Sport
Saïss quitte la scène en Lion
24/02/2026 - 20:09
SNRTnews
Il s’en va comme il a joué… avec dignité et retenue. À 35 ans, Romain Saïss tourne la page de la sélection marocaine après 86 combats sous le maillot rouge et vert, laissant derrière lui bien plus qu’un brassard mais une culture de l’exigence et une mémoire collective marquée à jamais.
Né à Bourg-de-Péage, formé en France mais c’est en Angleterre, sous le maillot de Wolverhampton, qu’il change de dimension. Avec 206 matches, 15 buts affichés dans le compteur et une place de cadre indiscutable dans l’arrière-garde des Wolves. Plus tard, il découvrira la ferveur turque avec Beşiktaş, confirmant cette capacité d’adaptation qui a marqué toute sa trajectoire.
Mais l’essentiel est ailleurs… En sélection
Appelé pour la première fois en 2012, à une époque où le Maroc cherchait encore sa stabilité, Saïss s’impose progressivement comme un pilier. Sous la direction d’Hervé Renard, il forme avec Mehdi Benatia une charnière rugueuse et complémentaire.
En 2018, lorsque les Lions de l’Atlas retrouvent la Coupe du monde en Russie, le brassard finit par épouser son bras, transmis naturellement par Benatia. Et depuis, Saïss est devenu apitaine par la voix, mais surtout par l’exemple.
L’apogée arrive sous l’ère de Walid Regragui. Il érige une muraille qui portera les Lions jusqu’aux demi-finales de la Coupe du monde 2022. Une première historique pour une nation africaine et arabe. Blessé, diminué, il s’accroche pourtant. Jusqu’à cette sortie face à la France, contraint par la douleur.
Sa dernière CAN disputée à domicile, aura été éprouvante. Dix-huit minutes seulement sur le terrain. Le corps, usé par les batailles, a rappelé ses limites. La frustration, sans doute, a nourri la réflexion. Partir sans faire l’année de trop.
Dans son message d’adieu, il parle de racines, de famille, de cœur. Il remercie ses coéquipiers devenus des frères, les staffs, les supporters, et exprime sa gratitude à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour l’élan donné au football national. Il promet de devenir le premier supporter de cette sélection qu’il a guidée. Et il conclut en Lion.
Saïss ne sera plus là au coup d’envoi. Le brassard est passé à Achraf Hakimi, comme un flambeau confié à l’avenir. Mais son empreinte ne s’efface pas. Elle se lit dans la solidité retrouvée d’une défense, dans la maturité d’un vestiaire, dans la conviction qu’un capitaine peut changer le destin d’un groupe sans jamais chercher à briller seul.
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