Politique
Staffan de Mistura: le médiateur de l'ONU qui prône la paix
16/09/2021 - 07:03
Aïcha Debouza
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a entamé mardi 14 septembre, des consultations auprès des membres du Conseil de sécurité, pour la nomination de l’italo-suédois, Staffan de Mistura en tant que son Envoyé personnel pour le Sahara marocain.
Staffan de Mistura, italo-Suédois âgé de 74 ans, a porté pendant longtemps sur ses épaules la lourde tâche de piloter le processus de paix dans différents pays notamment dans la Syrie.
Un tournant dans la vie du jeune diplomate
Né le 25 janvier 1947 à Stockholm, l’ancien membre du gouvernement italien est issu de la noblesse de Croatie. Dans les années 70, alors qu’il n’est que stagiaire au programme alimentaire mondial de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur l’île de Chypre, il voit un enfant se faire abattre par un sniper.
Le môme passe son arme à gauche alors qu’il marchait par erreur sur la "ligne verte" qui séparait Chypre de la République turque du nord. Cet épisode douloureux dans la vie du jeune stagiaire le convainc de consacrer sa carrière à la résolution des conflits, prenant ainsi le rôle qu’il se veut de jouer dans le futur, à bras-le-corps.
Digne de confiance, l’ONU l’envoie dans plusieurs zones de conflits à partir des années 2000 telles que le Liban, la Somalie, le Rwanda, le Soudan, les Balkans, l’Irak et l’Afghanistan. C’est ainsi que se fait le départ d’une réflexion sur "l’indignation constructive" comme moteur de l’action politique.
En 2013, il quitte l’ONU pour occuper le poste de ministre délégué aux Affaires étrangères dans le gouvernement italien de Mario Monti. Un an plus tard, il rempile pour s’occuper d’un dossier urgent. Qualifié de "diplomate de tout premier plan" par l'ex-patron de l'Onu Ban Ki-moon, ce dernier se voit confier en juillet 2014 la "mission impossible", selon les termes mêmes de l’ex patron de l’ONU, de trouver une solution pacifique au conflit syrien.
Après plus de 30 conflits, c’est au tour du Sahara marocain
Staffan de Mistura ne parvient pas en trois ans, à faire sortir la Syrie d’un conflit dans lequel elle s’enlise depuis 2011, faisant des centaines de milliers de victimes et plus de six millions de déplacés. Mais il ne déçoit tout de même pas Ban Ki-moon car il réussit malgré tout à enregistrer des avancées.
En 2016, il fait venir trois fois l’opposition et le régime syrien à Genève, sans que les représentants n’acceptent de se voir. Déjà mieux que ses prédécesseurs Kofi Annan et Lakhdar Brahimi. Multipliant les voyages et les initiatives de paix, le diplomate chevronné bute pendant environ cinq années sur l'écueil du conflit syrien dont il se détache en 2019.
En 2021, Antonio Guterres entame des consultations auprès des membres du Conseil de sécurité pour la nomination de l’italo-suédois en tant que son Envoyé Personnel pour le Sahara marocain. Une nomination à laquelle le Maroc a donné son aval afin de parvenir à une solution politique, réaliste, pragmatique, durable et de compromis au différend régional sur le Sahara marocain.
"Une fois nommé, nous l’espérons bien, de Mistura pourra compter sur la coopération et le soutien, sans faille, du Maroc dans la mise en œuvre de sa facilitation pour le règlement de ce différend régional", a avancé Omar Hilale, représentant permanent du Royaume auprès de l’ONU, dans une interview accordée à la MAP. L’Organisation a pour rappel déjà nommé quatre médiateurs pour tenter de régler, en vain, ce conflit. Il s’agit des deux Américains James Baker et Christopher Ross, de l’ancien président allemand, Horst Kohler et du Hollandais Peter Van Walssun.
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