Sport
Indépendance: quand le sport marocain lutte contre l'occupant français
18/11/2021 - 13:43
Amine Oubaha | Youness El Kherrachi
Outre la résistance armée, le sport et notamment le football ont grandement contribué à la lutte contre l’occupant français. Pendant cette période, des clubs ont vu le jour pour remplir leur devoir national et marquer l’histoire du Maroc contemporain d’une pierre blanche.
Des clubs sportifs marocains de football ont vu le jour pour un seul et ultime objectif : expulser la puissance coloniale française et conduire le Royaume vers l’indépendance. Le sport et en particulier le football a permis aux militants marocains d’étendre leur mouvement de résistance et d’investir les terrains pour persister dans leur militantisme.
Le sport marocain, une naissance purement française ?
À l’ère coloniale, les autorités françaises ont certes procédé à la modernisation du sport marocain. Toutefois, ils ont œuvré à faire disparaître toutes les disciplines sportives ancestrales purement marocaines.
Dans son livre « Histoire du sport au Maroc », le chercheur Abdellah Rochd affirme que "les colonisateurs français ont tenu à éradiquer les sports traditionnels, ancrés dans la culture de la société marocaine comme l’escrime, la lutte qui les considéraient comme des sports de guerre et rendre la Fantasia (cavalerie) comme un sport spectaculaire, pratiqué par les cavaliers marocains pour divertir les militaires français".
Bien qu’ils aient été les auteurs de cette modernisation, les Français se sont vus pourtant dépassés par le mouvement de résistance naissant dans les terrains de foot, grâce à des intellectuels nationaux qui ont fondé des clubs de football, en vue d’inciter les jeunes marocains à rejoindre le Mouvement.
Des clubs militants
Joints par SNRTnews, Moncef El Yazghi, chercheur marocain et spécialiste en politique du sport raconte que la création des clubs sportifs ou des associations exerçant des activités sportives s’effectuait selon des procédures compliquées, mises en place par les autorités françaises.
Malgré cela, des nationaux faisant partie de l’élite intellectuelle marocaine ont réussi subtilement à contourner les lois et fonder des clubs marocains, interpellant ainsi les jeunes à s’unir pour la cause nationale et s’engager dans la résistance.
Premier trait de cette mobilisation : l’émergence du Wydad Athletic Club qui a été fondé par Mohammed Benjelloun et Belhacen Laafani (connu sous le nom de Père Jego). Ce fut un premier acte courageux par lequel les Marocains commençaient à déstabiliser les occupants français.
Le Wydad représentait un symbole d’unité et de résistance pour tous les Marocains qui le supportaient dans toutes villes, compte tenu de sa grande popularité qu’il a pu gagner, grâce à ses consécrations footballistiques réalisées au détriment de ses adversaires.
Outre le Wydad, plusieurs clubs ont été créés pour s’aligner auprès des équipes résistantes. On évoque ici Mouloudia Boutouil, club fondé par la martyr Zerktouni, Maghreb Al Aksa équipe qui était basée à Tanger, Racing Athlétic Club (1917), Union Sportive Marocaine (1913), et le Stade Marocain (1919).
La Ligue libre marocaine
La fondation de l’équipe du Mouloudia de Boutouil par le martyr Mohammed Zerktouni incarne parfaitement le grand rôle qu’a joué le sport dans la résistance marocaine. Zerktouni a été également un des fondateurs de la Ligue Libre marocaine, aux côtés d’Abderhmann Belmejdoub, Abderhman El Youssfi et Abdeslam Bennani.
Cette Ligue avait pour objectif d’organiser une compétition purement marocaine, question de crée une instance opposée à la Fédération française de football.
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