Société
L'Instance arabe des services de transfusion sanguine en conclave à Marrakech
14/06/2022 - 18:47
MAP
L’Instance Arabe des Services de Transfusion Sanguine a démarré mardi à Marrakech, les travaux de sa 20e réunion, avec au menu, la présentation des réalisations de cette instance au titre de 2021, ainsi que des rapports des pays arabes membres concernant les mesures prises pour l’augmentation du nombre de donneurs de sang durant la période de la pandémie de la Covid-19.
A l’ordre du jour de cette réunion, de deux jours, figurent aussi la présentation du rapport du Représentant du Royaume d’Arabie Saoudite concernant "le projet du Plasma", les mesures mises en oeuvre par la Tunisie pour l’accueil du 13è Congrès reporté de 2021 à 2022, et l’ouverture des candidatures pour la présidence de cette instance arabe pour le mandat 2023-2025.
Lors de ce conclave, les travaux porteront de même sur la présentation du Rapport du Représentant de l’Etat de la Palestine sur le projet d’amendement du statut de l’Instance Arabe des Services de Transfusion Sanguine, l’examen et la discussion autour de la plateforme électronique de l’instance, outre l’examen des candidatures des pays arabes membres pour le Prix arabe des services de transfusion sanguine pour l’année 2022.
La Présidente de l’Instance Arabe des Services de Transfusion Sanguine, Dr. Khadija Lahjouji, a relevé que cette réunion vise à partager les expériences et expertises entre pays arabes dans ce domaine, en vue de promouvoir les services de transfusion sanguine dans le monde arabe et fournir des quantités de sang "sûres" et "suffisantes" pour les patients dans cette partie du globe.
Dr. Lahjouji, également Directrice par intérim du Centre National de Transfusion Sanguine et d'Hématologie, a fait remarquer que la situation de la transfusion sanguine dans le monde arabe diffère d’un pays à l’autre.
Et de poursuivre que "les pays arabes à faible revenu trouvent des difficultés à attirer un nombre suffisant de donneurs de sang et à mettre en place des Centres Nationaux de Transfusion Sanguine indépendants, à même d’assurer les services de transfusion sanguine", a-t-elle déploré, estimant que d’autres pays arabes, tels que l'Etat des Emirats Arabes Unis (EEAU), le Qatar, le Koweït et le Sultanat d’Oman ont mis en place des systèmes de transfusion sanguine modernes et aux normes internationales.
Quant au pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), ils sont aussi dotés de systèmes de transfusion sanguine de haut niveau, a-t-elle enchainé.
Elle n'a pas manqué, par ailleurs, de faire savoir que l'ensemble des participants à cette réunion ont été unanimes à souligner la nécessité de mettre en place et de doter les instances de services de transfusion sanguine et les banques de sang, de l’autonomie financière et morale, relevant que "dans certains pays arabes, persiste encore un amalgame entre laboratoires et banques de sang".
Dans ce cadre, Dr. Lahjouji a relevé que l’Instance Arabe des Services de Transfusion Sanguine ne cesse de souligner et d'inciter sur la nécessité de faire une nette distinction entre laboratoires et banques de sang.
Dans une déclaration similaire, Osama Najjar, Directeur général des laboratoires et des banques de sang au ministère palestinien de la Santé, a relevé que cette réunion se fixe pour mission la promotion des services de transfusion sanguine dans le monde arabe et le partage des expériences entre pays membres de l’Instance.
"Mes visites aux différents centres régionaux de transfusion sanguine et banques de sang au Maroc m’ont permis de s’enquérir de l’expérience marocaine pionnière et très avancée notamment, le système mis en place pour mieux communiquer entre les différents Centres de transfusion sanguine au niveau des différentes régions et provinces du Royaume et leur capacité à fournir le sang suffisant aux patients même durant de la pandémie de la Covid-19", s'est-il félicité.
"J’ai été aussi informé du projet de production des médicaments dérivés de sang (plasma) en quantité suffisante", a-t-il ajouté, relevant que la coopération maroco-palestinienne dans ce domaine est très fructueuse et appelée à se renforcer davantage.
Organisée sous l’égide du ministère de la Santé et de la Protection Sociale, en collaboration avec le Secrétariat Général du Conseil des Ministres Arabes de la Santé, cette réunion coïncide avec la célébration de la Journée mondiale du donneur de sang (14 juin).
Les recommandations émanant de cette réunion seront soumises à la prochaine session du Conseil des ministres arabes de la santé et son bureau exécutif.
Créée en mars 1979 suite à une décision du Conseil des Ministres Arabes de la Santé, l’Instance Arabe des Services de Transfusion Sanguine compte 22 membres issus des différents pays arabes.
Elle œuvre à promouvoir le secteur de la transfusion sanguine dans le monde arabe pour fournir un sang sûr et ses dérivés et à intensifier la coopération entre les centres de transfusion sanguine dans le monde arabe et ce, via le partage des expériences et des expertises.
A rappeler que le Maroc préside cette instance pour deux mandats successifs à savoir : 2018-2020 et 2020-2022.
Le Maroc a œuvré durant sa présence aux commandes de cette Instance arabe à insuffler une nouvelle dynamique à son action, en impliquant le plus grand nombre des États membres et en ouvrant la voie à un partage dense et plus large d'expertises et d'expériences en la matière.
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