Art & Culture
Le bilan 2023 du CCM sous la loupe de Mohammed Bakrim
16/08/2024 - 11:13
Aya Lankaoui
Le Centre Cinématographique Marocain (CCM) a récemment rendu public son bilan pour l’année 2023, offrant un aperçu détaillé de l’évolution du cinéma national. Les détails avec Mohammed Bakrim, critique de cinéma.
Les résultats de 2023 ne diffèrent pas beaucoup des années précédentes, indique Mohammed Bakrim. Bien que le CCM ait mis en avant le nombre de films produits, avec plus d'une trentaine de réalisations en 2023, il est essentiel d'adopter une vision globale de ces chiffres.
Contacté par SNRTnews, Mohammed Bakrim, critique de cinéma, souligne que l’industrie cinématographique marocaine continue de souffrir de l'absence d'un véritable marché intérieur.
"Le chiffre fondamental à ce niveau c'est le nombre d'entrées, 1.700.000 entrées en 2023 et qui correspond malheureusement à un parc cinématographique qui est très réduit", a-t-il indiqué.
En effet, le critique de cinéma affirme que le Maroc ne compte que 25 salles de cinéma, contre une cinquantaine il y a quelques années. Bien que le nombre d'écrans ait augmenté, ils sont majoritairement concentrés entre les mains d'un seul exploitant et localisés dans un nombre restreint de villes, avec seulement neuf villes marocaines offrant une activité cinématographique régulière.
En ce qui concerne la présence des films marocains, ceux-ci maintiennent une forte concurrence avec les productions américaines, occupant la deuxième place en termes de nombre de films projetés (environs 60 films marocains contre 85 américains) et d'entrées (600.000 contre 790.000 pour les films américains). Toutefois, en termes de recettes, le cinéma américain domine avec 46% des parts de marché, contre 36% pour le cinéma marocain.
Les chiffres dévoilés par le CCM révèle que le réseau Megarama détient 82% du marché de la distribution au Maroc. En ajoutant les parts de CinéAtlas et Pathé Cinéma, cette proportion atteint 90%, laissant peu de place aux distributeurs marocains, qui, selon M. Bakrim, sont en train de disparaître du paysage cinématographique national.
Par ailleurs, un autre point à souligner est la prédominance du genre comique dans les films marocains les plus populaires. Les sept premières places du box-office sont occupées par des comédies.
Notre interlocuteur souligne une évolution marquante "alors qu'au début des années 2000, le cinéma marocain se caractérisait par une certaine bipolarité, avec, d'une part, des films commerciaux et populaires, et d'autre part, des œuvres d'auteurs, la tendance actuelle est à la polarisation autour du cinéma commercial".
Et d’ajouter "cette évolution, bien qu'elle ne soit pas fondamentalement négative, se fait au détriment de la diversité qui caractérise la production cinématographique marocaine. Un exemple frappant de cette situation est le nombre d'entrées dérisoire (à peine une soixantaine) pour un film marocain primé à Cannes".
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