Société
Immigration clandestine: la coopération Maroc–Espagne fait chuter les arrivées en 2025
05/01/2026 - 16:08
Khaoula Benhaddou
Après une année 2024 marquée par une forte pression migratoire, l’Espagne enregistre en 2025 une baisse historique des arrivées irrégulières. Les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur confirment un recul spectaculaire, largement attribué au renforcement de la coopération avec le Maroc.
Le bilan annuel publié par le ministère espagnol de l’Intérieur met en lumière une transformation majeure des flux migratoires en 2025. Au 31 décembre, les données font état d’une baisse globale de plus de 42% des arrivées irrégulières par rapport à l’année précédente.
Une décrue particulièrement visible sur la route atlantique, notamment aux îles Canaries, longtemps considérées comme l’épicentre de l’immigration clandestine vers l’Espagne.
Au total, 36.775 migrants sont arrivés sur le territoire espagnol en 2025, contre 64.019 en 2024, soit une diminution de 42,6%.
Les Canaries, symbole d’un tournant
Le point le plus marquant du bilan concerne l’archipel des îles Canaries. En 2025, 17.788 personnes ont atteint ses côtes, contre 46.843 l’année précédente, soit une chute de 62%. Le nombre d’embarcations interceptées ou arrivées à destination a suivi la même tendance, passant de 692 à seulement 263 en un an. Une baisse qualifiée de "majeure" par les autorités espagnoles, qui y voient le résultat direct d’une surveillance maritime renforcée.
Des frontières terrestres plus étanches
La situation s’est également stabilisée aux frontières terrestres de Sebta et Melilla. À Sebta, les arrivées par voie maritime ont quasiment disparu, enregistrant une baisse de 85,7%. De manière générale, les entrées irrégulières par les frontières terrestres sur l’ensemble du territoire espagnol ont reculé de plus de 30%, confirmant un durcissement des contrôles aux points sensibles.
Les Baléares, exception à la tendance
Si la tendance générale est à la baisse, une zone géographique a connu une recrudescence des arrivées, il s’agit des îles Baléares. Contrairement au reste du pays, cet archipel a enregistré une hausse de 24,5% des arrivées par mer, avec 7.321 immigrants recensés en 2025 contre 5.882 l'année précédente.
Un rôle clé de la coopération avec le Maroc
Le Maroc et l’Espagne ont développé une coopération "exemplaire" en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Une coopération qui a été largement applaudie par les responsables des deux pays mais aussi par les ONG qui travaillent dans le secteur.
Depuis plusieurs années, les deux pays ont intensifié les échanges de renseignement, les opérations conjointes de surveillance maritime et le renforcement des patrouilles sur leurs zones côtières respectives. Plusieurs réseaux de passeurs ont été démantelés grâce à la coopération des services des deux pays.
Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a affirmé à plusieurs reprises que "l'évolution des relations bilatérales ces dernières années est remarquable", notant que cette dynamique s’est traduite par une coopération particulièrement efficace dans le domaine de lutte contre la migration irrégulière, le terrorisme international et les réseaux criminels organisés.
Pour sa part le ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a mis en relief, en décembre dernier, la coopération bilatérale en matière migratoire, qui a permis une réduction de 60% des arrivées irrégulières aux îles Canaries, indiquant que la route migratoire passant par l’Espagne et le Maroc enregistre les taux les plus bas d’Europe.
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