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La longévité dans le football féminin: quand l’âge rime avec performance
28/03/2026 - 17:09
Amine Oubaha
Alors que la longévité est souvent associée au football masculin, le football féminin montre également des carrières impressionnantes. Des joueuses évoluent au plus haut niveau bien après 35 ans, défiant les contraintes physiques et offrant un exemple de discipline, d’expérience et de professionnalisation.
Dans le football masculin, la longévité de carrière est souvent mise en avant. Les exemples ne manquent pas : Zlatan Ibrahimović (41 ans), Francesco Totti (40 ans), Alessandro Del Piero (39 ans), ou encore Lionel Messi (38 ans) et Cristiano Ronaldo (41 ans). Pourtant, cette capacité à durer au plus haut niveau ne concerne pas seulement les hommes.
Dans le football féminin aussi, certaines carrières semblent interminables. À l’échelle mondiale, plusieurs joueuses ont évolué après 40 ans. La longévité dans le football féminin n’est pas anodine, même si le rythme et l’intensité restent différents de ceux observés chez les hommes.
Difficile de parler longévité sans évoquer Formiga, qui a pris sa retraite à 43 ans, ou Marta, restée compétitive à 39 ans. Ces exemples soulignent les défis particuliers auxquels font face les footballeuses, notamment physiologiques, en particulier après une grossesse.
Cette réalité se retrouve aussi au niveau national. Sous la direction de Jorge Vilda, des joueuses expérimentées comme Salma Amani (37 ans), Aziza Rabbah (39 ans) ou Najat Badri (37 ans) continuent d’apporter leur contribution aux Lionnes de l’Atlas.
Ces cadres ont largement participé à la renaissance du football féminin marocain tant sur le plan continental qu’international : une participation en Coupe du monde, deux finales de la CAN avec la sélection nationale, mais aussi un titre continentale remporté avec l'AS FAR: Ligue des champions africaine.
Discipline et hygiène de vie: les clés d’une carrière durable
Pour Lamia Boumehdi, ancienne internationale marocaine et entraîneure de la sélection féminine jordanienne, la longévité des joueuses tient surtout à la discipline: "Dans le football féminin, les joueuses peuvent évoluer à haut niveau parfois au-delà de 40 ans. Elles sont généralement très rigoureuses et disciplinées. Là où certains joueurs peuvent se disperser, elles restent engagées sur l’alimentation, la récupération et l’hygiène de vie", a-t-elle indiqué à SNRTnews.
Et d'ajouter: "Même après un accouchement, elles parviennent souvent à revenir rapidement au haut niveau. Aujourd’hui, avec la professionnalisation, le football féminin est devenu une source de revenus, ce qui renforce cet engagement."
Professionnalisation et suivi individualisé : des facteurs déterminants
Selon Saad Guermane, adjoint de Jorge Vilda, le développement du football féminin permet aux joueuses de rester compétitives plus longtemps, explique-t-il à SNRTnews : "Il est désormais courant de voir des joueuses évoluer à haut niveau jusqu’à un âge avancé. Cela s’explique en grande partie par la professionnalisation récente, qui a permis une meilleure structuration du travail et un accompagnement complet."
Aujourd’hui, tout est optimisé: suivi individualisé, préparation physique adaptée, prévention des blessures et renforcement musculaire. Mais au-delà du terrain, un autre facteur joue un rôle clé: l’"entraînement invisible", repos, nutrition, récupération, sommeil, hygiène de vie, essentiel pour prolonger une carrière et maintenir un haut niveau de performance.
Avec les années, les joueuses apprennent à mieux gérer leurs efforts, à lire le jeu différemment et à compenser la baisse physique par une meilleure maîtrise stratégique, explique Saad Guermane.
Un dernier facteur explique cette longévité parfois supérieure à celle observée chez les hommes : la professionnalisation plus tardive du football féminin. Pendant longtemps, les charges de compétition ont été moins élevées, limitant l’usure physique accumulée au fil des saisons.
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