’essence du film repose sur une amitié profondément réelle, loin des modèles classiques du cinéma indien. Vishal Jethwa ajoute que la force du récit tient à des questions ancrées dans la ruralité indienne, souvent invisibles dans le cinéma populaire : dignité, pauvreté, discrimination, recherche d’un avenir possible.
Neeraj Ghaywan précise que l’amitié au cœur du film naît d’une oppression commune : elle unit un jeune Dalit et un jeune musulman, deux communautés marginalisées. "Leur connexion est une forme de résistance".
Le réalisateur s’attarde sur le contexte post-pandémique, marqué selon lui par une montée de la haine et de l’intolérance, entre langues, cultures, religions et identités. Avec "Homebound", il espère encourager une vision plus empathique du monde: "Nous pouvons ne pas être d’accord, mais nous ne devons pas nier l’humanité qui nous relie".
Parmi ses inspirations, Neeraj Ghaywan cite Satyajit Ray, Ken Loach, les frères Dardenne, Michael Haneke, Federico Fellini et Abdellatif Kechiche. Pour lui, "le cinéma mondial ouvre des fenêtres sur d’autres pays", et la globalisation culturelle est une chance à saisir.
Tous trois défendent l’idée d’un cinéma sans frontières, capable de rapprocher les peuples. Ishaan Khatter rappelle que le public marocain connaît déjà le cinéma hindi et ses grandes figures, de Karan Johar à Shah Rukh Khan, preuve d’un échange culturel vivant entre Marrakech et l’Inde.
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