Economie
Qu’a gagné le Maroc en organisant la Coupe d’Afrique des Nations 2025?
23/01/2026 - 09:41
Morad Karakhi
L’organisation par le Maroc des phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a constitué une étape marquante, mettant en évidence l’ampleur des retombées économiques et de développement liées à l’investissement dans le sport.
Elle a confirmé la capacité du Royaume à transformer les événements continentaux et internationaux en véritables leviers de développement, tout en ouvrant la voie à la poursuite de cette dynamique à l’horizon de la préparation conjointe de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.
A l'issue de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations, accueillie avec ferveur par le Royaume du Maroc, du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, un communiqué du Cabinet royal, publié le jeudi 22 janvier 2028, a indiqué que "cette édition de la compétition continentale fera date, car au-delà de ses excellents résultats sportifs, elle aura permis de mesurer le bond qualitatif que le Royaume a réalisé sur la voie du développement et du progrès, fruit d’une vision de long terme et d’un modèle marocain singulier et performant qui place le citoyen au centre de toutes les ambitions".
Dans ce contexte, les retombées directes générées par l’organisation de la CAN 2025 ont dépassé le seuil d’un milliard d’euros, tant en termes de nombre de visiteurs que de recettes touristiques et de la dynamique qu’a connue la consommation intérieure durant la période de cette manifestation continentale, selon des données dévoilées par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour.
Dans une déclaration à France 24, M. Mezzour a précisé que l’impact économique du tournoi ne s’est pas limité à la période des compétitions, mais s’est manifesté de manière claire et significative dès les phases de préparation et d’organisation. Près de 100.000 emplois directs et indirects ont ainsi été créés, parallèlement à une hausse des ventes de voitures de plus de 35%, ainsi qu’à une augmentation générale des niveaux de consommation dépassant 25%.
Le ministre a ajouté que les investissements mobilisés pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations représentent environ 80% de l’ensemble des investissements dont le Maroc a besoin dans le domaine sportif en vue de l’organisation de la Coupe du monde 2030, estimant que ces indicateurs reflètent un véritable succès économique et un investissement à long terme bénéficiant à l’ensemble des composantes de la société marocaine.
Dans le même sillage, Ahmed Azirar, professeur d’économie à l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE) de Casablanca, a souligné que l’organisation par le Maroc de grandes manifestations sportives s’inscrit dans un projet national intégré, aux dimensions économiques et sociales, et ne constitue pas une simple réponse conjoncturelle à un événement sportif.
M. Azirar a expliqué que "le chantier de préparation de la Coupe d’Afrique des Nations, et les travaux de mise à niveau des stades, de développement des réseaux de transport et de modernisation des infrastructures hôtelières et touristiques qui l’ont accompagné, ont contribué à la création de milliers d’emplois, aussi bien dans le secteur du bâtiment et des travaux publics que dans les secteurs des services, du transport, du tourisme et du commerce".
Dans une déclaration à SNRTnews, il a indiqué que cette dynamique ne s’arrête pas à la fin du compétition, mais laisse un impact durable sur le marché de l’emploi au Maroc.
S’agissant des infrastructures, M. Azirar a relevé que les investissements réalisés n’étaient pas uniquement destinés à servir l’événement sportif, mais s’inscrivaient dans une vision globale de développement portant sur la modernisation des aéroports, des autoroutes, du réseau ferroviaire et des équipements urbains, contribuant ainsi à l’amélioration de la qualité des services et au renforcement de la compétitivité des villes marocaines.
Il a insisté sur le fait que le succès du Maroc dans l’organisation de la CAN 2025 a envoyé de forts signaux de confiance aux investisseurs étrangers, attestant que le Royaume dispose de la stabilité, de la capacité organisationnelle et des infrastructures nécessaires pour accueillir de grands projets. Selon lui, "le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans le rendement financier direct, mais dans la confiance que le Maroc gagne auprès de ses partenaires internationaux".
Il a ajouté que le football est aujourd’hui l’un des principaux instruments du soft power du Royaume, au regard des résultats obtenus par les sélections nationales, masculines comme féminines, ce qui a contribué à renforcer l’image du Maroc en tant que pays émergent et à en faire une destination privilégiée pour le tourisme et l’investissement, en Afrique et au-delà.
Enfin, M. Azirar a affirmé que la réussite du Maroc dans l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations constitue un modèle concret et prêt à être consolidé, ainsi qu’une preuve tangible de la capacité du Royaume à relever le défi de l’organisation de la Coupe du monde 2030. Il a souligné que la prochaine étape nécessitera l’accompagnement de ce grand chantier par des études approfondies afin de mesurer ses impacts économiques et sociaux et d’en maximiser les bénéfices à moyen et long termes.
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