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Les cellules de peau pourraient renseigner sur l’état de santé global des individus au cours du vieillissement, selon une étude
15/07/2025 - 19:10
MAP
Les cellules de peau pourraient renseigner sur l’état de santé global des individus au cours du vieillissement, grâce à l’identification de marqueurs biologiques spécifiques, selon une étude menée par des chercheurs français.
L'étude des scientifiques issus de l'Institut français de la santé et de la recherche médicale (Inserm), de l’Université de Toulouse, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l’Établissement français du sang (EFS), en collaboration avec l’IHU HealthAge, s’est appuyée sur l’analyse de fibroblastes prélevés à partir de biopsies cutanées réalisées chez 133 femmes et hommes âgés de 20 à 96 ans, présentant des profils de santé variés.
Leurs travaux montrent que "certains marqueurs biologiques témoignant du bon fonctionnement des fibroblastes permettraient de détecter et d’anticiper des signes de fragilité ou de baisse des capacités physiques et psychiques, indépendamment de l’âge des personnes", indique un communiqué conjoint de l'Inserm, du CNRS, de l'EFS et de l’Université de Toulouse.
Les chercheurs ont soumis ces fibroblastes à différents facteurs de stress mimant ceux rencontrés au cours de la vie (stress métaboliques, infectieux, chimiothérapie…). Ils ont ensuite évalué leur fonctionnalité globale à travers trois de leurs grandes fonctions : structurelle, immunitaire/inflammatoire et métabolique.
"L’objectif était d’identifier des marqueurs biologiques associés à l’état de santé général et fonctionnel des donneurs, en lien avec les différentes étapes du vieillissement", d'après la même source.
Deux marqueurs de l’état de santé fonctionnelle ont attiré l’attention de l’équipe : les fibroblastes issus de personnes pré-fragiles ou fragiles présentaient une activité réduite de leurs mitochondries – les "centrales énergétiques" des cellules. Ces cellules sécrétaient en outre moins de périostine, une protéine de la matrice extracellulaire. La diminution de cette dernière était également observée chez les personnes présentant une faible capacité intrinsèque, un indicateur de vieillissement défavorable et de moindre état de santé général.
"Ces deux marqueurs biologiques, liés à la fonctionnalité métabolique et structurelle des fibroblastes et indépendants de l’âge chronologique ou du sexe, apparaissent comme des indicateurs de la fragilité cellulaire d’un individu et ce, même lorsque les fibroblastes sont cultivés en laboratoire après biopsie", explique Isabelle Ader, chercheuse à l'Inserm, citée dans le communiqué.
"En cela, ils reflètent ce que l’on pourrait qualifier d’une "mémoire de santé" au niveau cellulaire et présentent un potentiel intéressant pour la détection précoce de la fragilité et de la mauvaise santé avant tout signe clinique", ajoute la chercheuse.
La périostine apparaît en outre pour la première fois comme un marqueur biologique clé associé à la capacité intrinsèque telle que définie par l’OMS, et donc comme un potentiel indicateur de la santé fonctionnelle des individus, souligne le communiqué, ajoutant que ces résultats mettent en lumière les signaux fiables que les cellules de notre corps pourraient fournir sur l’état de santé global d’un individu.
"Nos travaux ouvrent des perspectives concrètes dans la détection précoce des signes de fragilité ou de baisse des capacités physiques et cognitives en médecine préventive", complète Mme. Ader.
"Identifier précocement les altérations de la santé cellulaire pourrait permettre de développer des stratégies ciblées de médecine personnalisée pour mieux préserver la santé fonctionnelle et prolonger l’autonomie tout au long de la vie", conclut la chercheuse.
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