Art & Culture
Quand le soft power propulse un mets thaï en un patrimoine culturel
23/04/2022 - 09:00
MAP
Le premier weekend du festival californien de Coachella aux Etats-Unis aura marqué cette année l'esprit de tous les thaïlandais, le fameux dessert thaï "riz gluant à la mangue" ayant créé une frénésie parmi les festivaliers et l’ensemble des internautes.
La rappeuse thaïlandaise “Milli”, invitée cette année sur la scène du festival de musique le plus célèbre d'Amérique du Nord, a créé une déferlante autour de ce mets thaï lorsqu’elle a clôturé sa performance en mangeant du riz gluant à la mangue sur scène, demandant à l’audience s’ils ont déjà goûté à ce dessert.
Il n’en fallut pas moins pour que ce mets, considéré ordinaire en Thaïlande, gagne en popularité dans le pays et attise la curiosité partout dans le monde.
Plusieurs médias allés à la rencontre de vendeurs de riz gluant à la mangue en Thaïlande ont rapporté que la demande sur ce dessert a considérablement augmenté du jour au lendemain que ce soit auprès des touristes ou des Thaïlandais, certains commerçants affirmant même que leurs ventes ont quadruplé depuis lundi.
Le gouvernement thaïlandais a vu en cet engouement international l’opportunité pour une valorisation inédite du patrimoine gastronomique du pays, puisque le premier ministre Prayut Chan-o-cha a annoncé qu’un comité du patrimoine culturel relevant du ministère de la Culture oeuvre pour proposer le “khao nieo mamuang” (riz gluant à la mangue) comme patrimoine culturel thaïlandais auprès de l'UNESCO.
Le Premier ministre a également souligné avoir demandé aux responsables des différents départements de pousser le soft power thaïlandais, que ce soit par le biais de la cuisine thaïlandaise, des ressources naturelles ou d'autres éléments culturels qui font la richesse du pays.
Mallika Boonmeetrakool, conseillère du ministre du Commerce, a aussi réagi à cet événement marquant, qualifiant le geste de la rappeuse thaïlandaise d’idée "excellente et admirable".
Rappelant que ce mets est considéré comme l'un des 50 meilleurs desserts au monde, Boonmeetrakool a noté que cet enthousiasme autour du plat conforte le ministère dans son choix d’utiliser le soft power pour promouvoir le commerce du pays, dans le cadre d’une vision d'économie créative.
Le ministère du commerce s'est engagé à promouvoir le contenu numérique en tant qu'outil principal pour stimuler la croissance économique cette année, a-t-elle poursuivi, notant que les agences concernées ont également été appelées à faciliter la promotion du soft power et des activités sur la scène internationale, compte tenu de la richesse de la Thaïlande en matière de culture, de style de vie, de gastronomie et de qualité des services touristiques.
La responsable n’a pas manqué de relever que le ministère s’engage en 2022 à promouvoir le soft power sur le marché mondial, tout en se concentrant sur l’importance et l’impact du contenu numérique.
Le directeur général du département de la promotion culturelle, Chai Nakornchai, a pour sa part estimé que le choix de la rappeuse de manger ce plat sur scène devant des milliers de festivaliers est l’exemple d’une bonne utilisation du soft power.
Le département est en train de recueillir des informations et des anecdotes sur ce mets afin de l’inclure dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, a-t-il ajouté.
Au moment où le pays mise sur cette opportunité pour promouvoir davantage la richesse culturelle de la Thaïlande, les internautes sont toujours aussi exaltés par la performance exceptionnelle de la jeune rappeuse de 19 ans, qui, grâce à une gimmick artistique, a permis à un mets local de changer entièrement de dimension.
Articles en relations
Art & Culture
Art & Culture
Société
Art & Culture