Sport
Soufiane El Bakkali, l'étoile naissante de l'athlétisme marocain
03/08/2021 - 17:00
Amine Oubaha
Le nom de Soufiane El Bakkali est sur toutes les lèvres. Il a fait parler de lui pour son exploit historique à Tokyo en remportant la médaille d’or des Jeux olympiques 3000m steeple. L’athlète marocain a honoré la face du sport marocain lors de ces JO après les multiples déceptions de ses compatriotes. Portrait.
On pouvait voir dans ses yeux de la fierté, de la joie et aussi le sentiment de l’accomplissement d’un devoir national. C’est grâce à lui que tous les Marocains ont été fiers d’entendre l’hymne national résonner dans la capitale japonaise, Tokyo. Le moment était plein d’émotions. Le champion marocain qui a reçu sa médaille d’or se tenait au podium avec une grande fierté, laissant ainsi tous ceux qui l’ont supporté savourer ce moment historique. En dépit de son résultat lors de la course de 1500m, l’exploit d’El Bakkali restera à jamais dans la mémoire collective des Marocains.
Sa consécration a donné les frissons à tous les Marocains qui portaient en lui un grand espoir. Déçus par les contre-performances des athlètes qui représentent le Maroc à Tokyo, les supporters marocains voyaient en Soufiane El Bekkali le sauveur qui pourrait illuminer la participation de la délégation marocaine aux Jeux avec un sacre d’Or. Chose qui s’est réalisée lundi 2 août 2021.
Le coureur de 25 ans a décroché la médaille d’Or lors de la course de 3000m steeple (8:08:90) mettant ainsi fin à la suprématie des Kenyans sur cette discipline qui a duré depuis 1984. Il a battu l’Ethiopien Lamecha Girma 2e (8:10:38) et le Kenyan Benjamin Kigen 3e (8:11:45).
L’auteur de cette réalisation est un jeune qui a dû cravacher dur pour atteindre ce haut niveau. Le natif de Fès et spécialiste des 3000m steeple a achevé sa participation lors de la précédente édition des JO qui s’est déroulée à Rio De Janeiro 4e au classement. Il revient 5 ans plus tard pour se hisser premier et redorer le blason marocain.
Celui qui est devenu aujourd’hui un champion olympique a grandi dans un quartier populaire de la ville de Fès (El Merja). À l’âge de 12 ans il devient membre de Fès club Country. C’est là où il rencontre son entraîneur Karim Tlemcany. Ce dernier a rapidement détecté en lui le potentiel d’un grand champion.
Soufiane El Bakkali a donc fait ses débuts en athlétisme et a commencé son chemin vers la gloire olympique depuis ce club sportif de la capitale spirituelle: "En 2007, on a rassemblé 4.000 enfants de notre quartier El Merja depuis des écoles publiques. On leur a fait des tests. Au finale on a eu entre 80 et 90 enfants qui ont intégré le club. C’est comme ça que Soufiane El Bakkali a pu devenir membre de notre club", raconte Ali Barhdadi, directeur général de Fès country club dans une déclaration accordée à SNRTnews. Et de poursuivre : "El Bakkali était très discipliné et facile à gérer. Il était toujours un bosseur. Il n’y a pas de secret, le travail paye toujours ".
Sur un ton de joie et de fierté, Ali Barhdadi a indiqué que tous les membres du club ont été ravis par la performance de leur "enfant" : "Nous sommes très heureux et fiers de son exploit. C’est le résultat d’un travail de fond qu’on a entamé ensemble depuis des années".
Débutant alors au sein de ce club qui œuvre depuis longtemps pour construire des générations d’athlètes capables d’honorer le Maroc dans les grandes échéances, El Bakkali rejoint par la suite, l’Académie International d’Ifrane. Trois ans plus tard, il part aux JO Rio De Janiero ou’ il termine 4e, alors qu’il avait à peine 20 ans.
Et parce que les grands champions n’acceptent pas de figurer au deuxième plan, le natif de Fès s’est fait une promesse de créer l’exploit à Tokyo. Les résultats qu’il a réalisés depuis 2016 jusqu’à 2021 ont laissé présager le bon pour sa carrière.
En 2017 il se lance dans une rude concurrence avec le Kenyan Conseslus Kipruto. Lors du meeting de Rome, l’athlète marocain finit, deuxième derrière son rival, mais améliore son record à 8min05s7. Un mois plus tard, El Bakkali s’impose face à Kipruto à Rabat, avant de devenir lors du meeting de Londres vice-champion du monde.
Et ce n’est pas tout. Le vainqueur de la médaille d’or a prouvé lors du meeting de Monaco (2018), qu’il dispose aussi de la rapidité en plus de sa stratégie basée sur la tactique. En finissant sa course avec un timing de (7:58:15) il devient le 10e coureur le plus rapide au monde. En 2019, il revient encore une fois en scène en obtenant la 2e place lors du championnat du monde. Outre sa spécialité de 3000m, El Bakkali a aussi fait ses preuves dans la discipline de 1500m en remportant la course qui s’est déroulée à Marseille (2020).
La performance triomphale d’El Bakkali s’ajoute à celles réalisées par les anciens athlètes marocains : Naoual El Moutawakil (Los Angeles 1984-400m), Said Aouita (Los Angeles 1984-5000m), Ibrahim Boutayab (deux médailles à Séoul 1988-10.000 m), Khalid Sekkah (Barcelone 1992-10.000m) et Hicham El Guerrouj (deux médailles d’or à Athènes 2004 en 1500m et 5000m).
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