Politique
Le Maroc réaffirme son engagement en faveur de la coopération internationale et de la gouvernance inclusive de l’espace
10/06/2026 - 18:26
MAP
Le Maroc a réaffirmé, mercredi à Vienne, son engagement en faveur de la coopération internationale, de la gouvernance inclusive et de l'utilisation pacifique et durable de l'espace extra-atmosphérique, à l'occasion de la 69e session du Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique (COPUOS) des Nations unies.
Intervenant au nom du Royaume, l'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'Office des Nations unies et des organisations internationales à Vienne, Azzeddine Farhane, a souligné que le multilatéralisme demeure "non seulement une méthode de coopération, mais aussi une expression indispensable de notre responsabilité commune".
Revenant sur la présidence marocaine de la 68e session du COPUOS, M. Farhane a indiqué que le Royaume s'est employé à favoriser le dialogue et la recherche du consensus, permettant l'adoption du plan de travail ATLAC, la prolongation de l'examen à mi-parcours de l'Agenda "Space2030" ainsi qu'un accord sur des éléments clés relatifs à la future conférence UNISPACE IV.
"Le Maroc est fermement convaincu que la sauvegarde des intérêts nationaux et la promotion des objectifs collectifs ne sont pas des objectifs contradictoires, mais des piliers complémentaires d’un ordre international efficace", a-t-il relevé.
Abordant les transformations que connaît le secteur spatial mondial, M. Farhane a souligné que "l'expansion des capacités humaines dans l'espace implique également de nouvelles responsabilités".
"L'avenir de l'espace extra-atmosphérique ne peut être guidé uniquement par les possibilités technologiques, mais doit également s'appuyer sur l'anticipation éthique, la solidarité internationale et un sens partagé de la responsabilité", a-t-il assuré.
"L'espace extra-atmosphérique doit demeurer un domaine où la coopération l'emporte sur la compétition et où les bénéfices sont partagés de manière équitable entre toutes les nations, indépendamment de leur niveau de développement économique ou scientifique", a poursuivi le diplomate.
M. Farhane a, par ailleurs, estimé que la tenue de la conférence UNISPACE IV est à la fois opportune et nécessaire dans un contexte de profondes mutations du paysage spatial mondial, relevant qu'elle offrira une plateforme unique pour examiner les défis émergents, réaffirmer les principes communs et définir une vision partagée de la gouvernance spatiale.
S’agissant de la contribution du Royaume à l’action internationale visant à promouvoir l'exploration pacifique et durable de l'espace, le diplomate a annoncé que le Maroc a officiellement rejoint, le 29 avril dernier, les Accords Artemis, devenant ainsi le 64e signataire de ce cadre international.
Cette adhésion reflète, selon M. Farhane, "l'engagement du Royaume en faveur de la transparence, de la coopération et de l'exploration pacifique de l'espace, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de partenariats scientifiques et technologiques".
Le diplomate a également indiqué que le Maroc est récemment devenu utilisateur autorisé de la Charte internationale "Espace et catastrophes majeures", renforçant ainsi sa capacité à intégrer les solutions spatiales dans les mécanismes de réduction des risques de catastrophes et de sécurité publique.
Ces avancées illustrent la conviction du Maroc que "la coopération internationale demeure l'un des instruments les plus efficaces pour renforcer les capacités nationales, faciliter le transfert de technologies et mettre les bénéfices de la science spatiale au service du développement", a-t-il dit.
Évoquant la coopération régionale, il a souligné que le Royaume accorde une importance particulière au partage des connaissances, de l'expertise et des capacités technologiques, notamment au profit des pays en développement et du continent africain.
Dans ce cadre, le Centre Royal de Télédétection Spatiale (CRTS) a mis en œuvre plusieurs initiatives avec des partenaires internationaux portant notamment sur la gestion des ressources hydriques, les applications satellitaires pour lutter contre la rareté de l'eau et la promotion des sciences spatiales auprès des jeunes, a relevé le diplomate.
M. Farhane a également annoncé que le CRTS organisera, en partenariat avec le Comité de la recherche spatiale (COSPAR), une formation spécialisée consacrée à l'évaluation des impacts du changement climatique sur les environnements marins et côtiers à travers les données satellitaires, réunissant des experts de plusieurs pays africains.
Le Maroc a, en outre, pris part à la conférence NewSpace Africa 2026 à Libreville, où il a partagé son expérience dans l'utilisation des technologies satellitaires pour le suivi de la sécheresse et la gestion des risques.
Le diplomate a également mis en avant la contribution du Centre régional de formation aux sciences et technologies spatiales en langue française (CRASTE-LF), qui œuvre depuis plus de vingt ans au développement des compétences scientifiques en Afrique et au renforcement de la participation du continent à la communauté spatiale internationale.
Par ailleurs, M. Farhane a invité les délégations à participer à un événement parallèle organisé le 12 juin conjointement avec le Bureau des Nations unies pour les affaires spatiales et la Mission permanente du Royaume hachémite de Jordanie.
Le diplomate a en outre réaffirmé l'engagement total du Maroc en faveur du succès des travaux de cette session du COPUOS, guidé par les principes du dialogue, du consensus et de la responsabilité partagée.
"Alors que nous délibérons sur l’avenir de la gouvernance de l’espace extra-atmosphérique, nous devons garder à l’esprit que les choix que nous faisons aujourd’hui façonneront non seulement l’avenir des activités spatiales, mais aussi l’avenir de la coopération internationale elle-même”, a-t-il conclu.
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