Sport
Sektioui–Sellami... Badou Zaki décrypte à SNRTnews le triomphe de l’école marocaine
17/12/2025 - 10:24
Amine Oubaha
Au-delà de l’enjeu sportif, la finale de la Coupe Arabe entre le Maroc et la Jordanie raconte une autre histoire, celle de l’ascension de l’école marocaine des entraîneurs. Dans des déclarations fortes, Badou Zaki éclaire les dimensions tactiques, émotionnelles et symboliques d’un duel inédit entre deux techniciens marocains, reflet de la maturité du football national.
La finale de la Coupe Arabe, prévue le jeudi 18 décembre 2025 au Stade Lusail, revêt une dimension toute particulière pour le football marocain. L’affiche opposant le Maroc à la Jordanie dépasse largement le cadre d’un simple affrontement sportif. Elle mettra face à face deux entraîneurs marocains, Tarik Sektioui et Jamal Sellami, symboles d’une école marocaine en pleine affirmation sur la scène continentale et internationale.
Dans une interview accordée à SNRTnews, Badou Zaki est revenu sur la portée particulière de cette affiche, notamment pour Jamal Sellami, appelé à affronter son pays natal. "C’est un match spécial, riche en émotions. Jamal Sellami défiera le Maroc, là où il a été joueur et entraîneur, en portant le maillot de l’équipe nationale. Ce n’est jamais une situation facile à vivre", confie l’ancien sélectionneur national à SNRTnews.
La consécration des entraîneurs marocains
Badou Zaki rappelle que le football marocain a toujours compté sur des cadres nationaux compétents, même si, pendant longtemps, la priorité était accordée aux entraîneurs étrangers; "On pensait qu’un entraîneur venu de l’extérieur pouvait apporter un plus ou servir de source d’apprentissage. Mais depuis dix à quinze ans, avec le développement des infrastructures, la formation des jeunes et celle des entraîneurs, la Direction Technique Nationale a fait confiance aux cadres marocains, et ils ont prouvé leur valeur."
Cette confiance s’est renforcée davantage après l’exploit historique réalisé par Walid Regragui lors de la Coupe du monde au Qatar, véritable déclencheur d’une nouvelle ère; "Aujourd’hui, on voit (Houcine) Ammouta, qui a réalisé un travail révolutionnaire avec la Jordanie, Sellami qui a pris le relais et réalise de grands exploits avec cette sélection, Mohamed Ouahbi, vainqueur de la Coupe du monde U20, ou encore Nabil Baha, qui aurait pu aller plus loin avec les U17. Les entraîneurs marocains se sont imposés sur les plans continental et mondial. Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat de stratégies bien définies".
Une école marocaine reconnue pour sa maîtrise tactique
Selon Badou Zaki, la force principale des entraîneurs marocains réside dans leur approche tactique; "L’école marocaine est devenue un modèle. Nos entraîneurs savent gérer leurs matchs, bien lire leurs adversaires et s’adapter aux différentes situations. Ils savent quand monopoliser le ballon, quand mettre en place un bloc haut, médian ou bas."
Il cite notamment Tarik Sektioui, Jamal Sellami, Mohamed Ouahbi et Walid Regragui comme des exemples de cette évolution; "L’entraîneur marocain donne aujourd’hui des leçons de tactique dans chaque match, quelle que soit l’identité de l’adversaire. Cette capacité à gérer les rencontres est devenue une marque de fabrique."
Pour cette finale, Badou Zaki anticipe un duel tactique purement marocain: "Sellami mise beaucoup sur sa solidité défensive, resserre les lignes et joue sur les transitions. Sektioui, lui, privilégie le pressing haut et un bloc médian pour étirer l’adversaire. Cette finale se jouera sur de petits détails".
Entre émotion et devoir professionnel
Badou Zaki parle en connaissance de cause. Il a lui-même vécu une situation similaire lors d’un match Maroc–Niger, lorsqu’il était sur le banc adverse; "C’est très difficile. À ce moment-là, tu te rappelles qu’un jour tu portais le maillot de l’équipe nationale et que tu défendais les couleurs du pays. Et maintenant, tu dois affronter ton propre pays. C’est une situation émotionnellement très lourde, surtout au moment de l’hymne national."
Il confie même que, si une telle situation devait se reproduire, il resterait dans le vestiaire jusqu’au coup d’envoi pour mieux gérer ses émotions; "Mais le devoir professionnel t’oblige à faire ton travail correctement. Même quand tu joues contre le Maroc, tu dois accomplir ta mission. Les entraîneurs marocains sont connus pour leur honnêteté et leur professionnalisme".
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