Société
Benazzouz: "Les Marocains s'intéressent de plus en plus à la troisième dose"
26/01/2022 - 21:30
Khaoula Benhaddou
Si le Maroc a dépassé depuis quelques jours le pic des contaminations, les chiffres des décès restent alarmants. Durant les dernières 24h, 36 personnes ont perdu la vie des suites du coronavirus. Les spécialistes sont catégoriques, la non-vaccination augmente considérablement le risque du décès. Mohamed Benazzouz, le responsable du Programme national d’immunisation au ministère de la Santé et de la protection sociale rappelle l'importance de la vaccination.
Au Maroc, l’administration de la 3e dose du vaccin contre la Covid-19 enregistre un grand retard. Comment expliquez-vous cela ?
Il y a plusieurs explications, d’abord, la 3e dose a coïncidé avec l’apparition du nouveau variant Omicron. Au début, les messages véhiculés dans le monde entier confirmaient que ce variant est moins virulents que les autres et qu’il ne cause pas de formes graves de la maladie. Ce constat a démotivé une large partie de la population qui a préféré ne pas recevoir la dose de rappel. Malheureusement, ce constat est complètement erroné, et les chiffres sont alarmants.
Depuis quelques jours, le nombre de décès augmente et nous avons enregistré 36 morts ces dernières 24h. À côté de cela, nous avons des citoyens qui pensent que deux doses du vaccin sont largement suffisantes pour atteindre l’immunité collective. Or, les études scientifiques ont prouvé le contraire. Pour rester optimistes, nous avons remarqué depuis quelques jours une nette amélioration du nombre de personnes qui se rendent aux centres de vaccination. Aujourd’hui, nous sommes à 4,2 millions de personnes qui ont reçu leur 3e dose, certes c’est un taux un petit peu bas, mais quand même vu la cadence, plusieurs personnes se font injecter leur 3e dose.
Comment convaincre les personnes toujours réticentes ?
Lorsqu’on fait une analyse simple portant sur le nombre de cas enregistré, les cas critiques et les décès, on remarque qu’une grande partie de ces personnes n’ont pas complété leur schéma vaccinal. Nous avons également plus de 3 millions de personnes qui n’ont reçu aucune dose du vaccin. Ces chiffres alarmants montrent encore une fois l’efficacité de la vaccination qui reste parmi les moyens les plus efficaces pour contrecarrer la propagation du virus. Certes, cette protection diminue avec le temps, mais elle réduit les formes graves de l’infection. Je tiens à rappeler l’importance des mesures barrières pour diminuer la propagation du virus. Malheureusement, on remarque que peu de personnes continuent de prendre les précautions nécessaires au sérieux.
Est-ce que l’État peut prendre des mesures restrictives envers les personnes qui n’ont pas reçu la 3e dose ?
Pour l’instant il n’y a pas d’action spécifique pour ces personnes. Il n’y a pas de visibilité dans ce sens. Ce qui est sûr c’est qu’on s’oriente plus vers l’explication des risques que les personnes qui n'ont pas complété leur schéma vaccinal encourent, mais aussi vers la sensibilisation. Il n y a pas de mesures vraiment contraignantes à ce jour-là. On essaye par contre de convaincre les personnes réticentes et de communiquer le plus possible avec elles.
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