Economie
L’écosystème forestier sous la loupe du CESE
03/05/2023 - 16:40
SNRTnewsDans une autosaisine "écosystèmes forestiers du Maroc : Risques, défis et opportunités", le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) revient sur les caractéristiques des différents écosystèmes forestiers marocains, les contraintes auxquelles ce secteur fait face. Les principales conclusions ont été présentées, ce mercredi 3 mai, à Rabat lors d’un atelier de restitution.
Dans cette autosaisine, le CESE affirme que le secteur forestier contribue à 1,5% du PIB national, avec une valeur estimée à 17 milliards de dirhams par an. Elle met également en avant la multifonctionnalité des écosystèmes forestiers, qui offrent une régulation des ressources en eau, du climat et de la biodiversité, ainsi que des produits et services tels que le bois, la bioénergie forestière et le liège.
Le document souligne également la richesse de la biodiversité marocaine avec 154 Sites d'Intérêt Biologique et Ecologique (SIBE), 39 aires protégées, 4 réserves de biosphère inscrites auprès de l'UNESCO et 38 zones humides d'importance internationale. La faune et la flore comptent respectivement 537 espèces végétales et 550 espèces de vertébrés, avec des milliers d'invertébrés.
Les écosystèmes forestiers marocains sont multifonctionnels et régulent les ressources en eau, le climat, la biodiversité et la résilience face au dérèglement climatique. Ils fournissent également des produits et services tels que le bois, la bioénergie forestière, les produits non ligneux tels que le liège. Toutefois, les écosystèmes forestiers sont confrontés à de nombreuses contraintes, notamment une faible régénération naturelle, une forte dégradation du couvert forestier, un prélèvement excessif des ressources forestières, une surexploitation fourragère et une production atteignant seulement 20% à 30% du rendement potentiel de la forêt productive.
Pour y remédier, les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs plans et stratégies, notamment le plan national d'aménagement des bassins versants en 1996 et la stratégie nationale de surveillance et de suivi annuel de la santé des forêts en 2007. En 2021, 88% du domaine forestier est délimité.
Parallèlement, la stratégie "Forêts du Maroc 2020-2030" a pour objectifs de restaurer 133 000 hectares d'écosystèmes forestiers, de créer plus de 27 500 emplois directs et de générer une valeur marchande de 5 milliards de dirhams par an, grâce aux progrès escomptés dans les filières de production et du tourisme.
Le rapport conclut que la sécurité maximale du domaine forestier a été assurée depuis l'indépendance et que la situation socio-économique précaire des populations rurales devrait être prise en compte pour garantir une gestion durable des écosystèmes forestiers. Enfin, le CESE invite à la collaboration entre les parties prenantes pour assurer la durabilité des écosystèmes forestiers et de leurs fonctions écologiques, économiques et sociales.
Les Recommandations
Le CESE suggère ainsi une vision concertée à long terme qui permettrait de transformer le domaine forestier en un espace résilient aux risques et de promouvoir des filières économiques durables. Plusieurs sont les recommandations qui ont été déclinés pour atteindre ces objectifs. Tout d'abord, il propose de réhabiliter les écosystèmes forestiers en passant progressivement du droit d'usage accordé aux populations locales à une récupération par l'Etat de ce droit, tout en proposant des alternatives économiques aux populations concernées.
Des opérations de reboisement et de régénération naturelle devraient également être intensifiées, grâce à des campagnes nationales de plantation et à l'identification du potentiel des espaces à reboiser. Les fonds existants devraient être mobilisés et les entreprises impliquées dans le reboisement devraient bénéficier d'incitations fiscales.
En outre, le CESE recommande l'augmentation progressive de la superficie des aires protégées à 30% d'ici 2050 et la réglementation des parcs nationaux, des sites d'intérêt biologique et écologique, des espaces forestiers comprenant des zones humides et des réserves de biosphère.
Les espaces de vie de la population, où la biodiversité a été préservée grâce aux bonnes pratiques de gestion des écosystèmes forestiers et des ressources, devraient être reconnus et soutenus. Des parcs urbains devraient également être créés pour sensibiliser la population à l'environnement.
Le CESE recommande également la mise en place d'un code forestier qui définit les droits et obligations de toutes les parties prenantes, facilite la mise à jour des textes en vigueur, établit les modalités de protection de la biodiversité, d'amélioration de l'état de santé des écosystèmes forestiers et de lutte contre les feux de forêts.
Ce code forestier assurera également la sécurisation du domaine forestier et favorisera la contractualisation entre les parties prenantes à l'échelle régionale.
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