Politique
"Nokta ila satr": Idriss Azami pointe les échecs du gouvernement
21/05/2025 - 10:23
Morad Karakhi | Mohammed FizaziIdriss Azami El Idrissi, premier vice-secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), a été l’invité de l’émission "Nokta ila Satr" (Point à la ligne), diffusée mardi 20 mai 2025 sur la chaîne Al Aoula et animée par les journalistes Sabah Bendaoud et Abdellah Lachkar
Au cours de cet entretien, Azami a abordé plusieurs questions politiques d’actualité. Il a notamment dressé un bilan critique de l’action du gouvernement en place, réagi à l’évolution de l’initiative parlementaire du "motion de censure" et partagé les grandes lignes de la préparation de son parti en vue des prochaines élections prévues en 2026.
Commentant le retrait du groupe parlementaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) de la motion de censure, M. Azami a qualifié cette décision de "curieuse et suspecte", estimant qu’elle intervient à un moment inopportun. Selon lui, cette initiative visait avant tout à relancer le débat politique autour de la performance gouvernementale. Il a rappelé que cette motion devait être portée conjointement par les groupes parlementaires de l’USFP, du Parti du progrès et du socialisme (PPS), du Mouvement populaire (MP) et du groupe de la justice et du développement à la Chambre des représentants.
Il a par ailleurs jugé "incohérentes" les justifications avancées par l’USFP pour expliquer ce retrait, insinuant que ce choix pourrait être dû à une absence d’autonomie politique ou à des transactions occultes, voire aux deux à la fois.
Sur le plan du bilan gouvernemental, M. Azami a affirmé que l’exécutif "n’a pas tenu ses engagements" et "se révèle incapable d’appliquer son programme". Il a cité en exemple plusieurs promesses non tenues, telles que la hausse du taux de croissance, la création d’un million d’emplois, l’amélioration de la qualité de l’enseignement, ou encore la généralisation de la protection sociale, soulignant que 8,5 millions de Marocains demeurent sans couverture sanitaire.
Concernant l’enveloppe de 13 milliards de dirhams allouée à l’importation de bétail, le responsable politique a dénoncé l’absence d’impact sur les prix de la viande rouge, y voyant un indice de détournements de fonds publics au profit d’importateurs ayant bénéficié indûment du soutien étatique, sans rendre de comptes.
M. Azami a également critiqué le manque de courage du gouvernement face à des dossiers sensibles, notamment la réforme des régimes de retraite et le projet de loi sur les syndicats. Il a évoqué un échec manifeste du gouvernement à respecter ses engagements, dénonçant des pratiques marquées par des conflits d’intérêts et des contournements de la législation dans l’attribution de marchés publics.
Interrogé sur le neuvième congrès du PJD, récemment organisé, il a salué un "succès éclatant", minimisant l’absence de certaines figures du parti, qu’il a attribuée à des "choix personnels", tout en précisant qu’aucune mesure disciplinaire n’a été engagée à leur encontre.
Enfin, en vue des élections de 2026, M. Azami a confirmé que son parti a entamé les préparatifs en élaborant une vision pour les réformes électorales à venir, ainsi qu’une procédure pour la sélection des candidats et l’élaboration du programme électoral, nourrissant l’ambition d’un retour en force sur la scène politique.
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