Art & Culture
Le Festival de Marrakech 2025 : 82 films, 31 pays, un même amour du cinéma
10/11/2025 - 08:50
SNRTnews
Du 28 novembre au 6 décembre 2025, la ville ocre redeviendra la capitale mondiale du septième art à l’occasion de la 22ᵉ édition du Festival International du Film de Marrakech.
Fidèle à son ambition d’embrasser toutes les formes du cinéma, l’événement proposera un voyage à travers 82 films issus de 31 pays, révélant la diversité des voix, des cultures et des regards qui façonnent le monde d’aujourd’hui.
Compétition officielle, séances de gala, horizons inédits, hommages, cinéma marocain ou jeune public: chaque section promet une exploration sensible du réel et de l’imaginaire.
Cette édition, placée sous le signe du renouveau et de l’audace, accueillera des premières mondiales, des œuvres passées par les Ateliers de l’Atlas, et des films déjà en route vers les Oscars, confirmant ainsi Marrakech comme un carrefour incontournable du cinéma international.
Le Festival International du Film de Marrakech, rendez-vous incontournable pour les cinéphiles, vient de dévoiler sa sélection officielle.
Parmi cette sélection, huit films seront projetés en première mondiale ou internationale, neuf ont été soutenus par les Ateliers de l’Atlas, et quatorze représenteront leur pays dans la course aux Oscars.
Compétition officielle
La Compétition officielle met à l’honneur les nouveaux talents du cinéma mondial à travers 14 premiers et seconds longs métrages en lice pour l’Étoile d’or, qui sera décernée par un jury présidé par le cinéaste Bong Joon-ho.
Cette sélection révèle un jeune cinéma politiquement éveillé, qui interroge les injustices du monde à travers des récits intimes ou historiques, portés par une grande liberté de ton et une audace formelle remarquable.
Présenté en première mondiale, Derrière les palmiers de Meryem Benm'Barek ausculte, à travers un thriller psychologique tendu, les rapports de classe et de domination hérités du passé colonial.
Le photographe australien James J. Robinson dévoilera, pour sa part, en première internationale First Light, drame moral visuellement saisissant dans lequel une religieuse philippine questionne sa foi face à la corruption.
Plusieurs cinéastes revisitent des moments politiques décisifs de leur pays à travers des récits semi-autobiographiques.
Parmi ces films: "Before the Bright Day" de Shih-Han Tsao évoque l’angoisse d’une génération sous la menace de la guerre à Taïwan en 1996, My Father’s Shadow d’Akinola Davies Jr. suit un père et ses fils dans le Nigéria en pleine crise électorale de 1993; "Laundry" de Zamo Mkhwanazi retrace les rêves d’un jeune Sud-Africain sous le régime de l’apartheid.
Les premiers longs métrages de Siyou Tan (Amoeba) et Imran Perretta (Ish) explorent avec justesse l’amitié adolescente face à l’épreuve de l’éveil politique à Singapour et dans la banlieue de Londres.
Trois films dressent le portrait de femmes qui résistent et réinventent leur destin: Promis le Ciel, récit lumineux d’Erige Sehiri sur la solidarité féminine face au racisme en Tunisie; Broken Voices, drame glaçant d’Ondřej Provazník autour d’un abus d’autorité; et Aisha Can’t Fly Away, thriller fantastique de Morad Mostafa suivant une soudanaise en quête de liberté au Caire.
Dans les bouleversants documentaires Memory et My Father and Qaddafi, les réalisatrices Vladlena Sandu et Jihane K revisitent leurs enfances en Tchétchénie et en Libye, tissant des récits familiaux puissants à la croisée de la mémoire intime et de l’histoire collective.
Enfin, Straight Circle, satire incisive sur l’absurdité des conflits, révèle l’étonnante inventivité visuelle d’Oscar Hudson, tandis que Forastera, lumineux conte d’été sur le deuil signé Lucía Aleñar Iglesias, témoigne de la vitalité du jeune cinéma contemporain alliant audace formelle et émotion universelle.
Séances de Gala: stars internationales et premières mondiales
Cette 22ᵉ édition s’ouvrira avec Dead Man's Wire, la comédie noire et jubilatoire de Gus Van Sant, qui livre une satire brillante des médias et du capitalisme.
Maryam Touzani, présentera pour sa part "Rue Málaga", portrait tendre et généreux d’une femme de la communauté espagnole de Tanger, par Carmen Maura.
Dans le cadre des hommages, Guillermo del Toro dévoilera sa vision gothique et romantique de Frankenstein avec Jacob Elordi, tandis que Jodie Foster présentera Vie Privée, la comédie policière savoureuse de Rebecca Zlotowski.
Le public du FIFM aura la chance de découvrir en avant première mondiales : El Sett, biopic de Marwan Hamed consacré à la diva Oum Kalthoum incarnée par Mona Zaki, ainsi que Sophia, thriller haletant réalisé par Dhafer L'Abidine, qui en tient également le rôle principal.
Une soirée de gala célébrera Hamnet de Chloé Zhao, bouleversant récit d’amour familial, où la perte d’un enfant inspire la légende de Hamlet.
Le cinéaste Neeraj Ghaywan présentera pour sa part Homebound, touchant mélodrame sur l'amitié et les rêves de deux jeunes Indiens interprétés par les étoiles montantes de Bollywood, Ishaan Khatter et Vishal Jethwa.
Le festival se clôturera avec Palestine 36 d’Annemarie Jacir, mélodrame historique retraçant un moment décisif pour le peuple palestinien et réunissant parmi les plus grands acteurs du monde arabe.
Horizons: panorama du cinéma mondial
La section Horizons présente 19 films contemporains mêlant œuvres de cinéastes majeurs et jeunes talents tels que Park Chan-wook, Claire Denis, Valérie Donzelli, Ildiko Enyedi, Jim Jarmusch, Richard Linklater, Kelly Reichardt ou Jafar Panahi.
Elle met également en lumière une nouvelle génération d'auteurs: Ali Asgari (Divine Comedy), Simón Mesa Soto (Un Poète), Teona Strugar Mitevska (Teresa) et Mélisa Godet (La Maison des femmes).
Le cinéma arabe n’est pas de mise, le FIFM présente lors de sa 22e édition, des films salués dans plusieurs festivals comme, Cannes ou Venise. Il s'agit notamment de "Ce qu’il reste de nous" de Cherien Dabis, "Le Gâteau du président" de Hasan Hadi et "Once Upon a Time in Gaza" d’Arab Nasser & Tarzan Nasser tous deux primés au Festival de Cannes, ainsi que deux oeuvres marquantes de la dernière Biennale de Venise: Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris et La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania.
Deux documentaires captivants complètent cette sélection: Orwell: 2+2=5 de Raoul Peck et Fatna, une femme nommée Rachid d’Hélène Harder, présenté en première mondiale.
11ᵉ Continent: un cinéma libre et audacieux
Cette section propose 15 films entre fictions et documentaires explorant un cinéma sans frontière. Cette sélection présente les nouveaux films de cinéastes salués par la critique (Massoud Bakhshi, Lucrecia Martel, Oliver Laxe, Hlynur Pálmason) tout en révélant une génération d'auteurs audacieux parmi lesquels Kamal Aljafari, Lana Daher, Damien Hauser, Dima El-Hor, Gianluca Matarrese, Namir Abdel Messeeh, Lemohang Mosese, Tamara Stepanyan.
Cette programmation inclut également les versions restaurées de trois classiques du cinéma arabe dont Mirage de Ahmed Bouanani (1980), restauré pour l'occasion.
Panorama du cinéma marocain
Comme à son accoutumée, le FIFM met à l’honneur le cinéma marocain. Pour cette édition, 7 fictions et documentaires seront au menu dont deux qui seront dévoilés en première mondiale ou internationale: Cinq Regards de Karim Debbagh et Porte Bagage de Abdelkarim El-Fassi. Le cinéma marocain sera particulièrement mis en valeur avec un total de 15 films, présentés dans les différentes sections du festival.
La section Jeune Public & Famille propose une programmation destinée aux enfants et adolescents de 4 à 18 ans, ainsi qu’à un public familial, à travers 13 séances dédiées qui célèbrent la curiosité et l'éveil au cinéma.
Enfin, une sélection de films de Jodie Foster, Guillermo del Toro, Raouya et Hussein Fahmi, personnalités auxquelles le festival rendra hommage, sera projetée au Palais des congrès, au Cinéma le Colisée et au Musée Yves Saint-Laurent venant compléter cette sélection riche de 82 films.
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