Société
Journée nationale de lutte contre le cancer : Un engagement soutenu pour sauver des vies
22/11/2025 - 18:46
MAP
Le 22 novembre de chaque année, le Maroc célèbre la Journée nationale de lutte contre le cancer, l’occasion de sensibiliser à l’importance de la prévention et du dépistage et de mettre en lumière les progrès réalisés par le Royaume en matière de lutte contre cette pathologie redoutable.
Représentant l’une des principales causes de décès dans le monde, le cancer constitue un véritable problème de santé publique, notamment au Maroc où plus de 50.000 nouveaux cas sont recensés annuellement.
Selon le dernier rapport du Registre des cancers du Grand Casablanca (2018-2021), le cancer féminin le plus fréquent est celui du sein avec 39,1% des cas enregistrés, devant le cancer de la thyroïde (11,9%), le cancer colorectal (7,7%) et celui du col de l’utérus occupant le quatrième rang avec 6,5%.
Côté hommes, la localisation la plus fréquente est le cancer du poumon, avec 25,8% des cas enregistrés, suivi par celui de la prostate (14,1%) et le cancer colorectal (9,9%).
D’après l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de personnes touchées par cette pathologie devrait augmenter à travers le monde, pour atteindre plus de 35 millions de nouveaux cas en 2050, soit une hausse de 77 % par rapport aux 20 millions enregistrés en 2022.
Conscient de la nécessité d’agir face à cette maladie qui obsède les plus grands scientifiques, le Maroc a érigé en priorité de santé publique le combat contre le cancer, en vue de réduire la morbidité et la mortalité imputables aux tumeurs malignes, de redonner espoir aux malades et d’améliorer leur qualité de vie.
En effet, la lutte contre le cancer au Maroc a connu une profonde restructuration depuis 2010, année où le Royaume s’est doté du premier Plan national de prévention et de contrôle du cancer (PNPCC) 2010-2019.
Fondé sur une approche inclusive, intégrée et centrée sur le patient, ce plan a permis de réaliser des avancées notables, à travers notamment la mise en place d’un dispositif structuré de détection précoce des cancers du sein et du col de l’utérus.
Ce dispositif ne cesse d’ailleurs de se renforcer dans le cadre du deuxième plan 2020-2029 (PNPCC2) qui met un accent particulier sur la prévention et l’amélioration de la qualité des soins.
De nombreuses campagnes de dépistage précoce sont ainsi organisées à travers le Royaume afin d’atténuer le fardeau de cette maladie, en identifiant tôt les cas asymptomatiques présentant des anomalies évocatrices de tumeurs malignes.
"Les chances de guérison d’un cancer dépendent de plusieurs facteurs, dont la biologie de la tumeur, le traitement suivi, l’environnement familial du patient, mais aussi et surtout le stade du diagnostic", explique la cancérologue Dr Kawtar El Hassani.
Approchée par la MAP, la spécialiste souligne que le diagnostic précoce du cancer augmente significativement les chances de guérison. Détectée tôt, la maladie peut être efficacement traitée, ce qui améliore la probabilité de survie et réduit le coût du traitement.
Dans cette optique, le ministère de la Santé et de la Protection sociale multiplie les caravanes médicales et les campagnes de sensibilisation et de prévention qui expliquent comment détecter les premiers signes de la maladie et informent sur les facteurs de risque, les tests de dépistage disponibles et l’âge auquel ils doivent être réalisés.
Ces campagnes sensibilisent également à l’importance de la vaccination des filles âgées de 11 ans contre le papillomavirus humain (HPV), cause principale du cancer du col de l’utérus.
L’accès généralisé à ce vaccin, introduit en octobre 2022 dans le calendrier vaccinal national, permettrait, selon l’OMS, d’éliminer ce type de cancer qui coûte chaque année la vie à plus de 350.000 femmes dans le monde.
Outre le renforcement de la prévention, le Maroc s’emploie résolument à améliorer la prise en charge des patients, à travers notamment la formation de professionnels spécialisés en oncologie, l’élargissement de la couverture sanitaire et l’ouverture de centres de traitement dans plusieurs régions du Royaume.
Les actions entreprises dans ce sens englobent notamment la mise en place de 57 centres de référence de santé reproductive, 12 centres régionaux d’oncologie et deux pôles d’excellence en oncologie gynéco-mammaire, au sein des CHU de Rabat et de Casablanca, outre la mobilisation de 27 unités mobiles de mammographie, en vue de rapprocher les services des populations vivant dans les zones reculées.
Résultat. Un meilleur accès aux soins
"L’ouverture de nouveaux centres d’oncologie et de radiothérapie et l’équipement des principaux centres hospitaliers en plateaux techniques modernes pour la chirurgie oncologique, la radiothérapie et l’oncologie médicale ont permis d’améliorer l’accès au diagnostic, aux traitements modernes et aux thérapies innovantes, telles que les thérapies ciblées, les hormonothérapies modernes et l’immunothérapie", se réjouit Dr El Hassani.
La spécialiste fait également état d’un essor notable de la recherche en oncologie porté par diverses institutions nationales, telles que l’Institut de Recherche sur le Cancer (IRC) à Fès et le Centre Mohammed VI de la Recherche et de l’Innovation à Rabat (CM6RI).
Cette dynamique a favorisé l’accès des patients à des traitements de qualité et permis d’améliorer la prise en charge palliative, qui vise à soulager la douleur et à accompagner psychologiquement le patient, contribuant ainsi à un changement de la perception du cancer, autrefois considéré comme une maladie incurable.
Toutefois, la prévention reste la stratégie la plus efficace à long terme pour combattre cette pathologie. Selon l’OMS, 30 à 50 % des décès pourraient être évités en réduisant les facteurs de risque comme le tabagisme et la consommation d’alcool, et en adoptant un mode de vie sain alliant alimentation équilibrée, activité physique régulière et dépistages.
Les spécialistes recommandent également de se protéger contre les rayons ultraviolets du soleil dont l’intensité augmente d’environ 10 % tous les 1.000 mètres de dénivelé en montagne et peut être doublée sur des surfaces réfléchissantes comme la neige qui renvoie jusqu’à 80 % du rayonnement.
"L’application quotidienne des produits de protection solaire s'impose tout au long de l'année et non seulement lorsque le temps est ensoleillé, vu que les UV atteignent la peau même en hiver ou lorsque le ciel est couvert, augmentant ainsi les risques de cancer de la peau”, avertit la dermatologue Jihane Benahmed.
En somme, la Journée nationale de lutte contre le cancer est une occasion de rappeler que la vigilance, la prévention et la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes, gouvernement, professionnels de la santé et tissu associatif, restent primordiales pour faire reculer la maladie et sauver les vies.
Par El Fatini Fatine
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