Politique
Omar Moro: le développement "se construit dans le temps et dans l’espace"
14/03/2022 - 08:00
Lina Ibriz
La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a connu, durant les années précédentes, un important dynamisme, alors que son attractivité pour les investissements étrangers et nationaux ainsi que pour de grandes activités industrielles en ont fait une région en plein essor. Aujourd'hui, faisant face, comme plusieurs régions du Royaume, à des contraintes économiques et environnementales, la région dessine une nouvelle trajectoire de développement. Interview avec Omar Moro, président du Conseil de la Région Tanger-Tétouan_Al Hoceima.
Dans une interview accordée à SNRTnews, Omar Moro, président du Conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima revient sur les décisions prises lors de la récente session ordinaire du Conseil et sur les grandes orientations de la Région.
SNRTnews: Quels sont actuellement les secteurs et dossiers prioritaires du Conseil de la Région ?
Omar Moro: Comme vous le savez, la loi organique 111-14 a doté la région de plusieurs prérogatives (propres, transférées et partagées avec l’État), de ce fait, son champ d’intervention est devenu multisectoriel.
Nous intervenons sur tous les secteurs selon un calendrier qui répond au degré de l’urgence. Notre volonté au sein du conseil est de mettre en application les orientations du nouveau modèle de développement qui ont été programmées dans la politique gouvernementale actuelle, particulièrement dans les côtés en rapport avec l’État social, qui est aussi un chantier royal et parrainé par SM que Dieu l’assiste.
L’État social commence par un l’attractivité et la compétitivité de notre territoire, par la création des entreprises et de l’emploi décent, par la répartition de la richesse, etc. Sauf que, dans la conjoncture actuelle de la pandémie, la sécheresse et la flambée des prix nous ont imposé d’autres priorités pour limiter l’impact dans les secteurs et les territoires les plus exposés.
Quelle part a été consacrée à l’investissement dans le budget de la région ? Quelles actions pour booster l’investissement dans le cadre de la nouvelle Charte ?
Conscient que l’État social commence d’abord par l’encouragement et l’accompagnement de l’investissement privé, notre conseil a fait de celui-ci une priorité dans l’élaboration de son budget, de façon directe et indirecte. Nous avons agi directement avec nos partenaires pour équiper et aménager les zones d’activités économiques, les infrastructures de bases pour faire venir les investisseurs, etc.
Nous avons agi aussi directement, en amant, en créant un fonds d’investissement régional doté d’un capital d’un milliard de dirhams sur 5 ans pour encourager les entreprises créatrices d’emploi dans la région, et en aval en investissant dans le pôle agricole de Larache qui va forger une image de marque supplémentaire de la région dans le domaine de l’agroalimentaire et de la logistique des denrées alimentaires.
Qu’avez-vous prévu sur le volet de la gestion de l’eau afin d’assurer la sécurité hydrique de la région ?
La gestion de l’eau est une préoccupation permanente pour le conseil, et pour notre gouvernement aussi, vu les changements climatiques auxquels nous sommes tous confrontés. Il y a une gestion à long terme qui prévoit la rationalisation de l’utilisation de cette matière précieuse et la recherche d’autres ressources de substitutions, en l’occurrence la construction des stations de descellement dans plusieurs emplacements de la région.
Pour faire face à la situation actuelle imposée par la sécheresse, notre conseil a approuvé, dans sa dernière session ordinaire du 7 mars, plusieurs projets pour les opérations de plus de 90 forages de reconnaissance et d’exploitation dans l’ensemble de la région d’un montant globale de 15 MDS, pour équiper le domaine rural en eau potable.
Nous avons aussi investi en citernes mobiles pour la distribution de cette matière précieuse.
Quels sont les chantiers dont la mise en œuvre doit être accélérée aujourd’hui ?
Le développement se mérite et se construit dans le temps et dans l’espace. Comme je vous ai expliqué auparavant, tous les chantiers (matériel et immatériel) qui peuvent promouvoir la région et ses espaces en vue d’attirer les investissements sont une priorité pour notre conseil et doivent être concrétisés au plus vite : le désenclavement encourage l’investissement à se répartir dans l’espace, l’enseignement et la santé donnent des valeurs hautement recherchées par les investisseurs dans cette économie de savoir, la protection de notre environnement donne des garanties aux générations futures, Etc.
Quelles sont les contraintes liées au contexte actuel et auxquelles fait face la région ?
Les contraintes font partie de l’existence et sont une ressource dans la mesure où elles nous poussent à nous fixer des défis et des challenges. Les contraintes au niveau de la région sont multiples : sociales en rapport avec le poids social sur les équipements du fait de l’attractivité de la région et de son chef-lieu Tanger et sur le marché de l’emploi.
Elles sont économiques, liées à la durabilité des acquis en attractivité et compétitivité du système économique régional et au renouvellement de l’image de marque des territoires de la région.
Elles sont aussi environnementales en rapport avec le changement du climat, la pollution de l’air et de l’eau, la rareté de l’eau, Etc.
Le conseil régional dans sa dernière session ordinaire de mars a exprimé sa volonté de se doter d’un observatoire de veille stratégique et d’intelligence économique et territoriale pour prévoir, anticiper et contourner les différentes contraintes. Ledit observatoire verra le jour dans les prochains mois.
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