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Pete Hegseth, choisi par Trump pour le Pentagone, se retrouve sur la défensive
17/11/2024 - 15:11
AFP
Rattrapé par une ancienne accusation d'agression sexuelle et des tatouages qui lui ont valu d'être écarté de l'investiture de Joe Biden voici quatre ans, l'ex-militaire et présentateur de télévision Pete Hegseth, choisi par Donald Trump pour le Pentagone, se retrouve sur la défensive.
L'équipe de transition du président élu a créé la sensation en annonçant mardi le choix de cet ancien officier de la Garde nationale et animateur de matinale sur la chaîne conservatrice Fox News pour diriger les forces armées, malgré son manque d'expérience.
Mais elle a elle-même été prise au dépourvu par la révélation d'une accusation le visant pour agression sexuelle en 2017, rapportent plusieurs médias américains.
Aucune plainte n'a finalement été déposée contre l'homme de télévision de 44 ans, dont la nomination doit encore être confirmée. Selon le Washington Post, M. Hegseth a versé une somme d'argent d'un montant inconnu à son accusatrice plusieurs années plus tard, dans le cadre d'un accord de confidentialité, tout en maintenant que leur relation était consensuelle.
Mais l'affaire trahit une quasi absence de "vetting", le scrupuleux et intrusif processus de filtrage des aspirants aux plus hautes fonctions qui est d'ordinaire de règle aux Etats-Unis, selon les médias.
Un ancien cadre républicain qui avait déjà effectué ce minutieux travail d'investigation en 2016, Justin Higgins, dit avoir jugé à l'époque Pete Hegseth "insuffisamment qualifié" pour les postes subalternes de secrétaire d'Etat à la Défense ou aux Anciens combattants dans la première administration Trump pour lesquels il était pressenti.
En huit ans de plus à Fox News, il n'a pas davantage acquis les compétences nécessaires pour diriger une administration titanesque - 3,4 millions de soldats et d'employés civils pour un budget annuel de plus de 850 milliards de dollars - estime Justin Higgins dans une tribune publiée samedi par MSNBC.
"Mais Hegseth compense l'expérience qui lui fait défaut par un discours partisan dangereux", ajoute-t-il, y voyant la raison de ce choix. "C'est une coquille vide qui joue les durs à la télévision. Il n'est pas difficile d'imaginer qu'il fera et dira tout ce que Trump veut", assène-t-il.
Diplômé des prestigieuses universités de Princeton et Harvard, l'ancien officier d'infanterie a servi 18 ans dans la Garde nationale. Il a été déployé en Irak et en Afghanistan, où il a décroché deux prestigieuses médailles militaires.
Marié trois fois, Pete Hegseth dénonce une dérive "wokiste" dans les forces armées et s'oppose à la présence de militaires femmes au combat. Il se targue d'avoir obtenu de Donald Trump une grâce présidentielle pour deux soldats condamnés pour meurtre et la réintégration d'un troisième, condamné pour avoir posé avec un cadavre en Irak.
Autre sujet de polémique, il a lui-même révélé faire partie de la dizaine de militaires écartés du dispositif de sécurité de l'investiture du président démocrate Joe Biden le 20 janvier 2021, dans une interview sur le podcast de l'ancien membre des forces spéciales Shawn Ryan, diffusée deux jours après l'élection présidentielle du 5 novembre.
"J'ai été taxé d'extrémisme à cause d'un tatouage par mon unité de la Garde nationale à Washington", y déclarait-il, montrant sur sa poitrine la croix de Jérusalem, emblème remontant aux Croisades, assurant qu'"il s'agit simplement d'un symbole chrétien".
Mais selon plusieurs médias, ce n'est pas ce seul tatouage, mais aussi l'inscription "Deus vult", Dieu le veut en latin, cri de ralliement de la Première Croisade au XIe siècle récupéré ces dernières années par la mouvance suprémaciste blanche, qui avait éveillé les soupçons de sa hiérarchie.
Un de ses livres, "American crusade", paru en 2020, évoque cette référence. "Il y a mille ans, après des années à céder du terrain aux hordes musulmanes conquérantes, le pape a ordonné une action militaire pour sauver l'Europe", écrivait-il, rappelant la signification de "Deus vult" à l'époque.
Dans une vidéo réapparue ces jours-ci et qui tourne en boucle sur les réseaux, on le voit participer à une compétition de lancer de hache et rater la cible. L'arme vient frapper un joueur de tambour qui se trouve à proximité et qui échappe de justesse à une blessure grave.
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