Art & Culture
Noël, Nouvel An… Ce qu'en dit l'histoire
25/12/2021 - 09:30
Aïcha Debouza
Des enseignes décorées de sapins de Noël, des guirlandes de toutes les couleurs accrochées aux vitres, des pères Noël en miniatures et pleins d’autres décorations qui fleurissent dans les rues de plusieurs villes marocaines. Nouvel an et Noël, les deux termes portent à confusion pour certains Marocains. Voici quelques explications.
Les chrétiens fêtent la naissance de Jésus la soirée du 24 décembre de chaque année du calendrier grégorien. Mais cette fête qui a pris beaucoup d’ampleur en Europe et en Amérique, n’a pas depuis toujours signifié la même chose, et n’a pas été fêtée de la manière que nous connaissons aujourd’hui.
D’un point de vue historique, le recensement de la date pose problème et les avis des historiens divergent. Mais la majorité d’entre eux relient la fête de Noël à une célébration païenne appelée Yule en langage des anciens scandinaves. Le jour a été choisi pour son importance dans le cycle des saisons car c’était l’une des huit dates importantes qui ponctuaient l’année dans les cultures nordiques. Il s’agit du moment à partir duquel les jours rallongent.
Avec le temps, plusieurs traditions se sont développées autour de cette fête qui s’est purement christianisée. La célébration commence d’abord par l’Avent (d’où le calendrier de l’Avent souvent rempli de chocolats), la période cultuelle des quatre dimanches précédant Noël. Les chrétiens ont dans ce sens coutume d’allumer une bougie afin de symboliser la lumière qui va renaître à Noël. Vient le soir du 24 lors duquel a lieu la Messe de minuit où les chrétiens fêtent la naissance du Christ.
Sapin de Noël, origines
Entre 2000 et 1200 avant Jésus, on parlait déjà d’un arbre nommé l’épicéa (ou l’arbre de l’enfantement), le jour du 24 décembre. Dans la religion païenne, ce jour était considéré comme le jour de la renaissance de "Sol" un des dieux soleil selon un calendrier basé sur les cycles lunaires. À chaque mois lunaire était associé un arbre et l’épicéa fut celui du 24 décembre. Le rite païen du solstice d’hiver, l’arbre en question était un symbole de vie et était donc décoré avec des fruits, des fleurs et du blé.
Arrivé en 354 après Jésus, l’Eglise institue la célébration de la naissance du Christ, le 25 décembre, pour rivaliser avec cette fête païenne. Et ce n’est qu’à partir du VIIe siècle après Jésus qu’une légende fait son œuvre et raconte que l’arbre était désormais appelé l’arbre de l’Enfant Jésus. Depuis, le sapin comme principale symbolique de la fête de Noël, s’est répandu progressivement en Europe incluant l’échange des cadeaux comme coutume qui symbolise les présents que les Rois mages offraient à Jésus.
Père Noël
Le Père Noël tel que nous le connaissons aujourd’hui est un fruit purement marketing de Coca Cola. En 1931, l’entreprise décide de représenter Santa Claus en train de boire la célèbre boisson gazeuse brune. L’objectif? Convaincre les enfants de boire du coca même en hiver. Le Père Noël est alors représenté comme étant une personne généreuse et altruiste, avec un ventre bien rebondi et un visage sympathique et portant une tunique et un pantalon rouge.
En ce qui est de son histoire, il n’y a malheureusement pas de version officielle au sujet des origines de ce personnage emblématique, mais on s’accorde à dire que le Père Noël prend ses origines en Europe du Nord. C’est en effet, du mythe de Nicolas de Myre, plus connu sous le nom de Saint-Nicolas, personnage célèbre dans le christianisme, né en 270 après JC dans la cité de Patara, en Asie mineure, région correspondant à la Turquie actuelle.
Converti au christianisme et mort en martyr autour de 345, l'évêque fut canonisé par l'Église et fêté le 6 décembre dans plusieurs pays d'Europe du Nord et de l'Est. On le représente en train de distribuer des cadeaux aux enfants sages et on retrouve déjà certains de ses attributs dont la barbe blanche et la doublure rouge du manteau.
Ce n’est qu’à partir du XII siècle que la légende de Saint Nicolas se diffuse dans le nord de la France, en Belgique et aux Pays Bas. A l’époque, on croyait que Saint Nicolas descendait dans les chaumières durant la nuit du 5 au 6 décembre pour offrir des cadeaux aux enfants sages. Toujours d’après la légende, les enfants qui n’obéissaient pas recevaient en revanche, la visite du Père Fouettard.
En quelques décennies, cette coutume se répandit au sein des foyers de colons anglais. Les familles chrétiennes préférèrent que cette fête des enfants soit associée à la naissance de l'enfant Jésus. C'est ainsi que Santa Claus commença sa tournée dans la nuit du 24 décembre.
Jour de l’An
Sans surprise, le jour de l’An communément appelé Nouvel An (fêté le soir du 31 décembre), est né en 46 avant notre ère lorsque l’empereur romain Jules César décida que le 1er janvier serait le Jour de l’An. Jusqu'à Jules César, la fête célébrant la fin d'année n'était pas une date fixe, à l'époque romaine, la fête se déroulait généralement en février. Jules César a fixé la fin d'année au 31 décembre.
Une dizaine de jours après les saturnales (fêtes célébrées à l’honneur de Saturne), les romains organisaient des échanges de vœux avant de déguster les festins qui s’accompagnaient d'offrandes de rameaux verts et de confiseries pour le ravissement éternel. Ainsi, les Romains avaient dédié ce jour à Janus, le dieu des portes et des commencements, et c’est d’ailleurs pour cette raison que le mois de janvier doit son nom au dieu Janus. En France, il faudra attendre Chares IX pour que le premier jour de l'année, le Nouvel An, soit fixé au 1er janvier.
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