Société
La journée internationale de l’alphabétisation: lire, écrire et naviguer
09/09/2025 - 10:21
Meriem Khaer
Depuis 1967, le monde célèbre la journée internationale de l’alphabétisation, cette journée souligne l’importance fondamentale du droit à la lecture et à l’écriture, elle vise à sensibiliser la communauté internationale à l’ampleur du défi que représente l’analphabétisme, qui touche au moins 739 millions d’adultes dans le monde.
Cette année, la journée internationale de l’alphabétisation est célébrée sous le thème "Promouvoir l’alphabétisation à l’ère numérique", elle met en lumière l’accès à des contenus numériques à fin de les comprendre.
Dans une déclaration à SNRTnews, la sociologue, Samira Mizbar affirme que le dernier recensement de 2024 révèle un taux d'analphabétisme de 24,8% dans la population âgée de 15 ans et plus, indiquant une amélioration par rapport aux années précédentes (32% en 2014, 43% en 2004). "Pourtant, beaucoup reste encore à faire. Si la question de la généralisation a été réglée pour les niveaux du primaire au niveau national, elle est en cours d’évolution positive pour le niveau secondaire. Le problème se pose particulièrement pour le lycée et pour les jeunes filles vivant en milieu rural", explique-t-elle.
Ceci étant, le plus grand obstacle est celui du décrochage scolaire qui laisse au bord du chemin plus de 280.000 enfants en 2024 et alimente un cercle vicieux de pauvreté. Également, deux défis sont à relever de manière urgente pour ne pas passer à côté de l’objectif de faire transiter la société vers une société de savoir: la qualité des enseignements et la désarticulation entre les secteurs publics et privé qui à la fois alimentent les inégalités sociales et affaiblissent les classes moyennes. Et dans un monde qui change très vite et où la concurrence dans la recherche du bien-être est rude, il est essentiel de renforcer l’accès et la qualité du savoir transmis, qu’il soit intellectuel, technique ou pratique.
Samira Mizbar affirme que concernant l’alphabétisation des adultes, l’offre de formation est conséquente et diversifiée, portée par des acteurs publics et privés comme l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Analphabétisme (ANLCA), le ministère des Habous et des affaires islamiques et la société civile. Si ces initiatives permettent aux personnes analphabètes, notamment les femmes, de sortir de leur isolement et d’acquérir des bases, le suivi pédagogique des bénéficiaires reste à évaluer et la validation de leurs acquis reste à formaliser. "Nous pouvons, en effet, imaginer un système où une personne qui n’a pas eu la possibilité de poursuivre des études dans un moment de sa vie, pour de quelconques raisons, puisse y retourner pour obtenir plus rapidement des diplômes, à la condition de valider ses acquis", poursuit-elle.
La sociologue dévoile que "l’usage des outils numériques facilite de manière évidente l’administration de l’éducation, cela augmente les possibilités de transparence dans la gestion des cursus des apprenants et d’équité dans leurs traitements", explique-t-elle.
Cela ouvre aussi une infinité de nouvelles possibilités de management pour faciliter leur quotidien et leur futur. Ainsi, les zones historiquement enclavées pourraient être rapidement ancrées dans une dynamique éducative, pourvu de bénéficier de cadres pédagogiques ambitieux et militants, et évidemment d’une connexion au réseau.
Et d'ajouter que le sujet est plus intéressant lorsqu’on l’aborde sous le prisme pédagogique. Autant par le passé le corps pédagogique et le contrôle de l’accès aux livres permettaient de maitriser le savoir diffusé dans une société, autant la généralisation d’internet et la démocratisation des outils informatiques rendent le savoir disponible pour tous.
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