Société
Naima Ben Yahya: Le gouvernement prépare des plans pour faire face à la "désintégration de la famille" et à la réticence au mariage
22/04/2025 - 15:43
Youness Oubaali | Mohammed Fizazi
La ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naima Ben Yahya, a révélé l’existence d’un plan gouvernemental visant à cibler les jeunes, en particulier ceux qui hésitent à se marier. Elle a souligné que la situation démographique est "devenue inquiétante et menace la famille et la société", ce qui nécessite une "intervention urgente"
Ceci a été révélé lors d’une réunion de la Commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, le mardi 22 avril 2025, consacrée à la discussion des "répercussions possibles des résultats du recensement sur la famille marocaine et de leurs impacts sur la situation économique et sociale en général".
Le ministère de la Solidarité, ajoute-t-elle, prépare un nouveau programme de soutien destiné aux futurs mariés, dans le cadre des tentatives visant à contenir les mutations socio-démographiques qui menacent désormais la stabilité de la structure familiale au Maroc, a-t-elle déclaré.
Mme Ben Yahya a qualifié la nouvelle situation démographique que connaît le Royaume de "renversement", soulignant l’élargissement de la tranche d’âge des personnes âgées au détriment du recul de celle des jeunes — une évolution qui exige, selon ses propos, une intervention gouvernementale urgente.
Elle a affirmé que le gouvernement cherche à faire face aux défis qui poussent les jeunes Marocains à hésiter à se marier, estimant qu’il n’existe pas de politique nationale claire encadrant les questions liées à la famille.
Elle a considéré qu’"on ne peut pas se sentir rassuré en constatant le recul du statut de la famille", insistant sur le fait que la famille "n’est pas seulement une institution éducative, mais une pierre angulaire du tissu social, surtout dans le contexte spécifique du Maroc, qui nécessite la préservation de valeurs comme le respect des parents et la solidarité conjugale".
La ministre a également annoncé que le rôle des établissements de protection sociale serait rationalisé, notamment en réduisant leur nombre, en particulier les centres d’accueil pour femmes victimes de violence et pour personnes âgées, estimant que le nombre actuel de ces structures "reflète l’échec des politiques précédentes à contenir les phénomènes menaçant la cohésion familiale, tels que le divorce et la violence conjugale".
La réunion n’a pas manqué d’aborder les chiffres et résultats du recensement général de la population et de l’habitat, réalisé en septembre dernier. La ministre a indiqué que la taille moyenne des ménages marocains a chuté, passant de 4,6 personnes en 2014 à 3,9 en 2024, une baisse constatée aussi bien en milieu urbain que rural.
À la lumière de ces résultats, elle a précisé que son ministère travaille à l’élaboration d’une vision intégrée d’une politique familiale nationale globale, citant une étude de terrain menée dans cinq régions du Royaume, en prélude à la mise en place d’une stratégie répondant aux attentes des citoyens, fondée sur les conclusions des consultations en cours visant à identifier les besoins au niveau des régions et des préfectures.
Elle a souligné que les résultats du recensement ont mis en lumière des conséquences économiques négatives, révélant le poids financier croissant sur les familles du fait de leur taille réduite et de l’augmentation du nombre de personnes âgées. Elle a ajouté que les familles supportent désormais une charge accrue pour couvrir les frais de soins et de subsistance des catégories vulnérables, notamment la petite enfance, les personnes âgées et celles en perte d’autonomie.
Elle a également évoqué la baisse des taux de natalité et l’absence de renouvellement des générations, estimant que cela entraînera une diminution de la population active. Elle a averti que le recul de la contribution des membres de la famille élargie aux dépenses communes augmente les coûts de l’éducation, de la santé et du logement, alourdissant ainsi le fardeau financier des familles.
Enfin, elle a évoqué la montée du chômage, notamment parmi les jeunes et les femmes, considérant que cette situation accentue la précarité économique au sein des familles et retarde la constitution de nouvelles familles.
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