Société
L’orientation post-bac : ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut éviter
24/06/2021 - 10:14
Siham Khallouf (stagiaire) | Nidal Erradi
La plupart des étudiants qui réussissent les épreuves du baccalauréat ont du mal à déterminer leur cheminement scolaire et puis professionnel. Ils sont souvent submergés par un sentiment de peur et de confusion ce qui rend indispensable l’intervention des professionnels de l’orientation. Quelle voie choisir ? Quelles sont les erreurs à éviter ? Réponses.
L’annonce des résultats du baccalauréat est synonyme de joie pour une grande partie des élèves qui sont parvenus à réussir leurs épreuves avec panache. Une joie méritée puisqu’elle est le résultat d’au moins deux années de labeur et de persévérance. Toutefois, ce sentiment d’hilarité laisse vite place à tant d’angoisse et plusieurs interrogations : "Que vais-je faire baccalauréat en poche ?", "Pour quelle formation académique dois-je opter ?", "Mon choix sera-t-il pertinent et surtout me permettra-t-il d’assurer un bon avenir professionnel ?".
Pour répondre à ces questions, et tant d’autres, SNRTnews a contacté Abdelmoujib El Mourabit, coordonnateur de l'Unité centrale d'information et d'orientation, au ministère de l'Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, pour clarifier les critères déterminants d’une orientation appropriée après l'obtention du baccalauréat.
Tout commence au collège
Abdelmoujib El Mourabit nous indique que la méthodologie d'orientation post-bac se prépare dès le début de la formation secondaire collégiale. Au cours de cette étape, le parcours d'études qui convient aux ambitions de l'étudiant et ses capacités est choisi, à travers le choix du tronc commun, et ensuite de la filière. Ces choix se font en se basant sur l’excellence de l'étudiant dans des matières données et des filières spécifiques.
Un choix éclairé permet à l’élève d’éviter les erreurs relatives à l’orientation post-baccalauréat. "La majorité des étudiants, en particulier ceux qui obtiennent une bonne ou très bonne moyenne générale, se limite à choisir entre la Faculté de Médecine, l'ingénierie, ou rejoindre certains établissements simplement parce qu'ils ont une réputation largement répandue. Je peux dire que la société, à son tour, contribue à valoriser certaines disciplines ou universités du seul fait de leur réputation, au détriment d'un ensemble de disciplines qui peuvent être plus bénéfiques pour l'étudiant", explique El Mourabit.
Une orientation compatible avec le NMD
Devenir médecin, ingénieur ou lauréat d’une grande école de commerce est un rêve qui accompagne une grande partie des élèves marocains. Toutefois, cela pourrait ne pas répondre aux besoins du marché du travail dans un pays qui s’apprête à se mettre sur la bonne voie du développement. Pour le responsable de l'information et de l'orientation au département de Saaïd Amzazi, il est important de prendre en considération les grands changements que connaît le Royaume et dont les contours sont tracés à traits forts par le Nouveau modèle de développement (NMD).
Ce modèle comporte des signaux forts, montrant les évolutions que le pays connaîtra aux niveaux économique, touristique et des énergies renouvelables, en plus du statut des entreprises et la place prépondérante qu’occupent, et occuperont, les nouvelles technologies. "Les changements liés au développement que connaîtra le pays vont certainement créer le besoin en ressources humaines et en compétences qualifiées et non classiques, pour s'engager professionnellement dans divers secteurs qui connaîtront de profondes restructurations". El Mourabit souligne aussi l'importance de l'autoentrepreneuriat, appelant les étudiants à réfléchir à se diriger vers le domaine entrepreneurial, qui devrait occuper une place incontournable à l'avenir.
Les notes, un critère d'excellence ?
El Mourabit se prononce aussi sur l’"inflation des notes". Pour lui, l'obtention d'une bonne moyenne générale permet à l'étudiant d'accéder aux universités et aux établissements à accès régulé, sans toutefois garantir son excellence dans le parcours académique ni professionnel.
"L'obtention d'une moyenne générale de 18/20 peut ne pas permettre au candidat désirant intégrer une grande école d’y parvenir si la moyenne minimale exigée est de 18,10/12", fait remarquer l’expert orientation qui appelle les étudiants "à ne pas s’accrocher à une faculté ou une école supérieure en particulier juste, car ils ont obtenu de bonnes moyennes générales". Solution ? "Il convient d’éviter la frustration en se fixant des solutions alternatives dans le même secteur de formation", répond El Mourabit.
El Mourabi fait aussi remarquer que certains étudiants, qui ont réussi les examens du baccalauréat, ne parviennent pas à faire le distinguo entre un passe-temps et un domaine d'études qui pourrait déterminer le cheminement de carrière de l'étudiant à l'avenir. Il a noté dans ce sens que l'orientation devrait être effectuée selon des critères logiques et pédagogiques, mais aussi selon les capacités de l'étudiant.
Tenir compte de la pandémie
Dans un autre contexte, le chargé de l’orientation estime que la pandémie de covid-19 a prouvé qu'il n'y a pas "d'emploi stable". Il a aussi mis en évidence l'importance de "la polyvalence", indiquant que les activités des secteurs importants se sont arrêtées et leurs employés ont été contraints au chômage, car la plupart d'entre eux n’ont pas pu s’adapter à un autre métier.
À cet égard, El Mourabit met l'accent sur l'importance de développer l’esprit de polyvalence, considérant que plus le domaine de la formation de base est diversifié, plus grandes seront les chances du lauréat d'assurer un cheminement de carrière distingué.
Il conseille ainsi aux étudiants de réfléchir au développement de leurs connaissances dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), soulignant que l'importance de la technologie est devenue évidente pendant l'épidémie et devrait dominer une panoplie de secteurs. Il appelle également à une formation académique dans le domaine de l'informatique, ce qui aiderait l'étudiant, qui se prépare à intégrer le marché du travail, à augmenter ses avantages et ses capacités cognitives, étant donné que la plupart des secteurs dépendront de la technologie à l'avenir.
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