Politique
Sahara marocain: l’Espagne adopte une position claire, et la France?
19/03/2022 - 13:50
Khaoula Benhaddou
Si en octobre dernier, la France a réitéré à New York son appui au plan d’autonomie marocain comme une base "sérieuse et crédible" pour parvenir à une solution politique à la question du Sahara, sa position reste plus ou moins "floue". L’Hexagone va-t-il emboîter le pas à l’Espagne et prononcer sa position officiellement?
Une nouvelle page diplomatique s’est ouverte ce vendredi 18 mars 2022 entre le Maroc et son voisin européen. Un communiqué du Cabinet royal a annoncé que "l’Espagne considère l’initiative marocaine d’autonomie comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend au sujet du Sahara Marocain".
Pour Tajeddine Houssaini, Professeur des relations internationales, cette annonce représente "un tournant réel dans les relations hispano-marocaines. Pas seulement parce que l’Espagne vient de reconnaître pour la première fois la crédibilité de la proposition d’autonomie présentée par le Maroc, mais aussi parce que Pedro Sanchez a utilisé des termes très forts et a considéré que cette proposition est la plus crédible et la plus réaliste".
Pour Houssaini, cette lettre est très importante parce que "l’Espagne est un pays stratégique sur le plan géopolitique. En plus, c’est l’ancien colonisateur qui dispose des dossiers, documents et des archives concernant la position du Sahara avant sa récupération par le Royaume du Maroc".
Pour Tajeddine Houssaini, la France et l’Espagne représentent "la clé de la reconnaissance européenne de l’intégrité territoriale du Maroc puisqu’ils sont les deux pays qui dominent la scène politique par rapport à cette question. Pour cela, cette reconnaissance mettra le Maroc en position de force vis-à-vis de toutes les instances internationales".
"Après les États Unis, la reconnaissance d’Espagne sera une ouverture pour l’avenir dans le cadre d’une coopération concernant l’immigration, la coopération économique et concernant aussi la stabilité et la paix dans la région", poursuit le professeur en relations internationales.
Quid de la France ?
En octobre dernier, la France avait réitéré à New York son appui au plan d'autonomie marocain. Le représentant permanent de la France auprès de l'ONU, Nicolas de Rivière, avait déclaré que "la France considère le plan d’autonomie marocain de 2007 comme une base sérieuse et crédible".
Pour Tajeddine El Houssaini, la France n’est pas contre la question d’autonomie. "Le président Emmanuel Macron et son ministre des Affaires étrangères n’ont pas été contre cette question d’autonomie. La France est partie plus loin puisqu’une délégation du parti La République en marche créé par Emmanuel Macron a séjourné à Dakhla pour assurer le rôle de bureau de liaison entre les deux pays. Maintenant, Macron doit se prononcer officiellement sur cette question. Je pense que cela ne va pas tarder à venir, c'est une question de temps".
Après le dégel des relations diplomatiques entre le Maroc d'une part, et l'Allemagne et l'Espagne de l'autre, "la France n’a plus intérêt à compliquer ses relations avec le Maroc vu les investissements qu’elle a sur le territoire marocain, sans oublier la coopération économique culturelle et sociale entre les deux pays. Je ne pense pas que la France va hésiter un moment pour rétablir la situation dans le bon sens".
Articles en relations
Politique
Politique
Politique
Politique