Politique
Maroc–États-Unis: une alliance historique forgée par le temps, engagée pour la paix
20/01/2026 - 14:32
Khaoula Benhaddou
Les relations entre le Maroc et les États-Unis comptent parmi les partenariats diplomatiques les plus anciens et les plus solides du Royaume.
Elles reposent sur une histoire singulière, une convergence d’intérêts stratégiques et une coopération multidimensionnelle qui n’a cessé de se renforcer au fil des décennies, malgré les profondes mutations géopolitiques régionales et internationales. Cette solidité s’est illustrée une nouvelle fois avec la réponse favorable de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’invitation du président américain Donald Trump pour devenir membre fondateur du Conseil de la paix.
Le Maroc occupe une place particulière dans l’histoire des États-Unis. En 1777, le Royaume fut le premier pays au monde à reconnaître officiellement l’indépendance américaine. Un fait fondateur que rappelle le politologue Zakaria Aboudahab; "Les Américains ont une considération spéciale pour le Maroc, premier pays à reconnaître l’indépendance des États-Unis en 1777. Cette reconnaissance, suivie du premier accord international conclu en 1786, a constitué un capital de sympathie durable entre les deux pays."
Cette relation précoce a jeté les bases d’une confiance mutuelle rare, fondée sur le respect de la souveraineté, la continuité politique et une vision partagée de la stabilité. Elle s’est traduite par des échanges soutenus, notamment dans les domaines culturel et éducatif, à travers des programmes emblématiques comme Fulbright, mais aussi par un renforcement progressif des liens économiques et stratégiques.
Un partenariat stratégique au cœur des enjeux sécuritaires
Au fil des décennies, cette relation s’est structurée autour d’un partenariat stratégique global. En 2004, le Maroc a obtenu le statut d’allié majeur des États-Unis hors OTAN, confirmant son rôle de partenaire fiable et stable.
"Ce lien équilibré s’est traduit par des cadres conventionnels, institutionnels et opérationnels et il continue de se renforcer jusqu’à aujourd’hui", souligne Zakaria Aboudahab.
La coopération sécuritaire demeure l’un des piliers de cette alliance. Le Maroc participe depuis 2014 à la coalition mondiale contre Daech et joue un rôle actif dans la sécurité régionale et continentale. Les exercices conjoints, comme African Lion, illustrent cette coordination étroite.
Même lors de grands événements, l’expertise marocaine est reconnue. "Lors de la CAN 2025, le FBI s’est intéressé à l’expérience marocaine en matière de gestion sécuritaire", note le politologue.
Une relation globale, au-delà du sécuritaire
Au-delà des enjeux militaires, la relation maroco-américaine est loin d’être sectorielle. L’accord de libre-échange, entré en vigueur en 2006, demeure un pilier structurant des échanges économiques bilatéraux. Il a permis de dynamiser les flux commerciaux, d’attirer des investissements américains et de positionner le Royaume comme une plateforme stratégique entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient.
À cela s’ajoutent des liens humains forts, portés par une importante communauté marocaine établie aux États-Unis, ainsi qu’une coopération culturelle et universitaire soutenue.
"La démarche est globale, complexe, plurielle et multidimensionnelle. Elle donne aux relations maroco-américaines un rang véritablement stratégique, avec une vision tournée vers l’avenir", insiste Zakaria Aboudahab.
Le Conseil de la paix et la question palestinienne
L’invitation adressée par Donald Trump à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour devenir membre fondateur du Conseil de la paix s’inscrit pleinement dans cette logique de confiance stratégique. Le Souverain y a répondu favorablement, un geste que Zakaria Aboudahab interprète comme "la traduction des considérations spéciales accordées au rôle actif et positif de Sa Majesté, notamment dans la recherche d’une solution au conflit israélo-palestinien".
Selon le politologue, le Maroc dispose d’un capital relationnel renforcé, aussi bien avec les Palestiniens qu’avec Israël. Cette posture se traduit par des actions concrètes, notamment l’acheminement d’aides humanitaires par voie terrestre vers Gaza.
"Le Royaume contribue à la deuxième phase des accords de paix, à la reconstruction et à la gestion de la transition, dans le cadre d’une architecture internationale" précise-t-il.
Sahara marocain: cohérence et crédibilité diplomatique
Sur le dossier du Sahara, Zakaria Aboudahab rappelle que SM le Roi Mohammed VI avait, le 31 octobre 2025, remercié nominativement le président américain à la suite de l’adoption d’une résolution affirmant qu’aucune solution durable ne peut exister en dehors du plan d’autonomie marocain.
"Il ne s’agit pas d’une transaction diplomatique, mais de la traduction d’une conviction profonde du Maroc, qui place la question palestinienne au même rang que celle de son intégrité territoriale", affirme le politologue. Selon lui, cette cohérence renforce la crédibilité du Royaume sur la scène internationale, accélère le processus de règlement définitif du dossier du Sahara et contribue, en parallèle, à la reconnaissance future de l’État palestinien.
Une alliance fondée sur la continuité
L’une des forces majeures de la relation maroco-américaine réside dans sa continuité, au-delà des alternances politiques à Washington. Démocrates comme républicains ont toujours perçu le Maroc comme un partenaire fiable, stable et crédible dans une région marquée par de fortes turbulences.
Sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a consolidé sa position d’acteur diplomatique crédible, prônant une diplomatie proactive et une politique ambitieuse.
La relation entre le Maroc et les États-Unis se distingue par sa profondeur historique, sa cohérence stratégique et sa résilience, confirmant qu’elle est moins une alliance de circonstance qu’un partenariat solidement ancré dans le temps long de l’Histoire.
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