Société
Les éboueurs en grève, Casablanca croule sous les ordures
10/06/2021 - 20:43
Khaoula Benhaddou
Depuis quelques jours, des quartiers de Casablanca sont noyés sous les ordures. Cette situation s’explique par la grève des éboueurs.
Il est 8h au quartier Bourgogne de Casablanca. Devant la porte du centre de santé Ouhoud, les ordures ménagères s’accumulent dangereusement empêchant les piétons de tracer leur chemin.
À quelques mètres du dispensaire, des piles d’ordures s’élèvent autour des poubelles publiques et accentuent la dégradation de l’environnement dans la ville qui n’a de blanc que le nom. "Depuis quelques jours, les éboueurs n’ont pas donné signe de vie. Nous sommes obligés de passer par là pour déposer les enfants à l’école. Je vous laisse imaginer l’odeur nauséabonde et les insectes qui se sont invités dans les lieux", s’indigne cette maman de deux enfants approchée par SNRTnews.
Pour justifier cette situation exceptionnelle, une source proche du dossier précise que les agents de propreté ont entamé une grève pour protester contre les retards de paiements de leurs salaires par les sociétés qui gèrent le secteur de la propreté à la capitale économique.
Pour rappel, ce n’est pas la première fois que les éboueurs organisent ces grèves. Les agents de propreté ont organisé à plusieurs reprises des sit-in pour dénoncer leurs conditions de travail jugées "déplorables".
D’ailleurs, l’Instance Démocratique Marocaine des Droits de l'Homme vient de publier un communiqué pour dénoncer la situation "déplorable" que vivent les éboueurs qui n’ont pas perçu leur salaire. "La société Arma tarde à verser les salaires des agents de propreté qui se sont mobilisés depuis le début de la crise sanitaire et qui veillent à la propreté de la ville. Pour justifier ce retard, la société précise que le Conseil de la ville et Casa Baia refuse de payer les cotisations".
Le communiqué de l'Instance précise aussi que les éboueurs rencontrent beaucoup de problèmes à cause du retard de leurs rémunérations ce qui leur empêche d’honorer leurs obligations familiales.
L’Instance appelle les autorités de tutelle "à intervenir immédiatement pour venir en aide aux éboueurs et aussi de trouver des solutions concrètes et efficaces à cette situation qui persiste dans le temps".
SNRTnews a essayé de joindre les responsables du Conseil de la ville, de Casa Baïa et des deux sociétés ARMA et AVERDA, en vain. Affaire à suivre ...
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